LES METAMORPHOSES D'ORPHEE

Emile LEVY. La Mort d'Orphée, Musée d'Orsay (détail)

REPRESENTATIONS D'ORPHEE DANS L'ART OCCIDENTAL
Peintures, dessins, sculptures


COMMISSARIAT GENERAL ET SCIENTIFIQUE :
Catherine Camboulives, Conservateur du Patrimoine
Evelyne Dorothée Allemand, Conservateur du
Musée des Beaux-Arts de Tourcoing
Bruno Fornari, Conservateur au Musée d'Ixelles
Michèle Lavallée, Conservateur au Musée
des Beaux-Arts de Strasbourg

  • MUSEE DES BEAUX-ARTS DE TOURCOING (19 novembre 1994 - 30 janvier 1995)

  • ANCIENNE DOUANE A STRASBOURG (4 mars - 30 avril 1995)

  • MUSEE COMMUNAL D'IXELLES A BRUXELLES (19 mai - 30 juillet 1995)

    LES METAMORPHOSES D'ORPHEE

    REPRESENTATIONS D'ORPHEE DANS L'ART OCCIDENTAL

    Peintures, dessins, sculptures

    Cette exposition est une co-production:
    du Musée des Beaux-Arts de Tourcoing
    du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
    et du Musée Communal d'Ixelles à Bruxelles

    A Strasbourg, elle est réalisée avec le soutien du
    Ministère de la Culture et de la Francophonie
    (Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Alsace)

    ANCIENNE DOUANE
    1a Rue du Vieux-Marché-aux-Poissons
    67000 Strasbourg - Tél. (33) 88 52 50 00
    Du 4 mars au 30 avril 1995
    ouvert tous les jours de 11 h à 18 h 30
    le jeudi : nocturne jusqu'à 22 h - visite guidée à 20 h

    Commissaire : Michèle Lavallée
    Scénographie : Gérard Saint-Fort-Paillard
    pour "Scène sur Seine"
    Service Educatif : Margaret Pfenninger, Corinne Lefort
    Communication : Sylvie Brugnon
    Tél. (33) 88 52 50 00 - Fax. (33) 88 52 50 09

    LES METAMORPHOSES D'ORPHEE

    Depuis quelques années et comme leurs homologues allemands ou italiens, un certain nombre de musées de France ont entrepris d'orienter leur politique d'exposition vers des approches thématiques de l'histoire de l'art dans une perspective plus iconographique que monographique.
    On rappellera pour mémoire l'intérêt scientifique et public qu'ont suscité les manifestations organisées par le Musée des Beaux-Arts de Caen autour de "La Charité", ou des "Vanités", par les Musées de Strasbourg autour du "Portrait" ou par les Musées Nationaux autour des "Amours des Dieux" ou de "Adam et Eve dans l'Art de Dürer à Chagall".
    Dans un esprit semblable, l'équipe qui avait, en 1988, choisi d'évoquer la figure de "Salomé" dans les collections françaises, puis en 1991 "La Passion selon Don Juan", a décidé de continuer à explorer les grands mythes classiques, en se penchant sur celui d'Orphée.
    La présence d'Orphée dans la mythologie est attestée en Grèce dès le VIe siècle avant notre ère. De nombreux textes y font allusion, mais c'est surtout Virgile (Les Géorgiques) et Ovide (Les Métamorphoses) qui ont permis à Orphée de parvenir jusqu'à nous à travers de multiples avatars. Le fils d'Oeagre ou d'Apollon selon les versions, va, en effet, au cours de vingt-cinq siècles, voir son personnage se transformer. Il est, suivant les époques, tantôt héros tragique, inventeur de la musique et de la poésie, tantôt amoureux éperdu puis inconsolable, tantôt initié, voyageur dans les Enfers, civilisateur et pacificateur victime de la barbarie et de la haine, androgyne, prophète, marginal, ou encore personnage bucolique et oraculaire.
    Si, curieusement, le mythe d'Orphée est à ce jour l'un des moins scrutés par la psychanalyse, il fut en revanche illustré par d'innombrables poètes, musiciens, peintres et sculpteurs.
    L'exposition "Les Métamorphoses d'Orphée" met en relief l'une des caractéristiques qui font l'essence même des mythes: leur malléabilité, leur adaptabilité, aux goûts et préoccupations des époques et des artistes qui s'en emparent. Ces métamorphoses vont s'accumuler et se croiser au gré des modes, et en fonction de l'intérêt porté par les créateurs et leurs commanditaires aux grands mythes, aux légendes, à la religiosité, aux allégories ou aux symboles, à l'anecdote, voire aux animaux ou aux paysages antiques.

    Une centaine de peintures, dessins et sculptures, sont regroupés autour des thèmes majeurs de la légende d'Orphée : Orphée et la musique, Eurydice, Orphée aux Enfers, la Douleur d'Orphée, la mort d'Orphée, la tête oraculaire. Privilégiant l'histoire du mythe, l'exposition a pour but de rendre lisibles les interprétations spécifiques qu'en a données chaque époque.

