Les
rencontres de l'Orme Octobre 2002
et Congrès européen de Pamplona
L’ONG ARENOTECH
ANNONCE LE PROGRAMME MEd
DIVIdE
Laura Garcia Vitoria - Présidente d’ARENOTECH
Dans le Figaro du 4 avril 2002, dans un article intitulé Pour un vrai dialogue euro-méditerranéen. Valoriser l’héritage culturel commun ! , Romano Prodi écrit :
Rappelons d’abord qu’il a été annoncé officiellement lors de mon récente intervention à Beyrouth en avril dernier. Ses grandes lignes en ont par la suite été présentées lors de ma communication lors du colloque du Pôle d’économie du patrimoine des Côtes varoises, au travers notamment d’un ensemble d’inventaire des réalisations les plus innovantes en la matière dans le monde méditerranéen. Il sera prochainement à nouveau évoqué à l’occasion des Journées européennes de la Recherche à Bruxelles les 11 - 13 novembre prochains. Toutes ces interventions figurent sur le site www.arenotech.org
A la suite du projet MOSAIC de la Commission européenne dont l’ARENOTECH était partenaire pour la France et dont l’objet était une analyse de faisabilité en vue de la création d’un réseau européen de musées virtuels, il a été proposé par le Conseil scientifique de l’association de s’attacher à la création de pôles interrégionaux et transnationaux de compétences permettant aux collectivités territoriales de développer de véritables stratégies de mise en ligne de leur patrimoine.
L’ARENOTECH a eu en effet l’occasion de faire un inventaire des principaux projets aujourd’hui développés en la matière : ceux-ci démontrent une vraie prééminence du monde méditerranéen à ce niveau, de par l’ampleur de son héritage patrimonial certes, mais aussi et surtout de par le lien millénaire qui le lie aux processus d’innovation économique.
On recherchera la participation d’entités de recherche et de formation, au travers notamment du réseau européen de pôles images que l’ARENOTECH est sur le point de créer. Le programme s’inscrit naturellement également dans ce cadre.
Trois grands axes structurent ce programme.
I - La constitution d’un réseau de pôles - ressources en matière d’image numérique - .
Il s’agira donc d’abord de mettre en synergie et faire connaître les projets en matière d’utilisation d’images numériques en ce domaine (transmission de fouilles archéologiques à distance en Egypte, visite de sites à l’aide d’images de réalité augmentée en Grèce…), ceci afin de rendre plus optimale la recherche dans ce domaine et plus aisée l’orientation du public intéressé.
Il nous faudra également officialiser la création d’un réseau de pôles image : les nouveaux rapports des territoires aux savoirs sont présents tant au niveau de l’aménagement numérique des territoires qu’au niveau de la volonté des collectivités locales européennes de se ré - emparer de la gestion des activités de formation et d’en faire une arme dans les stratégies d’attractivité des villes et régions.
MEd DIVIdE est en effet d’abord - par bien des aspects - un programme de rencontres.
Les Rencontres méditerranéennes de l’Image Nous prévoyons l’organisation de Rencontres méditerranéennes de l’image à un rythme trimestriel (dans les diverses villes autour du bassin méditerranéen et en étroite liaison avec les institutions éducatives et les espaces multimédia, ainsi que les manifestations et festivals déjà organisés en la matière).Chaque rencontre sera le lieu même de la diffusion et de la promotion des avancées réalisées : mise en réseau, enrichissement des contenus numériques, échanges d’idées et de bonnes pratiques...
Le caractère multilatéral du programme est en effet sa philosophie même. L’image patrimoniale véhiculant bien souvent opposition et crispations, il ne constitue pas à priori un lieu de rencontres aisé ; néanmoins, un apprentissage et une connaissance réciproque des valeurs et des horizons culturels - tous les artistes le savent - permet des convergences inespérées. Les rencontres prévues en permettront une réelle évaluation.
De plus, toute rencontre, événement et naturellement université d’été fera évidemment l’objet d’un compte-rendu diffusé le plus largement possible grâce aux outils Internet créés à cet effet. La création de réseaux constitue d’ailleurs en elle-même, chacun le reconnaîtra aujourd’hui, un facteur de diffusion de l’information et des savoirs.
Une Université d’été
Les Rencontres devront être complétées chaque année par une université d’été qui permettra de consolider les liens constitués pendant l’année et de promouvoir de nouvelles réflexions innovantes en la matière.
La première sera organisée à Valencia au cours de l’été 2003 sur le thème de l’image virtuelle et de son utilisation pédagogique dans les multiples circonstances et lieux de positionnement de l’apprenant. (“ voir donner à voir et à visiter ”, dans la séquence 2 : résultats escomptés
La seconde Université d’été de l’Image à Chypre abordera le thème de l’image des conflits au Proche-Orient au présent, mais aussi à travers l’histoire a été suggéré par plusieurs partenaires de l’Association.
