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RESPECT & L’ENSEIGNEMENT
Par Jean- Louis MOSER
- Ne sont respectées que les personnes respectables
- Ne sont respectables que les personnes respectueuses
- Le respect ne s’impose pas.
- Le respect ne se légifère pas.
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Le respect n’est ni l’apanage d’intellectuels,
de sociologues, de psychologues ou de politiques, ni un livre de recettes où
chacun trouverait ce qui lui convient pour se donner bonne conscience. Il est
temps de passer de l’intentionnel vers l’opérationnel au quotidien Arrêtons
de jeter l’anathème sur l’ensemble de l’humanité : nous en faisons tous partie,
sommes tous responsables de cette situation et participons tous au laxisme actuel.
Quelques exemples à méditer au quotidien : l’arrogance de l’automobiliste au
volant, la file d’attente que l’on coupe, la porte que l’on prend sur le nez,
le papier gras que l’on jette par terre et toutes les petites et grandes incivilités
que nous subissons et que nous commettons. Le respect est une valeur transmise
de génération en génération, par l’attitude et le comportement de chacun. C’est
l’affaire de l’ensemble des membres de la société, sans exception.
L’Education et l’Instruction sont les vecteurs
de cette transmission, qu’il convient de distinguer. L’éducation relève de la
responsabilité sociale ( parent, famille, environnement social, etc.). L’instruction
est du ressort des institutions nationales dont les premiers acteurs sont les
enseignants.
Pour la France, je propose donc un changement profond.
- Pour commencer, si la mission des enseignants est d’enseigner, la responsabilité
des parents est d’éduquer : l’Education Nationale devrait donc s’appeler Instruction
ou Enseignement National. Il ne s’agit pas là d’un changement de nom ou d’enseigne
destiné à se donner bonne conscience, mais d’une réelle et profonde modification
structurelle, sociétale et intellectuelle.
- Les responsabilités doivent être clairement identifiées. Les deux (Education
et Enseignement) ont ensemble la mission d’amener les enfants - qu’ils soient
écoliers, collégiens, lycéens ou étudiants - à devenir des citoyens respectés,
respectables et respectueux. Si nous partons de ce constat, nous remarquons
que les premiers acteurs sont les parents et l’environnement social. Ils sont
les premiers en contact avec les futurs citoyens. Leur responsabilité est
totalement engagée et aucune législation ne peut parer à leur défaillance.
A eux d’apprendre à leurs enfants :
- 1) A se respecter (l’apprentissage du respect de soi-même) ;
- 2) A se faire respecter (les parents ne sont ni des copains ; ni des
jouets vivants) ;
- 3) A respecter (les enfants ne sont pas les nouveaux dieux de l’Olympe)
- Le respect est le ciment d’une société capable de prendre en charge
les générations futures, de leur transmettre des valeurs sociétales acceptables
et acceptées par tous ainsi que de les former et de les responsabiliser à
la vie d’adulte qu’eux-mêmes auront à transmettre à leur tour. Mais le respect
n’est rien sans la responsabilité, qu’elle soit individuelle ou collective
et l’un et l’autre n’existeraient pas sans la formation (éducation et instruction).
Et il ne s’agit pas là de mots glanés au hasard du répertoire de la pensée
unique mais du triangle vertueux d’une réalité quotidienne vivable : Respect
– Responsabilité– Formation Un enfant ne naît pas responsable, formé et respectable.
Il l’apprend. Il regarde son environnement, entend les propos et les subit.
Très tôt, il est apte à comprendre ce qu’il a le droit de faire et ce qui
lui est interdit. Mais il est souvent plus aisé pour l’adulte de le laisser
faire plutôt que de le sanctionner (tant en positif qu’en négatif, d’ailleurs).
Alors, très tôt aussi, il devient capable de franchir les lignes blanches.
- Les premiers pédagogues sont ses parents et son environnement social. Si
ces deux éléments sont défaillants, la suite de sa formation est compromise.
Aucune école, aucune institution, aucun club, aucune association ne pourra
alors suppléer les manques fondamentaux des responsables initiaux.
- Contrairement à ce qui se dit, les espaces scolaires ne sont pas les champs
clos d’une société en perte – ou en quête - de valeurs.
- A ce stade de la réflexion, nous pouvons constater que les mouvements extrémistes
de tout bord profitent de ces carences éducationnelles pour recruter largement
au sein d’une population jeune, livrée à elle-même, sans garde-fou ni apprentissage
du respect individuel et collectif.
