Conférence
« Société locale de l‘information »Issy-les-Moulineaux, 14 mai 2002
L’accès
en ligne au patrimoine culturel :une philosophie et un symbole pour les
acteurs locaux de la société de l’information.
Laura Garcia Vitoria, Présidente d’ARENOTECH
Je tiens à remercier Bernard Corbineau pour cette invitation à vous présenter un programme de travail qui depuis maintenant presque six années est celui d’une organisation non gouvernementale qu’il m’a été donné de créer, puis de présider : l’ARENOTECH.
Je vais donc vous proposer une vision d’ensemble de nos analyses, de manière certes non exhaustive. Nous réunissons notamment en réseau les acteurs économiques et culturels autour de nouveaux modes de transmission de savoirs et nous accompagnons donc les porteurs de projets numériques qui sont facteurs d’identité et de développement économique des territoires.
J’espère que cette présentation globale se fera de manière totalement interactive, et donc avec un maximum d’échanges entre nous.
1 - Un peu d’histoire.
Quelques mots d’histoire simplement pour repositionner notre action dans le temps, dans la mesure où je crois pouvoir affirmer - au travers de ma propre expérience et celle de plusieurs centaines de collègues à travers l’Europe - que, si parler de société de l’information ou de société de la connaissance peut paraître aujourd’hui relativement anodin, voire quasi-banal, il vous faut savoir combien une telle expression a pu faire naître de refus de changement, certes dans les manières de travailler (ceci est normal), mais aussi dans les manières d’être, dans les rapports à autrui, bref dans les manières de gérer l’espace et le temps. Il n’y a pas lieu de rentrer ici dans le détail d’une telle analyse relative à l’homme et aux peurs de l’an 2000 face aux mutations technologiques…
Malgré donc ces freins sociaux et mentaux, l’association a géré, outre les colloques évoqués, deux projets de la Commission européenne, projets sur lesquels je serais amené à revenir puisque, dans le cadre notamment du 6e programme de recherche et développement, certains d’entre vous seront peut-être amenés à nous accompagner dans les projets européens à venir.
Les outilsque nous nous sommes donnés sont à ce jour au nombre de trois :
2 - Une philosophie de l’accès.
Dans ce cadre que je viens sommairement de vous retracer, le travail sur l’image et singulièrement sur l’image patrimoniale, l’image identitaire pour un territoire, constitue un enjeu majeur, probablement l’enjeu majeur d’une société locale de l’information qui met au cœur de sa rhétorique, si ce n’est de son action réelle, la notion de l’accès.
Si tel s’avère bien être le concept clef, alors vous en apparaîtront les difficultés.
2.1. Les lieux de l’accès
On parlera d’accès au réseau d’abord et pour cela certaines instance publiques ont choisi d’aider à l’achat d’ordinateurs (c’est le cas du Québec par exemple, mais aussi de ma région - la Rioja en Espagne -), en y ajoutant le cas échéant une aide relative au coût de la connexion.
D’autres ont choisi d’équiper à cette fin essentiellement, si ce n’est exclusivement les bibliothèques, pensant proposer par là-même accompagnement professionnel de la part des pays européens).
D’autres enfin ont souhaité la création de lieux et d’espaces spécifiques afin d’aider aider non seulement une première initiation, mais aussi le développement d’usages spécifiques, en oubliant que précisément l’essentiel résidait dans l’accompagnement à la structuration des informations et en la constitution des connaissances.
On n’a donc fait, la plupart du temps - au moins pour ce qui est du premier et du troisième cas - que déplacer la difficulté. Dans le cadre des analyses que nous avons commencé à mener avec l’outil que nous sommes crées à cette fin - l’Observatoire des Espaces Multimédia, dont vous vous doutez que l’existence même a logiquement gêné plusieurs acteurs -, nous n’avons vu passer que de très rares universitaires, la plupart n’étant guère sensibilisés à cette question ; l’un d’entre eux a même emporté des dossiers qu’il a dû juger publiables et on ne l’a plus jamais revu : aux dernières nouvelles, il cherchait un éditeur…
2.2. L’accès aux contenus.
2.2.1. Les contenus administratifs : juste un exemple.
On n’évoquera pas ici l’accès aux domaines administratifs des collectivités territoriales, à l’exception néanmoins d’une anecdote récente recueillie par le réseau de collectivités constitué par l’ARENOTECH - le Réseau européen des Villes Numériques - : l’histoire récente d’une grande ville française émue par le portail constitué par Villena, une petite ville de la Généralité de Valence, l’un des meilleurs exemples européens aujourd’hui, qui a su mettre à la disposition de ses administrés presque tous les services possibles.
