Séminaire ARENOTECH à Fontevraud

Introduction par Laura Garcia vitoria, Présidente d'ARENOTECH

En organisant le présent séminaire au Centre européen du patrimoine virtuel, ARENOTECH a voulu lancer une initiative : «patrimoine et identité territoriale ».

A partir du moment que nous partons de l’analyse qui est la nôtre - à savoir que l’un des impacts les plus notoires d’Internet sur les territoires est de contribuer à faire ressurgir en force les identités territoriales -, il apparaît évident que l’image patrimoniale, l’image identitaire par excellence pour un territoire, constitue à ce jour un enjeu majeur pour une société locale de l’information qui met au cœur de sa rhétorique - si ce n’est de son action réelle - la notion de l’accès [1]: accès au patrimoine local, mais aussi accès aux réseaux de manière générale, et accès au territoire, aux valeurs qu’il entend porter, aux savoirs-faire qu’il entend développer (nous y reviendrons en fin d’après-midi).

Dans ce contexte, l’initiative «patrimoine et identité territoriale » aura d’abord à apporter un peu de visibilité aux différents acteurs, qu’il s’agisse des entreprises, des collectivités ou encore du monde universitaire : visibilité quant aux technologies aujourd’hui à notre disposition pour permettre des visites virtuelles, de nouvelles pratiques en matière de tourisme et de découverte des pays et terroirs [2], en matière de formation pour tous ceux qui auront à gérer ces nouveaux vecteurs de gestion territoriale…

Elle vise ensuite à accompagner les acteurs eux-mêmes dans l’ébauche de telles stratégies, compte-tenu des évidentes spécificité de chaque situation, mais aussi des possibilités de travail collaboratif avec des collectivités européennes qui ont choisi parfois même très antérieurement les mêmes axes de développement les mêmes objectifs sur le plan culturel, mais surtout sur le plan économique.

Cette initiative constitue l’un des axes majeurs du programme triannuel d’action de notre ONG : MOSAIC 2004 (MOSAIC étant comme vous en doutez une allusion au projet de l’ex-DG XIII (aujourd’hui, comme vous le savez, Direction Générale de la Société de l’Information) [3] qu’ARENOTECH a eu l’occasion de gérer pour ce qui est de la France) [4].

La proposition de l’ARENOTECH consiste ainsi notamment à convier les acteurs des collectivités territoriales à œuvrer pendant les trois ans qui viennent à la mise en œuvre de leur patrimoine et à en présenter les résultats les plus marquants dans les domaines technologiques et éducatifs comme sur la plan économique à l’occasion de l’exposition internationale.

Un grand congrès international devrait d’ailleurs être organisé au printemps 2004 sous l’égide de notre Conseil Scientifique sur le thème « collectivités territoriales et patrimoine virtuel ».

Si l’ampleur des développements technologiques des deux dernières années a été considérable, une étude récente en provenance de la Silicon Valley souligne que, si très probablement les financements ne connaîtront pas d’ici le milieu de la décennie ceux de la fin de la décennie précédente, le développement des technologies, et notamment celles de l’image, connaîtront au contraire des avancées considérables.

Il nous faut donc conserver toute notre capacité de visibilité et de veille technologique.

Mais il nous faut aussi accompagner les acteurs de l’actuelle révolution des images, et nous nous proposons de le faire au travers de plusieurs consortiums rassemblant des acteurs de l’innovation par aires thématiques en voie de création.

L’aventure donc continue, mais il faut précisément garder à l’esprit les mutations qui se sont opérées en la matière : les dernières années ont été fertiles en rhétorique, mais cette ardeur à parler de manière inversement proportionnelle aux connaissances que l’on pouvait avoir a accompagné le destin de la bulle financière.

Aujourd’hui, les commentateurs se sont tus - les exemples sont nombreux -, et seuls comptent les acteurs et la réalisation des projets. A ce stade aussi, les enjeux sont aux mains des territoires et…de la société locale de l’information.

