... des aujourd'hui mesurer l'importance des enjeux liés au développement des réseaux de communications et des mémoires numériques. Avec les nouveaux supports de l'information, nous sommes en effet en présence de modes originaux de création et de navigation dans la connaissance, qu'il s'agisse de l'hypeertexte, du multimédia interactif, de la simulation et de la réalité virtuelle, de la télépresence, des collectivités - instruments d'aide à la coopération -ou encore des systèmes experts... les modes d'hybridation entre ces techniques et les médias "classiques " (de la télévision numérique aux musées) sont ainsi à prévoir dans les stratégies d'apprentissage.

Pour évaluer ces "nouvelles technologies ", on ne saurait en effet se contenter d'évoquer les "autoroutes électroniques ", le télétravail, les disques compacts interactifs 'le DVD- et la réalité virtuelle : on perd de vue la continuité entre ces phénomènes et l'usage quotidien des technologies intellectuelles déjà en usage et tout le système intellectuel qu'elles construisent d'ores et déjà sous nos jeux, avec toutes les possibilités qu'elles offrent notamment dans le domaine pédagogique et qui devraient faire l'objet de choix et de jugements de la part des enseignants face à un nouveau type d'organisation des savoirs, reposant largement sur les possibilités de représentation et de gestion des connaissances.

Le face-à-face de l'image fixe, image animée, son, simulations interactives, cartes interactives, systèmes experts, idéographies dynamiques, réalités virtuelles, le tout caractérisé par une dématérialisation des séparations entre les savoirs qui dissout les différences entre les spécialistes et l'organisation figée des savoirs en disciplines discrètes et hiérarchisées !

La réflexion se fait urgente sur un tel espace de représentation dynamique et interactive qui sont souvent susceptibles de fournir de vraies réponses à bien des difficultés actuelles du système éducatif. Internet par exemple est devenu un lien majeur de discussion et d'élaboration collective. Mises en réseau les connaissances ne sont plus séparées des enjeux concrets qui leur donnent sens, ni des pratiques qui les engendrent et qu'elles modifient en retour.

Il ne tient en réalité qu'à nous que le monde des réseaux qui se prépare et sur lequel se ruent toutes les entreprises et toutes les institutions sans exception, ne soit pas devenu à la fin de l'an prochain celui du seul commerce électronique, mais aussi celui d'un nouveau regard sur l'art, le savoir et la création : un nouvel horizon de formation, comme le soulignent les recommandations de l'Appel de Venise qui a clôturé le colloque.

Les intervenants ont, en outre, bien montré que nous ne maîtrisons encore que fort peu les processus d'une didactique rigoureuse d'utilisation des matériaux multimédias dans le cadre d'un cours ou d'une séance d'apprentissage - nous pensons tout particulièrement à la démonstration réalisée par nos collègues de l'Instituto Plurimedia de l'université de Venise.

Les évaluations des apports de ces matériaux 'spécifiques ou non -, dans la mesure où elles existent, sont rarement portées à la connaissance de l'enseignant et n'arrivent guère jusqu'à lui. Le résultat est particulièrement frappant pour ce qui est du multimédia on line et des tentatives de mise en réseau de textes provenants d'établissements d'enseignement : interactive défaillante, hypertexte inexistant...

Les cours sur Internet n'atteignent ainsi pas à ce jour le stade minimal de ce qu'ils peuvent apporter : là, le matériel provenant des musées et des institutions culturelles peut aider à aller plus loin pour réaliser un cours. La suite des démonstrations sera au programme des secondes journées internationales qui pourront lieu au Politecnico de Milan à la mi-septembre. Retour