Une géographie partenariale paneuropéenne
La géographie de la présence de l’ARENOTECH permettra de veiller - ce qui est un de nos soucis constants dans nos actions - à ce que certains de nos programmes conçus pour une aire géographique donnée - ici le monde méditerranéen - soient également le plus largement possible ouverts à l’ensemble des membres, ceci quelque soit leur pays, de même qu’à toutes les associations ou entités qui souhaiteraient nous rejoindre.
Nous souhaitons très clairement à ce que par exemple, dans le cadre de ce projet, des spécialistes de l’art d’Europe méridionale enseignant à l’Université de Varsovie puissent être associés (voire organiser une exposition virtuelle à partir notamment d’œuvres conservées dans leur pays ou bien encore dont ils seraient les spécialistes reconnus).
En matière d’impact prévu, le projet est certes ambitieux, mais parfaitement à la portée d’un réseau de près de 3000 personnes qui en Europe partagent des convictions identiques pour ce qui est du statut du patrimoine. Nous espérons notamment que nos analyses permettront de faire avancer la réflexion sur le rôle de l’identité dans le gestion de l’innovation territoriale, des nouvelles formes de partage des connaissances et de l’aménagement des territoires. Ceci notamment à l’échelle des responsables de collectivités qui sont les interlocuteurs quotidiens du Réseau européen des Villes Numériques qui suivra l’intégralité du projet.La constitution du réseau de pôles ressources se fera donc notamment grâce :
L’objectif est de réunir une cinquantaine d’acteurs (associations locales, entités territoriales, institutions culturelles) afin de les présenter à l’occasion des colloques prévus par l’ARENOTECH à l’occasion du Printemps de l’Europe. Nous y convierons les divers partenaires à un certain nombre d’actions de promotion et d’échanges.
II - La réalisation d’une Cité virtuelle des savoirs de la Méditerranée.
Il s’agit ensuite et surtout de se situer dans une optique de constitution d’une université virtuelle pour toutes les activités économiques d’exploitation de l’identité patrimoniale locale (formation dans les domaines du tourisme et de l’aménagement du territoire et inscription dans la problématique formulée par Romano Prodi d’une action de la Communauté en direction des pays de la Méditerranée et singulièrement dans le secteur culturel) : création de cours en ligne concernant l’initiation à l’image, la formation pour de nouveaux acteurs culturels régionaux et également des cours de langues utilisant le matériau patrimonial
Qu’il n ‘y ait pas de malentendu : nous n’avons nullement l’intention de nous livrer à un quelconque inventaire.
Dans ce programme, nous parlerons donc d’abord et avant tout d’éducation et de transmission de savoirs.
Nous attendons de cette démarche avant tout la diffusion plus large et plus cohérente des projets et réalisations en matière d’utilisation d’images numériques qui passe donc par une réelle connaissance des mécanismes de transmission de savoirs, faute de quoi on ne saurait aboutir - aux yeux en tout cas du conseil scientifique de l’association - à des résultats pertinents, en matière par exemple d’utilisation de la réalité virtuelle.
Son développera ira naturellement de pair avec l’élaboration de modules de cours en ligne avec notamment des cours de langue bâtis sur l’image patrimoniale, des cours d’initiation à l’image virtuelle, afin de créer à terme un véritable espace méditerranéen de la connaissance autour de l’initiation à l’image.
Trois axes conceptuels retiendront avant tout notre attention.
Pour reprendre la formulation à présent reconnue de John Seely Brown, l’ancien directeur du centre de recherche Xerox de Palo Alto, il s’agit d’un programme d’ “ écologie de la connaissance ” : il nous faut en effet créer des communautés de pratiques qui puissent “ penser diversité, pollinisation, croisement des idées ”, mais aussi et surtout création d’un capital culturel.
Le positionnement du patrimoine culturel au sein du m-learning constitue également un axe important de notre programme. Il n’est en effet nullement question de songer un seul instant en abordant la virtualité muséale à des stratégies d’initiation à l’image dans le seul contexte de l’apprenant placé devant son écran d’ordinateur. S’il s’agit là d’une manière importante de donner à voir et à visiter, il est essentiel d’envisager - parfois d’imaginer - la pleine intégration physique non seulement naturellement face à l’œuvre et à son environnement immédiat, mais également la mise à disposition de savoirs structurés pertinemment à cet effet (reconstitution de bâtiments, restitution virtuelle d’œuvres peintes dans leur environnement (fresques) et dans leurs présentations premières, mais aussi successives (panneaux manquants de triptyques et polyptyques…). Ceci dans des situations de partielle (environnement fermé) ou de totale mobilité (espaces urbains).