Le projet européen MOSAIC a permis de développer de nombreuses préconisations en ce sens à l’attention des collectivités territoriales européennes. Ceci explique l’intitulé du programme triannuel d’action de notre ONG : MOSAIC 2004.

Un rapide rappel d’abord de ce qu’a été ce programme de l’ex-DG XIII (aujourd’hui, comme vous le savez, Direction Générale de la Société de l ‘Information) [5].

L’objectif premier de MOSAIC était de constituer un véritable état de l’art au niveau de technologies d’une part, dans la promotion des lieux de mémoire et de conservation du patrimoine d’autre part pour ce qui est de la réalisation et la mise à disposition des services et des produits relatifs à la transmission des savoirs. Ces derniers agissent à ce titre aussi bien comme les dépositaires d'une partie importante de notre héritage culturel que comme centres de propagation de documentation et de promotion des nouvelles dimensions culturelles contemporaines.

Le premier processus à mettre en oeuvre s‘impose donc à l’évidence: il s’agit de créer un ensemble de contenus qui en un premier temps se suffisent en eux-mêmes et de les positionner en un ensemble global qui, transcendant naturellement les frontières, sera capable de produire une véritable “ mosaïque ” aux usages potentiels multiples. Des initiatives mineures, a priori de moindre portée, pourront ainsi apparentes plus signifiantes qu’il n’y paraissait à première vue, une fois qu’elles apparaîtraient dans leur véritable contexte.

Tel était au fond le véritable contexte d’un tel projet: rassembler toutes les initiatives déjà existantes sans vouloir en altérer les règles déjà opératoires de leur promotion, mais en les valorisant  et en en amplifiant la portée au travers d’un véritable réseau de distribution de l’information seul à même de développer de vrais usages de savoir et de faire - savoir.

D’où le rôle majeur qui sera, ici comme ailleurs, celui des collectivité territoriales dans les années à venir.

Le parcours ainsi recommandé par MOSAIC s’appuie sur un réseau de rapports entre partenaires qui acceptent pleinement les contraintes et les défis technologiques d’un tel contexte qui est celui de pratiques innovantes choisissant délibérément une stratégie de rupture face aux inerties étatiques et aux archaïsmes institutionnels.

Tel est le sens même du texte demandé à l’ARENOTECH à l’occasion de la réunion du G8 à Gênes.

Il s’agit clairement ainsi de rendre présent - et pourquoi pas omniprésent - le patrimoine culturel sur les réseaux informationnels aujourd’hui en construction.

Pourquoi dès lors MOSAIC 2004 ? Je le disais hier, la proposition de l’ARENOTECH est simple : convier les acteurs des collectivités territoriales à œuvrer pendant les trois ans qui viennent à la mise en œuvre de leur patrimoine et à en présenter les résultats les plus marquants dans les domaines technologiques et éducatifs comme sur la plan économique à l’occasion de l’exposition internationale.

Un grand congrès international devrait d’ailleurs être organisé au printemps 2004 sous l’égide de notre Conseil Scientifique sur le thème « collectivités territoriales et patrimoine virtuel ».

Aujourd’hui, l’impact d’actions telles que celles menées au sein de MOSAIC s’avère avoir dépassé très largement toutes nos attentes.

On a ainsi souligné dans des comptes-rendus récents le rôle de MOSAIC au niveau de la réalisation du Musée Virtuel du Canada. La revue du plus important institut de recherche allemand vient de citer, dans sa dernière livraison relative au patrimoine et aux nouveaux médias,  MOSAIC à plusieurs reprises, et des projets d’espaces d’immersion virtuels prennent en compte nos préconisations. Un projet comme « Arts et sciences » en est largement issu.

Mais il convient à présent d’aller au-delà de telles préconisations.

Si l’ampleur des développements technologiques des deux dernières années a été considérable, une étude récente en provenance de la Silicon Valley souligne que, si très probablement les financements ne connaîtront pas d’ici le milieu de la décennie ceux de la fin de la décennie précédente, le développement des technologies, et notamment celles de l’image, connaîtront au contraire des avancées considérables.

