REVUE VIRTUELLE ARENOTECH
ART – EDUCATION - NOUVELLES TECHNOLOGIES

La société apprenante 1/2004

LES VILLES DE LA CONNAISSANCE
Un nouvel horizon pour le développement des territoires
Laura Garcia Vitoria, Présidente d’ARENOTECH

Intelligence compétitive et gestion stratégique des connaissances à l’échelle locale

A titre de conclusion pour le moins provisoire de ce que l’on nous permettra de considérer comme le premier épisode d’une longue série d’enquêtes internationales sur les nouveaux horizons de la transmission territoriale des connaissances, on s’éloignera provisoirement de l’Europe.

Avec l’exemple brésilien de la petite communauté de praia da Pipa sur le territoire de Tibau do Sul, à moins de cent kilomètres de Natal, dans l’état de Rio Grande do Norte, c’est également tout un champ d’expérimentation d’une nouvelle ingénierie territoriale des réseaux économiques et sociaux qui s’ouvre, ceci grâce notamment à l’Institut des Hautes Etudes Avancées de l’Université de San Paolo, institut qui a développé tout un programme de cidade do conhecimento [3]. Le projet « Rede Pipa Sabe » vient d’être lancé en novembre - décembre dernier : nous aurons à le suivre tout au long de l’année 2004, ainsi que l’ensemble des stratégies d’infoinclusion développées en Amérique latine.

Le contexte permet de comprendre le choix de ce territoire : le succès touristique d’un espace qui était jusqu’à très récemment largement préservé a mis fin aux activités traditionnelles telles que la pêche au profit de la spéculation immobilière et de tout le spectre des nuisances dues à une fréquentation touristique massive.

Comment l’utilisation de télécentres, d’ateliers d’apprentissage collectif regroupant les habitants autour des animateurs du projet et une connexion haut débit aux réseaux peuvent-ils provoquer dans ces conditions une mise en valeur des savoirs et une meilleure maîtrise du développement économique, tel est l’interrogation majeure et le défi auquel ce projet entend répondre. Nous sommes en apparence loin ici des ambitions fortes d’un urbanisme technologique ambitieux, mais au fond la démarche est la même. Elle est éminemment emblématique en tout cas, on le comprendra, du champ qu’entend couvrir cette revue.


[3] Nous remercions Jean-François Noubel d’avoir bien voulu attirer notre attention sur ce programme, qu’une prochaine conférence au Brésil nous permettra de mieux analyser. Un dossier sur l’expérience sera présenté dans le cadre de la prochaine livraison de la présente revue.