Smau
1998 - Fiera Milano - 13 ottobre 1998 - Donna,
tecnologia, qualita della vita
FEMME, SAVOIR ET CYBERMONDE
Laura
Garcia Vitoria,
ARENOTECH (projet MOSAIC, DG XIII),
Président du GRAMAL
Les nouveaux médias et en particulier Internet prennent aujourd'hui une place de plus en plus important dans notre société. Et les femmes, où sont-elles? Les nouvelles technologies présentent-elles une ouverture vers une plus grande égalité des sexes? Ou, au contraire, entraînent-elles l'exclusion? Quelle est l'image de la femme dans ces nouveaux médias? Quel rôle pour la femme avec les réseaux? La technologie répond à leurs besoins?
Depuis que les femmes s'insèrent de plus en plus dans la vie active, elles sont devenues une puissance de consommation. Internet et le multimédia prennent de l'importance en tant qu'instruments de vente. Beaucoup de femmes aujourd’hui vivent avec une activité professionnelle à plein temps, et des tâches ménagères en plus. Ont-elles le temps pour Internet?
DU SUPERFICIEL AU COMPLEXENous avons choisi pour un premier tour d’horizon l’année 1996, au moment où se développent véritablement en France les supports électroniques. Cette année-là constitue incontestablement une année charnière pour notre présent propos.
L'une des utilisations en croissance des nouvelles technologies de l'information est l'achat à distance. L'attitude envers le téléachat varie entre les sexes: 24% des femmes déclarent une intention d'utiliser les nouvelles technologies pour l'achat à distance, contre 20% chez les hommes. Les vêtements et les cosmétiques sont des domaines où l'utilisation du multimédia et des services en ligne prolifèrent: Les créateurs de haute couture et les grandes marques cosmétiques ont tous leur site Internet, reprenant le langage et l'approche commerciale des magazines des femmes.
Les femmes imaginent parfois des utilisations différentes des nouveaux moyens de communication que les hommes. Les femmes privilégient l'instruction, l'éducation et les activités culturelles par le multimédia. En matière de télétravail elles sont moins intéressées que les hommes puisque la tendance professionnelle pour les femmes serait plutôt de s'éloigner de la maison, tandis que les hommes cherchent à s'en rapprocher. Le cybercitoyen modèle est mâle, blanc, jeune et américain. En Europe, les femmes représentaient 20%. La publicité des produits microinformatiques montre principalement des hommes utilisant des ordinateurs ou si des femmes sont présentes, elles n'ont qu'une fonction de décor. La manipulation des outils informatiques est caractérisée par des approches différentes. Pour les femmes, l'informatique est une utilité bien définie. Une femme qui se sert d'un ordinateur exige la simplicité et la clarté. Un homme veut maîtriser la machine, il cherche plutôt la difficulté. Beaucoup de jeux vidéo se basent sur des concepts comme : la vitesse, la violence, la force. Les femmes jouent plus qu'elles n'achètent, et elles préfèrent les jeux où il faut réfléchir et avoir un raisonnement créatif.
Les femmes sont certes très présentes sur Internet. Les sites de charme et les CD-ROM constituent une partie important de la production. L'industrie pornographique a été parmi les premières à s'approprier le multimédia. Cette vision de la femme est la vision d'une femme fantasmée, parfaite, soumise. Etant donné que les valeurs véhiculées par Internet aujourd'hui deviennent les bases idéologiques de la société de demain, les conséquences seront désastreuses.
Sans vouloir rentrer dans une bataille de chiffres au fond sans intérêt, il est cependant important pour la suite de notre débat que les différents instituts de perspective avancent certes des données très variables, mais confirment tous la FÉMINISATION du Web. Aux États-Unis, les femmes internautes seraient plus nombreuses que dans le reste du monde. Ce que tendent à confirmer les enquêtes sur l’Europe. Néanmoins, les femmes ont créé des sites partout dans le monde, traitant de sujets très variés: santé, éducation et droits des femmes, mais aussi sciences, technologies. La plupart de ces sites proposent des services spécialisés Internet, avec des conseils, des astuces et une multitude d'adresses d'autres sites. Une cyberféministe agit et crée son site et communique avec d'autres femmes à travers d’Internet. De nouveaux sites des femmes voient le jour. Ces initiatives montrent que les nouvelles technologies concernent et intéressent les femmes, et qu'elles prendront sa place dans l'évolution technologique.