Il nous faut donc conserver toute notre capacité de visibilité et de veille technologique.

Mais il nous faut aussi accompagner les acteurs de l’actuelle révolution des images, et nous nous proposons de le faire au travers de plusieurs consortiums rassemblant des acteurs de l’innovation par aires thématiques en voie de création.

L’aventure donc continue, mais il faut précisément garder à l’esprit les mutations qui se sont opérées en la matière : les dernières années ont été fertiles en rhétorique, mais cette ardeur à parler de manière inversement proportionnelle aux connaissances que l’on pouvait avoir a accompagné le destin de la bulle financière.

Aujourd’hui, les commentateurs se sont tus - les exemples sont nombreux -, et seuls comptent les acteurs et la réalisation des projets. A ce stade aussi, les enjeux sont aux mains des territoires et…de la société locale de l’information.

Le Réseau Européen des Pôles Images, récemment mis en place par ARENOTECH, permet aux entreprises et aux collectivités de développer ensemble de nouveaux modèles économiques.

ARENOTECH, depuis ses débuts, rassemble notamment tous les acteurs de l’image numérique, et ce dans des domaines aussi divers que l’éducation à l’image ou encore la constitution au sein de nombreuses villes et régions d’Europe, de véritables pôles de compétence en la matière. Les entreprises qui y travaillent ont généralement peu de visibilité sur les appels d’offres ou encore les formations qui caractérisent d’autres pôles images que le leur, alors même que certains projets territoriaux peuvent être tout à fait complémentaires à l’échelle de l’Europe.

Il nous a donc semblé, sur la demande de plusieurs acteurs, utile de les unir autour d’un certain nombre d’événements, mais aussi d’analyses, telles que celles récemment présentées par le Réseau des Villes Numériques.

L’exposition internationale de 2004 consacrée à l’image devrait ainsi incarner - mais Bernard Langlois nous en parlera plus longuement dans un instant - une nouvelle rencontre entre les territoires, le patrimoine et les nouvelles formes de création de contenus.

C’est là l’une des raisons pour lesquelles s’est vue récemment confiée à ce sujet une mission de prospection thématique sur ce que pouvaient (et, à nos yeux, devaient) être certains axes de l’exposition et des conférences destinées à l’accompagner.

Nous souhaitons donc mobiliser, et MOSAIC 2004 ce sera également cela, les acteurs territoriaux afin qu’ils puissent profiter de la manifestation et de sa préparation non seulement pour mettre en valeur les savoirs-faire de leurs pôles et entités spécialisées, mais aussi engager une vraie réflexion sur le rapport à l’image de leur territoire et de leur ville.

Nous sommes ainsi aujourd’hui engagés sur la voie de la création d’un institut de l’image, qui aurait un peu les mêmes fonctions que celles aujourd’hui mises en avant pour une analyse plus précise du temps des villes.

Avec le rapport à l’image, comme avec le rapport au temps (je fais allusion aux récentes analyses récemment produites sur le temps des villes), voilà bien le type même d’axes d’interrogation susceptibles de revisiter et d’aider à revisiter les territoires avec une ambition de prospective des savoirs-faire et des liens à construire entre et autour de ceux-ci.

Les terminaux électroniques que nous utilisons tous aujourd’hui (et dont le destin semble aujourd’hui, nous le voyons bien, être directement lié à une vraie mixité fonctionnelle et à une pluralité d’usages) pourront ainsi être des vecteurs parmi d’autres d’une mise en image territoriale. Je ne sais si elle pourra se superposer à une carte de l ‘Europe de l’innovation, mais j’espère en tout cas que notre programme MOSAIC 2004 y aura tant soit peu contribué.

Merci de votre attention.


