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Lettre
persan sur la communication Cher ami, Pour tout dire, je suis une fille de Palto-Alto (ça tombe bien, l'accent hispanique là-bas ne gêne plus beaucoup.), plus précisément j'hésite toujours à sacrifier la complexité - en tout cas sa perception chez mon interlocuteur -, j'aurai même en vérité tendance à en rajouter, quitte à risquer un excès de signaux sémantiques, voire l'entropie. Je ne recule guère (pas assez?) devant la reformulation comme régulation de la synchronisation. Je n'ai donc pas la même approche de la cognition que notre ami commun, qui est resté fidèle quant à lui, vous le devinez, à sa fréquentation d'Abraham Moles ! Votre texte évoque la clarté du message : peut-être, mais à condition
de ne sacrifier ni l'interaction - qui, vous le savez, pour moi est quasi
sacrée -, ni encore moins mon regard proxémique, qui m'apprend en fait
parfois davantage de mon interlocuteur et de ses attentes à l'égard du
message que je lui adresse. C'est donc souvent une forme particulière
de congruence que je recherche : pour donner un statut de pertinence à
mon interlocuteur, j'ai fondamentalement besoin - bien plus que notre
ami qui n'y attache qu'une importance à Pour moi, utiliser les mots pour évoquer les choses, c'est d'abord et avant tout organiser le monde par la pensée et tenter d'amener mon interlocuteur avec moi dans cette démarche. Mais nous en reparlerons ! Sincèrement, Laura |