Alors que les images “féminin-masculin” évoluent de manière souvent contradictoire et toujours complexes, les supports multimédias enregistrent ces mutations et en tirent le plus grand profit. Le surprenant et le banal se mêlent dans ce foisonnement d’images et rendent leur compréhension extrêmement délicate.
L’analyse des tendances récentes de la cyberculture permet ainsi à deux journalistes du très sérieux “Monde” -Yves Eudes et Annie Kahn” d’écrire : “après le ludo-éducatif, voici venu le temps du PORNO-PEDAGOGIQUE”.
Monique NEUBOURG dans un article publié alors par le supplément “multimédia ” du journal Libération, utilise des formules que nous pouvons à bon droit reprendre ici, notamment lorsqu’elle évoque “ce Web où l’on se promène au féminin ”. Son analyse du site “ Pléiades ” crée par Cindy Bishop à Harward est, en effet, très caractéristique d’une perception française un peu superficielle du phénomène. “ Pléiades nous viennent du pays du sexuellement correcte, de ce côté de l’Atlantique où une jeune fille complimentée sur sa nouvelle robe par un camarade de lycée soupçonne illico le harcèlement. Mais Pléiades n’a rien de dogmatique. Le site, qui se conjugue plus au féminin qu’au féministe, propose aussi bien un bref vade-mecum pour démarrer facilement sur le réseau, des liens vers d’autres sites pour les femmes et un ensemble de forums où l’on parle avec la même flamme de santé et technique que de cuisine ou mariage ”
Une telle attitude tranche singulièrement avec l’approche anglo-saxonne qui vise bien davantage à être utile, expliquer, mettre un minimum d’informations techniques au services des femmes, que ce soit par exemple le site de la FOUNDATION FOR WOMEN, l’association NOW, la “ Feminist Mayority ”, ou encore bien mieux VIRTUAL SISTER HOOD.
GREEK GIRL est un site crée par Rosie CROSS, écrivain d’origine australienne et productrice d’émissions de radio, il s’agit donc d’un magazine avant tout, avec des interviews d’artistes femmes, mais aussi des informations sur la femme dans les médias et à l’université.
Le parallèle est déjà surprenant avec les exemples qui viennent d’être évoqués. Cela n’est rien en vérité si l’on prend en compte le texte de Georges IFRAH dans Elle, du mois de mars 1996 :“ La femme est l’avenir du multimédia ”. Je cite: “ La femme a le pouvoir de décision et la maîtrise du foyer. Elle gère le budget, elle travaille, s’occupe des loisirs et de l’éducation des enfants… En fait, tout est affaire de séduction quand il s’agit des femmes et je veux être charmeur..
C’est par la fibre sensible que l’on peut les conduire vers le multimédia… Comme elles sont très pragmatiques, je veux leur prouver l’intérêt de ces nouveaux médias… pour qu’elles puissent faire leur shopping en toute sécurité. ”.
Dans ce même magazine “ Elle ” Karen Mulder, la belle virtuelle que nous retrouverons plus méchamment par la suite, nous dit: “ Avant de m’y intéresser, le monde du multimédia me faisait penser aux mathématiques: je n’y comprenais vraiment rien. Déjà le Minitel était un mystère… Georges Ifrah m’a montré des CD-ROM sur la mode comme sur la cuisine. Tout à coup, cela m’a paru plus simple et plus amusant de consulter et de stocker des recettes sur un ordinateur plutôt que sur un carnet ”.
On n’ose comparer de tels bavardages à certaines sites pour la plupart là encore anglo-saxons et qui soulignent avec force la place de la femme face à la science et à la technologie. Par exemple, “ WOMEN in technology ” est le serveur de l’International Network of Women in technology où se retrouvent des femmes provenant de diverses disciplines. Il est important de signaler au passage qu’il propose notamment des informations sur WITI qui est une liste de diffusion auquel il est naturellement possible de s’abonner.
