Chroniques Orwelliennes
, épisode 2

PROMENADE ALLEGORIQUE

Deux persans, deux siècles après Montesquieu, remontèrent l’avenue pour aller voir un Opéra

La vitalité d’un organisme ayant quelque rapport avec le champ de la transmission de savoirs mesure traditionnellement sa vitalité, voire son existence, à travers ses publications de toute nature. Or, de par un phénomène a-priori bien étrange lorsque l’on s’enquiert des travaux de chacun la surprise n’est pas mince de voir le regard des interlocuteurs rencontrés s’animer d’un air interrogateur.

On s’aperçoit en effet très rapidement que deux hypothèses seules apparaissent viables aux yeux de celui auquel vous avez cru bon de poser une question d’apparence aussi saugrenue. Soit vous venez de quelque université martienne et en conséquence votre présence ne saurait présenter le même intérêt, soit, et l’interlocuteur en question vous semble très vite pencher pour une telle hypothèse, vous vous moquez franchement de lui.

Munis d’un viatique provisoire de profonde défiance à l’égard des questions que vous pourriez être amenées à poser sans trop y prendre garde, vous émettez néanmoins l’hypothèse que c’est là une fort grave erreur de jugement de votre part : c’est qu’ici le savoir doit bel et bien être collectif... C’est ce qui expliquerait tout et vous n’auriez plus qu’à retourner en votre fort intérieur méditer les injustices que vous venez de commettre à l’égard d’enseignants en tous points modestes et désintéressés.

Vite, très vite, vous vous dirigez donc vers les services requis qui se chargeront malheureusement de vous renvoyer à vos interrogations premières. Comment donc ignorer que de connaissances il n’y en a jamais eu, même si autrefois…des apprenants ont pu y réaliser - certains semblent s’en souvenir - quelques images entourées de récits du temps de la plume d’oie.

A moins que sur les réseaux…A l’évidence, l’insistance serait pire que tous les maux de l’art, car ici, vous dira-t-on, le savoir on n’aime pas trop.

Et lux fuit ! Lorsqu’on se trouve confronté à l’environnement crée aux frais du contribuable par M et Mme Laisscrot, qui officient avec leurs gnomes en ce lieu de promenade - pour tout dire nous nous trouvons à l’enseigne de la Soupe de l’art -, on a la rare opportunité d’être confronté à la seule expertise existant en matière de gestion du chantage qui soit calqué sur les modalités les plus récentes de la gestion des connaissances acquises sur les marchés de sandales du Moyen-Orient -. Il faut rappeler pour tous ceux qui ne seraient pas encore suffisamment bons connaisseurs des galaxies concernées que la spécificité de l’enseigne en question est de proposer des faux dûment certifiés par des réseaux capables de leur apporter toute garantie. Aussi ne saurait-il être surprenant d’y trouver de parfaits profils d’hommes d’église mondains, de représentants politiques égarés dans un arrondissement qu’ils méconnaissent et bien sûr de membres de clubs affairistes de tout poil. Aussi n’est-il pas totalement inutile d’écouter toute cette basse-cour dont les représentations préférées oscillent entre le couronnement d’épines interprété à la manière du Grand Siècle et les outils d’architectes traîtres à leur cause.

On notera que toute ressemblance avec des personnages existants ne saurait être que purement fortuite, nous déclinons donc toute responsabilité à l’égard d’une quelconque ressemblance dont pourraient faire état certains de nos contemporains.