    LE MYTHE D'ORPHEE

    Orphée, fils du roi de Thrace Oeagre et de la Muse Calliope, était le poète et le musicien le plus célèbre qui ait jamais vécu. Apollon lui fit don d'une lyre et les Muses lui apprirent à en jouer; il attendrissait les bêtes féroces il charmait aussi à tel point les arbres et les rochers par sa musique que ceux-ci se déplaçaient et le suivaient.
    Après un voyage en Egypte, Orphée se joignit aux Argonautes avec qui il s'embarqua pour la Colchide et sa musique les aida à vaincre de nombreuses difficultés. A son retour, il épousa Eurydice et il s'installa en Thrace parmi les sauvages Cicones.
    Un jour, près de Tempé, dans la vallée du fleuve Pénée, Eurydice rencontra Aristée qui essaya de la violer. En s'enfuyant, elle posa le pied sur un serpent et mourut de la morsure qu'il lui infligea. C'est alors qu'Orphée descendit courageusement au Tartare dans l'espoir de la ramener. Il utilisa le passage qui s'ouvre à Aornos en Thesprotie et à son arrivée, non seulement il charma le pasteur Charon, le chien Cerbère et les trois Juges des Morts par sa musique plaintive, mais il interrompit aussi momentanément les supplices des damnés. Il adoucit à tel point le cruel Hadès qu'il obtint la permission de ramener Eurydice dans le monde d'en haut; Hadès n'y mit qu'une seule condition : qu'Orphée ne se retourne pas vers son épouse avant que celle-ci ne soit revenue à la lumière du soleil. Eurydice suivit Orphée dans le sombre passage, guidée par la musique de sa lyre; mais lorsqu'il revit à nouveau la lumière du jour, Orphée se retourna pour voir si elle était toujours derrière lui et la perdit ainsi pour toujours.
    Lorsque Dionysos envahit la Grèce, Orphée négligea de l'honorer mais enseigna d'autres mystères sacrés et s'éleva contre les sacrifices humains devant les hommes de Thrace qui l'écoutaient respectueusement. Tous les matins, il se levait pour saluer l'aube sur le sommet du mont Pangée et il prêchait qu'Hélios, qu'il appelait Apollon était le plus grand de tous les dieux. Vexé, Dionysos le livra aux Ménades en Macédoine. Elles attendirent que leurs maris aient pénétré dans le temple d'Apollon dont Orphée était le desservant, se saisirent des armes déposées à l'extérieur, firent irruption dans le temple, tuèrent leurs maris et mirent en pièce Orphée. Sa tête, jetée dans l'Hébros par les Ménades, se mit à flotter et à chanter tandis que le courant l'emportait vers la mer; elle fut ainsi portée jusqu'à l'île de Lesbos.
    Les Muses en larmes recueillirent ses membres et les enterrèrent à Leibèthres, au pied du mont Olympe. Les Ménades avaient essayé de se laver du sang d'Orphée dans l'Hélicon, mais le dieu-Fleuve plongea sous la terre et disparut pendant environ six kilomètres, puis émergea sous un autre nom, celui de Baphyra. Ainsi évita-t-il de devenir complice du crime.
    On dit qu'Orphée avait condamné les débordements des Ménades et prêché l'homosexualité; Aphrodite avait donc été irritée autant que Dionysos. Ses collègues olympiens, cependant, ne pouvaient guère accepter de justifier un meurtre; Dionysos sauva la vie des Ménades en les changeant en chênes et elles demeurèrent enracinées au sol.
    Quant à la tête d'Orphée, après avoir été attaquée par un serpent de Lemnos, jaloux, elle fut transportée dans une caverne à Antissa, consacrée à Dionysos. Là elle émettait des oracles nuit et jour au point qu'Apollon, voyant ses oracles de Delphes, de Grynéon et de Claros désertés, vint un jour se mettre debout sur la tête d'Orphée et s'écria : "Cesse donc de te mêler de mes affaires, il y a trop longtemps que je te supporte, toi et tes chants, j'en ai assez!" La tête alors demeura silencieuse. La lyre d'Orphée avait également été portée par les eaux jusqu'à Lesbos et déposée dans le temple d'Apollon. C'est à son intervention et à celle des Muses que la Lyre doit de figurer comme constellation dans le ciel.

    d'après Robert Graves, "Les Mythes grecs" Editions Fayard


    CATALOGUE

    SOMMAIRE

    I - ORPHEE, MYTHE CLASSIQUE

    * L'Orphée de la Mer Noire - Marcel Détienne

    * Images Grecques d'Orphée - François Lissarague

    * Les mosaïques d'Orphée - Clara Portas

    II - LES METAMORPHOSES D'ORPHEE

    * La place d'Orphée dans l'iconographie de la Renaissance - Isabelle Fessaguet

    * La légende d'Orphée et d'Eurydice au XVIe et au XVIIe siècles- Céline Richard

    * Autour de l'Orphée de Poussin - Robert Fohr

    * Entre baroque et symbolisme, l'âme et le sang du poète - Catherine Camboulives

    * Quelques occurences d'Orphée dans les arts de la 2e moitié du XIXe siècle

    Claire Barbillon

    * Trois figures poétiques d'Orphée au tournant du siècle : Mallarmé, Valéry, Rilke - Pierre Brunel

    * Visages d'Orphée chez Jean Cocteau - Pierre Caizergues

    III - ORPHEE EN SCENE

    * L'Orfeo de Monteverdi et la naissance de l'Opéra - Philippe Beaussant

    * Les instruments d'Orphée - Florence Gétreau

    * Orphée et Eurydice sur la scène contemporaine - Eva Kushner

    IV - CORPUS DE NOTICES DES OEUVRES EXPOSEES

    Catherine Camboulive, Bruno Ely, Michèle Lavallée, Robert Fohr, Bruno Fornari...

    BIBLIOGRAPHIE - INDEX

    Editions Snoeck & Soon, Gand

    240 pages - 150 illustrations dont 70 en couleurs

    LECTURES AUTOUR D'ORPHEE

    Lectures par André Pommarat

    mardi 4 avril à 20h30 Médiathèque de Neudorf

    mercredi 5 avril à 20h30 Bibliothèque de la Robertsau


    RETOUR