Un autre serveur propose une documentation sur la place de la femme dans l’histoire des sciences depuis l’Antiquité. Un autre encore se donne pour objectif de les situer -elles et les autres “ minorités ”- au sein des métiers scientifiques.
Peut-être plus significatif encore, le Comité de Femmes dans les Sciences et l’Ingénierie (qui constitue depuis cinq ans maintenant une section à part entière du Conseil National de la Recherche des Etats-Unis) propose sur le Net une liste des organisations regroupant soit des scientifiques, soit des femmes s’adressant à elles aux Etats-Unis.
Cependant, les féministes françaises ont sa représentation dans le monde cyber : les Pénélopes. Les Pénélopes ont créé un débat féminin autour de nouvelles technologies. Dans son site nous pouvons trouver les coordonnées, les événements en cours et des adresses d'autres sites féminins. L’association organise des colloques, édite une lettre mensuelle pour les membres. Sa créatrice, Joëlle Palmiéri, a conçu un CD-Rom intitulé "Nadia, Sandrine, Françoise et les garçons" qui traite de la vie et de l'histoire des femmes en France.
Deux articles (parus des 1996 là encore successivement dans les magazines CD-Rama et Interactif) nous permettent d’évoquer un CD-ROM “ pour femmes ”. CD-Rama) croit devoir reprendre la question à sa racine: “ pourquoi les femmes semblent-elles si peu concernées par les NT? Et c’est là que rentre une scène un responsable de Hachette Filipacchi Grolier: “ la cause en est le manque de produits susceptibles de s’adresser aux femmes ” C.Q.F.D (c’est tout trouvé). On craindra le pire pour la suite et on aura raison. “ L’édition française -écrit le magazine- a donc orienté (nous citons) une partie de sa stratégie 96 sur LA CIBLE FÉMININE ”. Nous voilà donc transformés en cible par l’éditeur qui à lui tout seul se met en devoir de reverser “ la tendance à la masculinisation du marché ” (le mot est d’ailleurs choisi bien à tort, puisque la tendance, précisément, est inverse!).
Pour tout changer, il faut consacrer la collection à donner des conseils et à l’orienter sur la vie pratique!: un site Web a donc été consacré au magazine Elle, alors qu’un CD-Rom reprend les fiches cuisine du magazine, suivi par un autre sur les enfants en bas-âge. Le travail ne s’arrête néanmoins pas en si bonne voie: à l’occasion du Milia, Grolier présente un CD-Rom consacré aux secret de beauté de Karen Mulder: quels mouvements de gymnastique faire, comme se maquiller. CD-Rama est bon prince dans son commentaire. Le choix est vu comme pertinent - il sera le support idéal des produits de loisirs féminins des femmes - et permettrait de pronostiquer “ un déferlement des femmes parmi les clients du multimédia ”
La revue Interactif témoignait en 1996, quant à elle, d’un véritable ras-le-bol, et fait preuve même d’une certaine violence dont témoigne le titre de l’article: “ C’est du placenta de porc. Poufiasse! ”. Les commentaires sont à l’avenant: “ ces muses robotiques ne pourront qu’entraîner dans leur chute la benne à ordures de leurs produits dérivés ”. La suite? “ Regroupés autour du performa familial, les jeunes filles à points noirs du monde occidental écouteront religieusement Karen la gâteuse - une star bidon, une icône préfabriquée - leur prodiguer des vieux trucs éculés d’esthéticienne ”. Et le magazine de conclure: “ n’oubliez pas de transformer ce CD-Rom en hachoir ménager ”. Édifiant, non? Et là, l’article est signé (Marin Canto).
Et si tout de même, nous allions un peu au-delà? “ Attentes féminines ”, “ Goûts féminins ”, a-t-il été dit? Et si nous nous interrogions sur la pertinence même de l’adjectif?
