Le gouvernement étatise encore plus les associations

Dans son discours de politique générale du mois de juin 2005, le nouveau Premier ministre, Dominique de Villepin, avait prononcé 22 fois le mot "Etat" et pas une seule fois les mots "société civile". Cela en disait déjà long sur l’estime dans laquelle notre énarque tenait le monde non étatisé. Une preuve supplémentaire de cette estime nous a été fournie le 23 janvier dernier lors de son discours à la "Conférence de la vie associative".

Il a d’abord proposé un "nouveau partenariat entre l’Etat et les associations". En quoi consiste ce partenariat ? En l’arrosage d’argent public. Le Premier ministre annonce le versement de 100 millions d’euros complémentaires pour soutenir et développer l’action associative dans les quartiers défavorisés. Il devrait d’abord savoir comment sont utilisés les 7 milliards d’euros consacrés à la politique de la ville. Et avec quels résultats ?

Ensuite, il s’engage à ce que 50% des subventions soient versées dès le premier trimestre (sic) et confie à la Caisse des dépôts et consignations le soin d’organiser un "Centre de ressource national" permettant de faciliter la mobilisation de l’épargne publique. Argent public dépensé sans aucune évaluation, encore un "machin" administratif créé et le recours au financement grâce à l’épargne et la Caisse des dépôts, cette administration où les énarques font ce qu’ils veulent.

Enfin, le Premier ministre s’attaque au statut de bénévole en instaurant des "aides concrètes" comme les "titres repas" ou "la couverture assurance dont le financement pourrait être en partie pris en charge par l’Etat". Un connaisseur raffiné de la langue française comme Dominique de Villepin devrait savoir qu’un bénévole est quelqu’un qui "fait quelque chose sans obligation et gratuitement" (Le Petit Robert). Si l’Etat se met à l’aider grâce à différents avantages, sa mort est déjà programmée. La société civile est déjà étouffée en France, mais ces dernières dispositions vont sûrement contribuer à sa destruction complète. NL

La Lettre de l'iFRAP
Institut Français pour la Recherche sur les Administrations Publiques

13.02.2006