Notre projet entend ainsi se situer par rapport à l’action de réseaux tels que celui des villes apprenantes, des cités savoirs, des quartiers apprenants et des espaces interrégionaux de connaissance qui aujourd’hui permettent à de nombreuses collectivités européennes de travailler et de réfléchir ensemble dans ces domaines. On sait qu’un espace méditerranéen de la connaissance basé précisément sur Marseille est aujourd’hui en cours de formation. Nos contacts avec de nombreuses entités ont pour objet précisément d’intégrer notre projet à un tel processus. Avec ce programme de Musée virtuel de la Méditerranée, il ne s’agit nullement, on l’a dit, dans ce programme de concevoir une gigantesque base de données issues des grands musées. Il s’agit d’abord d’une démarche d’apprentissage et de rencontre, du regard de soi et de l’autre, d’initier à une autre forme de visite et d’inviter à un développement économique basé sur la mémoire.
L’ARENOTECH a bien souvent mobilisé techniciens et pédagogues en vue de la réalisation de programmes divers (on se reportera à nos 230 interventions et séminaires figurant sur notre site). La mise à disposition de tout internaute d’images, de textes, de cours, de visites et la possibilité de se joindre à de nombreuses rencontres ne peut apparaître pertinente que si elle mobilise en même temps des savoirs incessamment structurés par l’équipe de projet (à l’image par exemple de l’Université de tous les savoirs) et des technologies parfaitement maîtrisées.
Notre expérience nous a clairement démontré que d’une part le suivi à ces deux niveaux doit être mené impérativement de manière parallèle, que d’autre part les spécialistes de chacun de ces deux domaines doivent en partie du moins être familiers des attentes et expertises de leurs collègues. Le non-respect d’une telle démarche doit amener à une modification des stratégies adoptées.
III - La création d’un espace d’initiation à l’image
Nous prévoyons au plus vite - dès que nous disposerons en effet des premiers financements - l’ouverture d’une galerie virtuelle et la présentation d’une première exposition de photographes méditerranéens. La galerie sera d’abord et surtout un espace d’initiation à l’image : le monde méditerranéen se prête fort bien à un tel objectif.
D’ici deux ans, nous prévoyons la transformation de la Galerie virtuelle et de ses collections en Musée virtuel de la Méditerranée, espace de présentation en fait des images de ses permanences et de ses mutations : là encore, il s’agit d’abord d’une démarche d’apprentissage et de rencontre, du regard de soi et de l’autre.
Ce sera aux photographes aussi de contribuer à expliquer les technologies qu’ils utilisent et la raison de leurs choix techniques, esthétiques, culturels.
L’un des axes majeurs du fonctionnement d’un tel espace de transmission des savoirs (sujet sur lequel nous sommes redevables en termes de conseils et d’apport méthodologique aux collègues de l’Agence pour les Nouvelles Technologies de la Région Ile de France (ARTESI), avec laquelle nous avons envisagé de construire plusieurs modules) réside naturellement en l’apport de savoirs de la part des internautes usagers du site : les concepteurs du site entendent éviter de le considérer seulement comme un espace de recherche d’information, mais de contribuer à en assurer également la promotion comme un lieu susceptible d’accueillir connaissances et expériences, réalisations et volontés de créer.
Ont été prévues par ailleurs un certain nombre de mesures de suivi du programme. Les grilles d’évaluation, mises au point avec notamment l’Université de Paris VI, Marne-la-Vallée, Bologne (CINECA) et l’Université Complutense de Madrid (partenaire de ce projet) dans le cadre de plusieurs séminaires sont naturellement à la disposition de la Commission
Une véritable plate-forme des savoirs devrait ainsi être disponible au moment où aurait dû ouvrir au nord de Paris l’exposition internationale consacrée à l’image (mai 2004).
Faisant appel régulièrement depuis sa naissance aux entités publiques territoriales, aux entreprises et singulièrement à leurs équipes de Recherche et Développement et bien évidemment au monde associatif d’une dizaine de pays, nous avons eu la chance à ce jour - du fait d’une longue présence d’un grand nombre d’entre nous dans la R&D et dans le domaine de la prospective - de pouvoir gagner nos paris malgré les difficultés toujours rencontrées, et ce parfois même sur de longues périodes. Mais c’est en tout premier lieu le lien d’une exceptionnelle fidélité avec nos partenaires - depuis 1996 pour certains d’entre eux – qui devrait nous assurer de bonnes chances de mener à bien le présent projet longuement mûri.