Nous revenons pour ce faire à une source beaucoup plus sérieuse, plus rigoureuse, qui est une étude publiée à ce même moment par le Centre de Communication Avancé (CCA). L’étude de Bernard Cathelat, (réalisé en partenariat avec Euro ESCG, dans le cadre de l’Observatoire International des tendances sociologiques) entend contribuer à définir les grandes tendances qui devraient structurer la société à venir, tendance qu’elle résume en trois valeurs fondamentales, dont ce qu’elle appelle l’alternative des valeurs féminines. Il s’agit d’un modèle en faveur des valeurs dominantes féminines où la force physique et la puissance matérielle céderait le pas à la force morale et au charisme affectif et spirituel dans lequel l’esprit d’agressivité, de challenge, disparaîtrait au profit de la coopération, de l’assistance et où le respect de la seule autorité impérative laisserait la place à une “ autre forme d’autorité plus initiative, moins autoritariste, plutôt persuasive, en gants de velours ” (Le Monde 6 février 96).
Le site CYBER WIDOWS, nous permet quant à lui d’assister à la naissance de la “ cyber veuve ”. Sur un site bien réel, et face à certaines situations qui ne le sont certes pas moins, on assiste à la genèse de toute une mythologie, toute une galerie d’images “ cybernétiques ” où la femme joue un rôle incontestablement non négligeable. Ainsi en est-il des questions que vous pourrez trouver sur Cyber Widows; nous en citerons deux. Première question mettant en jeu l’outillage mental des cybernautes: “ prenez-vous souvent vos repas seule parce que votre homme pique-nique sur l’ordinateur?. Seconde question plus ambiguë reprenant la vielle image du bavardage féminin au téléphone: “ Avez-vous commencé à parler à votre chien parce que, quand votre époux est en ligne, personne ne peut vous téléphoner ”?. Il parait donc que la femme doit reprendre les choses en main, ce que ne fait que confirmer Hugues Henry dans un article d’Internet Reporter (livraison de mai 1996): “ Épouses de tous les pays, serrez-vous les coudes! Désormais, quand votre Jules laissera brûler le rôti et laissera refroidir la soupe ET L’ÉPOUSE aimante qui l’attendaient, il ne sortira plus nécessairement d’une réunion arrosée entre collègues ou de la couette de cette allumaise de Marie-Jeanne… ”
Aujourd’hui donc, les mythes féminins changent “ certaines américaines l’ont compris, poursuit le journaliste, et regrettent d’avoir offert à leur mari un modem flambant neuf l’hiver dernier: depuis, il ne cesse de se connecter au monde… ”.
Nouvelle image donc que je vous propose : celle du modem destructeur de ménage. Image de fantasme pour “ cyberveillées ” ou constat plus réel qu’il n’y paraîtrait? Viktor Brenner, du département de psychologie de l’Université de Buffalo, a crée la première enquête en ligne sur les effets psychologiques de l’usage -et de l’abus- d’Internet. Un mois après l’ouverture de son “ enquête en ligne ” sous forme de questionnaires, il a tiré ses premières conclusions: le surfeur moyen a 32 ans, il est en majorité masculin -cela, on le sait-, et il passe 20 heures environ par semaine sur Internet, parfois plus. Si cela ne nuit que dans 10% des cas (ce qui peut déjà être beaucoup) à son activité professionnelle au à ses études, il faut surtout relever le pourcentage élevé de divorcés: 38%. Serait-ce là le résultat de l’action des cyber-veuves?. Ce serait presque donner raison aux assertions bien négatives de Paul Virilio, dans son livre d’entretiens avec Philippe Petit: “ Cybermonde, la politique du pire ”: “ il est à craindre, écrit ce dernier -vous l’avez tous lu- que l’inertie au le cocooning se développent. Et que le valide suréquipé devienne l’équivalent de l’invalide équipé. Il y a là une menace de paralysie et d’infirmité. Mais aussi une menace psychologique, pour les générations futures des sociétés de l’interactivité accomplie, qui verraient le monde réduit à rien ”. A en voire une telle analyse, la présence féminine sera décidément déterminante.
