VILLES
NUMERIQUES ET INTELLIGENCE REGIONALE :
NPD ET CONTEXTE CULTUREL
André Jean-Marc Loechel, Président du Réseau européen des Villes Numériques
Notre communication - au titre du réseau européen d’acteurs territoriaux dans le domaine économique et culturel - concerne l’actuel développement d’une nouvelle approche territoriale d’un management de l’innovation directement conditionné par un rôle nouveau des facteurs culturels et identitaires.
Il s’agit là aujourd’hui de l’une des composantes des fortes mutations territoriales auxquelles nous assistons et qui s’inscrivent à l’évidence dans toute une recomposition du système productif global où la place des vecteurs culturels s’avère prédominante au point de surprendre certains acteurs mêmes de la vie intellectuelle.
Le développement de nouveaux processus économiques coïncide de la sorte avec celle de nouvelles réalités locales en matière d’horizons culturels: le jeu des externalités culturelles sera ainsi au cœur de la brève présentation de nos analyses, qui entend rappeler par exemple comment notamment le phénomène de labor pooling place la production de savoirs au centre des facteurs déterminants de localisation économique et comment les métropoles européennes sont clairement amenées à redevenir de grandes « usines à savoir » où notamment les méta-savoirs - ceux qui permettent de juger, attribuer et noter le savoir - constitueront le principal facteur de pouvoir.
L’un des axes d’analyses à retenir à l’avenir réside dans le phénomène des « territoires apprenants », autrement dit dans la gestion territoriale des activités de recherche et développement. Ce qui veut dire concrètement l’importance dans les processus d’attractivité des métropoles des nouveaux lieux de création, des résidences d’artistes et des plate-formes d’échanges, mais aussi des laboratoires d’idées et d’exploration de nouvelles formes d’expression. Ce sont là des facteurs qui permettent la création des conditions adéquates pour des activités de recherche et développement à l’échelle d’une ville, voire d’un quartier.
Il nous faut ainsi considérer les outils du savoir et de la connaissance comme un véritable instrument de polarisation spatiale et la gestion de sa transmission comme facteur d’aménagement territorial : le facteur K des modèles de croissance développé par la littérature économique des quinze dernières années constitue ainsi dans les métropoles européennes la force de polarisation par excellence et les lieux de création et d’innovation peuvent acquérir un dynamisme très fort en se nourrissant justement de ces externalités dans l’utilisation du savoir.
L’économie régionale fondée sur la connaissance et l’innovation technologique, si elle constitue dès à présent une réalité, n’en reste pas le nécessaire terrain des nouvelles analyses que notre réseau a commencé à mener et dont nous nous proposons de présenter les grands axes.