- L’absence de référentiel commun, fondant respect et responsabilité au sein
de la société, ouvre la voie au recrutement des groupuscules extrémistes qui
proposent – justement - des valeurs, certes contestables voire inadmissibles,
mais hélas bien réelles. On peut donc dire, sans trop se tromper, que ces
alternatives de respectabilité et de responsabilité répondent, en l’absence
d’autre projet individuel et collectif, aux attentes d’une population en souffrance
de formation civique et morale. A l’ensemble de la société, sans exception
ni exclusive, d’intégrer les nouvelles générations dans un projet de société
et de proposer à chacun une place, une mission et des responsabilités. D’où
l’importance de la vocation du Collectif Respect Il ne s’agit pas de
jeter l’anathème sur l’existant. Il nous semble, au contraire, que la spirale
de l’impuissance peut être stoppée. Encore faut il proposer des solutions
simples et dont la mise en oeuvre, au quotidien, puisse modifier les comportements
de nos jeunes générations. Ces générations sont de futurs parents et le temps
presse !
- L’enseignement doit être réformé à tous les niveaux. et des mesures - certes
pas toujours faciles, mais cependant nécessaires - sont à mettre en oeuvre.
Les enseignants doivent être respectés par les Institutions, sauf à faire
perdurer corporatismes et défenses rigides des droits acquis ; l’image du
métier d’enseignant doit être une priorité sociétale. Les missions d’enseignements
et les capacités des enseignants doivent être valorisées par la mise en place
d’évaluations menées par des organismes indépendants (sans lien hiérarchique)
;
- Le choix des établissements, privés ou publics, doit relever de la responsabilité
et de la liberté des parents. De même, les responsables des établissements
doivent inclure dans leur recrutement les données socioculturelles sans a
priori, ni préférence ;
- Les enseignants doivent se respecter, eux-mêmes et entre eux, à travers
leur comportement, leur présence, leur propos ; Les enseignants doivent respecter
leur auditoire : le savoir se transmet également par des échanges respectueux
entre les interlocuteurs, la démagogie et la franche camaraderie n’étant pas
les meilleurs vecteurs du respect et du civisme.
- Ni la politique, au sens étriqué du terme, ni la religion, ni tout autres
propos douteux ou provocateurs n’ont leur place dans l’instruction. Par contre,
l’instruction critique comparée doit être au programme de l’enseignement.
Les enseignants n’ont pas à impliquer les élèves dans les conflits pouvant
surgir entre eux et l’institution : les enseignés ne peuvent en aucun cas
être les otages des enseignants
A ce stade, nous abordons une autre problématique
: la formation des enseignants, vaste sujet s’il en est.
- La première question, et qui ne concerne pas exclusivement l’enseignement
est : « Quel usage faire d’un diplôme ?» Si derrière cette question ne se
découvre pas un projet personnel fort, la meilleure formation, le diplôme
le plus valorisant, ne servent strictement à rien. Sans ce projet personnel,
construit tout au long de sa vie, aucune activité professionnelle ne satisfera
celui ou celle qui l’exerce. On peut ici oser le terme de vocation.
- L’expérience est également un élément important. Les jeunes enseignants
sont trop souvent mutés dans des zones dites difficiles parce que les professeurs
expérimentés estiment ne plus avoir à travailler au sein de ces classes (travail
perçu comme peu valorisant pour leur carrière), les zones sans difficultés
étant alors souvent perçues comme des rentes de situation.
- L‘instruction civique doit être enseignée, sans politisation, ni prosélytisme,
ni avis personnel du pédagogue. Cette instruction ne doit pas commencer à
partir du collège (ce qui serait trop tard), mais déjà à partir l’école maternelle.
Il ne s’agit pas d’embrigader, mais de démontrer le sens civique, d’éveiller
les enfants à leurs droits et à leurs devoirs en fonction de leur compréhension.
- Les médias et les nouvelles techniques de la communication et de l’information
sont parfois responsables de la dégradation de la situation mais sont aussi
des outils pouvant jouer un rôle majeur dans cette pédagogie.
Pour conclure
- L’arsenal juridique existe, encore faut-il le mettre en oeuvre !
- Rien ne sert de disposer d’une boite à outils et de ses instruments, si
l’on ne s’en sert pas avec efficience et pertinence.
- La recherche et la mise en oeuvre des équilibres entre droits et devoirs
doit être inscrite dans tous les programmes politiques.
- Les effets de balancier entre les excès de liberté et les excès de coercition
n’ont jamais été des réponses à la problématique du civisme et du respect.
- Le transfert de responsabilité, l’absence de courage politique font le lit
de tous les excès.
- Le Respect appartient à l’ensemble de la Société, C’est à la Société
dans son ensemble de se faire respecter et de le faire vivre au quotidien.
- Le Respect n’appartient à aucune formation politique. Il doit être
transpolitique
- Tous les acteurs de la société démocratique civile, politique ou économique
doivent s’emparer de cette problématique sans quoi, les valeurs du respect,
du civisme, de la citoyenneté seront en péril au profit de tous les extrémismes
Merci