“NEO-FEMINISME” ET CREATION DE SAVOIR.S’il y a un concept qui très rapidement est destiné à faire son apparition dans la présente analyse, c’est bien sûr celui de “féminisme”.Or, nous sommes aujourd’hui très loin de ce que l’on pourrait appeler le “proto-féminisme” des années soixante qui véhiculait une “contestation anarchisante de la culture”.
De quoi s’agissait-il historiquement, pour ce qui concerne naturellement notre sujet? Il s’agissait, comme l’ont montré plusieurs études récentes, d’une suspicion extrêmement forte par rapport au travail intellectuel de manière générale, suspicion basée sur la croyance que tout travail théorique était par excellence masculin ou “masculiniste”. Le savoir théorique était perçu comme le soi-disant symbole de “la domination mâle”.
Une telle position n’a évidemment pas résisté à l’épreuve du temps (et notamment de la recherche scientifique).
Les attitudes et les pratiques issues du féminisme américain insistent tout au contraire aujourd’hui sur la FEMME PRODUCTRICE DE CONNAISSANCES. Les positions qualifiées de “féministes” sont donc passéees de l’état de frein à celui d’accélérateur pour ce qui est de la place de la femme sur le champ de la production intellectuelle et théorisante.
La prise en compte d’une telle évolution est indispensable à la compréhension des paradoxes apparents caractérisant la position de la femme par rapport à l’évolution technologique, comme ont eu notamment l’occasion de le souligner des épitémologues canadiens.
Sur un tel terrain “assagi”, rendu plus rationnel, on peut ajouter l’impact d’autres considérations scientifiques émanant surtout de neurobiologistes américains de l’Université de Yale et publiées par exemple dans la revue Nature.
L’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) qui fournit des clichés du cerveau permet ainsi d’étudier les différences de fonctionnement entre cerveaux féminins et masculins.
On pensait traditionellement que certaines parties du cerveau gauche étaient réservées au traitement verbal et au raisonnnement et que la partie droite était davantage dévolue à la perception de l’espace et des émotions.
Or, les analyses montrent que pour traiter une information phonétique par exemple, et de manière plus générale tout ce qui concerne le langage, les hommes n’utilisent en effet que leur hémisphère gauche, mais que les femmes utilisent majoritairement leurs deux hémisphères cérébraux.
Le mythe du “savoir maculiniste” est donc définitivement tombé. Du moins en théorie, chez ceux au moins (et celles...) qui ont intégré les acquits scientifiques récents.
Car les stéréotypes ont la vie dure, et une récente intervieuw du sociologue Bernard Cathelot, publiée dans la dernière livraison du magazine Icônes, le montre admirablement bien
“Ce sont des valeurs plus matriarcales, plus féminines, déclare-t-il, qui vont reprendre du poil de la bête: intuition, émotion, consensus, partage, solidarité”. Soit
Lais continuons la lecture : Apple a un precurseur de cette tendance avec son interface. Masculin, feminin, bien sur cela ne veut pas dire grande chose, c'est une notion culturelle
Arrive enfin l’explication tant attendue des rapports de cette soi-disante “tendance féminine” et Apple: “l’informatique avant Apple était faite pour des diplômés, des ingénieurs... qui avec leur petit doigt étaient capable de toucher quatorze touches à la fois et de mémoriser vingt cinq commandes!
Et le jugement ne se fait guère attendre: “C’ETAIT INTERDIT AUX ENFANTS, AUX FEMMES, AUX GENS SIMPLES, ELEMENTAIRES, NAIFS, ETC.
En d’autres termes, on était dans une civilisation informatique, élitiste, spécialiste, mathématicienne, technocrate, machiste. La vraie révolution de l’informatique vient d’Apple, qui a rendu l’ordinateur utilisable par N’IMPORTE QUI en cinq minutes, en étant guidé uniquement par l’intuition, la spontanéité et le bon sens. Et ce sont des valeurs féminines”.