[1] Pour ce qui est des lieux de l’accès, un atelier sera consacré à cette question à l’occasion de ces deux journées et l’Observatoire que j’ai crée y sera représenté et mon collègue aura pour mission de poursuivre la présente analyse sur la philosophie de l’accès.

[2] Pour ce qui est des contenus, on citera, de manière quasi-emblématique, l’exemple d’une exposition récemment présentée dans le nord de l’Espagne, « Terra abierta », dont l’agencement se situe directement au cœur de notre présente problématique.

[3] Les partenaires du projet étaient Infobyte à Rome, le Politecnico de Milan, le Cineca qui, à Bologne, gère tout à la fois le GAR (l’équivalent de notre RENATER) et le réseau de l’Université même de Bologne, le ZGDV -réseau universitaire pour l’Allemagne, le Portugal et l’Amérique du Sud -, l’ARENOTECH à Paris, le Johaneum Research Center à Graz en Autriche.

[4] L’objectif premier de MOSAIC était de constituer un véritable état de l’art au niveau de technologies d’une part, dans la promotion des lieux de mémoire et de conservation du patrimoine d’autre part pour ce qui est de la réalisation et la mise à disposition des services et des produits relatifs à la transmission des savoirs. Ces derniers agissent à ce titre aussi bien comme les dépositaires d'une partie importante de notre héritage culturel que comme centres de propagation de documentation et de promotion des nouvelles dimensions culturelles contemporaines.

Le premier processus à mettre en oeuvre s‘impose donc à l’évidence: il s’agit de créer un ensemble de contenus qui en un premier temps se suffisent en eux-mêmes et de les positionner en un ensemble global qui, transcendant naturellement les frontières, sera capable de produire une véritable “ mosaïque ” aux usages potentiels multiples. Des initiatives mineures, a priori de moindre portée, pourront ainsi apparentes plus signifiantes qu’il n’y paraissait à première vue, une fois qu’elles apparaîtraient dans leur véritable contexte.

Tel était au fond le véritable contexte d’un tel projet: rassembler toutes les initiatives déjà existantes sans vouloir en altérer les règles déjà opératoires de leur promotion, mais en les valorisant  et en en amplifiant la portée au travers d’un véritable réseau de distribution de l’information seul à même de développer de vrais usages de savoir et de faire - savoir.

D’où le rôle majeur qui sera, ici comme ailleurs celui des collectivité territoriales dans les années à venir.

Le parcours ainsi recommandé par MOSAIC s’appuie sur un réseau de rapports entre partenaires qui acceptent pleinement les contraintes et les défis technologiques d’un tel contexte qui est celui de pratiques innovantes choisissant délibérément une stratégie de rupture face aux inerties étatiques et aux archaïsmes institutionnels.

Tel est le sens même du texte demandé à l’ARENOTECH à l’occasion de la réunion du G8 à Gênes.

Il s’agit clairement ainsi de rendre présent - et pourquoi pas omniprésent - le patrimoine culturel sur les réseaux informationnels aujourd’hui en construction.

Aujourd’hui, l’impact d’actions telles que celles menées au sein de MOSAIC s’avère avoir dépassé très largement toutes nos attentes.

On a ainsi souligné dans des comptes-rendus récents le rôle de MOSAIC au niveau de la réalisation du Musée Virtuel du Canada. La revue du plus important institut de recherche allemand vient de citer, dans sa dernière livraison relative au patrimoine et aux nouveaux médias,  MOSAIC à plusieurs reprises, et des projets d’espaces d’immersion virtuels prennent en compte nos préconisations. Un projet comme « Arts et sciences » en est largement issu

[5] Les partenaires du projet étaient Infobyte à Rome, le Politecnico de Milan, le Cineca qui, à Bologne, gère tout à la fois le GAR (l’équivalent de notre RENATER) et le réseau de l’Université même de Bologne, le ZGDV -réseau universitaire pour l’Allemagne, le Portugal et l’Amérique du Sud -, l’ARENOTECH à Paris, le Johaneum Research Center à Graz en Autriche.