FEMMES ET CYBERSEXPlutôt que de participer au débat actuel sur le Cyberporn, (une enquête de l’Université Carnegie Mellon a, en effet montré qu’il ne représentait qu’environ 1% du trafic des newsgroup), il est peut-être plus intéressant de noter que les femmes consultent également les sites en la matière les plus fréquentés (alt.binaries.pictures): sur alt. binaries pictures. men, elles disposent d’HOMMES SUR ECRAN GLACE.
Les françaises étaient moins bien servies hélas (cela n’a gère change !) Même constat lorsque l’on consulte le magazine on line libido, qui se dit pourtant de manière paritaire le journal de la sexualité et de la sensibilité.
Que reste-t-il dès lors à se mettre sous la dent à l’internaute en jupon? D’abord les sex-shops virtuels où quelques rares gadgets lui sont destinés, à défaut de lui être réservés.
Plus substanciels, les magazines électroniques de lingerie: une trentaine de boutiques en ligne sont ainsi destinés à satisfaire les désirs les plus personnels, de l’Aphrodite’s Temple aux Taboo Club: avis aux fétichistes!
L’art érotique est quant à lui plus égalitaire, avec une galerie sur le male body.
Les françaises pour l’instant n’utilisent guère les premières agences matrimoniales interactives qui, comme Interaction, proposent de remplir un “test de compatibilité par e-mail”.
“Web Personals” propose bien des rencontres sur tous les continents, l’on n’y rencontre à ce jour que neuf français et...aucune française. Cela dit, il fut bien reconnaître que les propositions féminines directement intéressées ne manquent pas sur ce même site, mais elles ne bouleverseront pas les moeurs de l’hypermonde; ainsi cette annonce:
“deux jeunes femmes ont prévu d’aller à Genève et à Rome pour un week-end. Elles recherchent un ou deux hommes en bonne santé pour du “hard sex” en échange du paiement de leur chambre d’hôtel pour deux jours”.
FEMME EN RESEAU, FEMME FIN DE SIECLE
Les fins de siècle sont souvent marquées dans l’histoire dans celle de la tradition occidentale, par une vigueur renouvelée de la créativité sur l’ensemble des champs artistiques et culturels. Les deux dernières sont cependant plus proches que ce que des considérations superficielles pourraient laisser croire et permettent avant tout à nos contemporains qui se croient si souvent privés de repérés de mieux comprendre la création à l’ère du numérique et de la virtualité.
La pertinence d’un tel parallèle est démontrée par le nombre d’occurrences invoquables, et en tout premier lieu par la valeur sociale à chaque fois acquise par le concept même de créativité, alors que ce sont à chaque fois l’ensemble des valeurs de la féminité qui connaissent un singulier renouveau, et ce à tous les niveaux.
Un autre concept est celui des liens tissus entre les divers chantiers de la création, liens d’autant plus importants que le foisonnement dans la diversité se manifeste. Notre interculturalité contemporaine établit ainsi des liens tous azimuts au point que toutes les formes d’hypertextualité dont la féminité a toujours été porteuse constituent l’une des manifestations majeures d’une société de la communication en gestation.
La passion de l’irrationnel - attribut multiséculaire de la pensée féminine - unit de même les deux extrémités de ce siècle. La virtualité de nos représentations, physiologiques ou mentales, n’en a-t-elle pas toujours été bonne compagne ? Telles sont les constats qu’il nous semble importants d’avoir à l’esprit si nous voulons être pleinement conscients aujourd’hui des mécanismes constitutifs de nos savoirs, et ce cette fois-ci pour un futur proche.
Statut du savoir, profil de l’internaute, défis du cyber-sex, telles sont donc quelques-unes des directions de réflexion qui se dégagent d’emblée. Il en est bien d’autres que l’assemblée de ce soir va énumérer.
Il n’en reste pas moins que si les statistiques sont -par essence-difficiles à établir dans un cyber-monde en pleine évolution, le sens général de la mutation observée ne fait aucun doute: d’une part une présence féminine de plus en plus conséquente sur les réseaux, mais aussi d’autre part la persistance de structures traditionnelles, voire archaïques, dans la gestion des images mentales et sociales de la femme. http://www.arenotech.org