Le maire français voulut très exactement le même portail pour sa ville et le déclara publiquement…il y a de cela trois ans. Devant les hésitations de la responsable chargée des technologies de l’information, la société qui en avait été chassée vient de jeter l‘éponge et la ville dut se contenter de laisser entendre qu’elle aura, dans un an, un « plus beau site ». Un exemple intéressant d’adieu à des contenus administratifs accessibles à tous.
2.2.2. A l’inverse, trois exemples espagnols.
Pour illustrer des approches diamétralement opposées, je mentionnerai ici trois exemples :
Il en est de même pour ce qui est de l’enjeu des contenus patrimoniaux dont il sera question dans quelques instants. C’est un sujet que l’on n’affronte en effet pas sans munition
Les enjeux culturels et éducatifs du travail en réseau, je les avais déjà rencontrés à titre personnel, et ce à plusieurs niveaux :
3 - MOSAIC 2004
Pourquoi dès lors 2004 ? La proposition de l’ARENOTECH est simple : convier les acteurs des collectivités territoriales à œuvrer pendant les trois ans qui viennent à la mise en œuvre de leur patrimoine et à en présenter les résultats les plus marquants dans les domaines technologiques et éducatifs comme sur la plan économique à l’occasion de l’exposition internationale. Un grand congrès international sera d’ailleurs organisé au printemps 2004 sous l’égide de notre Conseil Scientifique sur le thème « collectivités territoriales et patrimoine virtuel ».
Le projet européen MOSAIC
Parmi les débats auxquels Internet a donné naissance, l’accès au patrimoine culturel est certainement l’un des plus significatifs, l’un de ceux en tout cas dont les enjeux sont les plus déterminants sur le plan éducatif : tel était l’objet du projet MOSAIC, projet culturel du programme TEN TELECOM de la DG XIII dont l’aire d’intervention est celle du monde des télécommunications de la communauté européenne et dont l’ARENOTECH était le partenaire français.
L’objectif premier de MOSAIC était de constituer un véritable état de l’art au niveau de technologies et des architectures de systèmes afin de faire connaître les derniers développements pour ce qui est de l’accès en ligne. Les technologies de la société de l'information doivent fournir un accès plus facile à l'information culturelle, en particulier à l'information multimédia sur les oeuvres culturelles.
Cependant, pour atteindre un tel but, une coopération globale accrue est nécessaire afin de développer des systèmes techniques et des modes d'organisation cohérents pour la gestion de l'archivage et l'accès. Les lieux de mémoire et de conservation du patrimoine ont plus que jamais un rôle majeur à tenir dans la réalisation et la mise à disposition des services et des produits relatifs à la transmission des savoirs dans la société de l'information émergente. Ils agissent à ce titre aussi bien comme les dépositaires d'une partie importante de notre héritage culturel que comme centres de propagation de documentation et de promotion des nouvelles dimensions culturelles contemporaines.
Les partenaires du projet étaient Infobyte à Rome, le Politecnico de Milan, le Cineca qui, à Bologne, gère tout à la fois le GAR (l’équivalent de notre RENATER) et le réseau de l’Université même de Bologne, le ZGDV -réseau universitaire pour l’Allemagne, le Portugal et l’Amérique du Sud -, l’ARENOTECH à Paris, le Johaneum Research Center à Graz en Autriche.
Nous savons bien que nous sommes amenés bien trop souvent à nous focaliser aussi bien sur les standards que sur le potentiel technologique des infrastructures. Nous nous interrogeons trop rarement en revanche sur ce que nous souhaitons en fin de compte obtenir des instruments, objets et services relatifs au patrimoine culturel. MOSAIC, pour cette raison même, n’a voulu d’aucune manière se limiter à imposer quelque standard que ce soit, mais bien au contraire souhaite rechercher la meilleure manière de valoriser - au travers même de l’utilisation des standards technologiques- le travail de tous ceux qui gèrent au jour le jour le patrimoine culturel européen et en assurent la promotion.
L’essentiel réside, dès lors, en la qualité des contenus et en la manière de l’utiliser dans toutes ses potentialités à travers la mise en œuvre des nouvelles technologies multimédia et de réalité virtuelle et non point l’inverse. Il faut mettre en œuvre les synergies les plus pertinentes entre ceux qui oeuvrent en vue de l’ouverture la plus large du patrimoine à une société citoyenne et responsable et précisément la plate-forme la plus large possible d’utilisateurs potentiels.
Le premier processus à mettre en oeuvre s‘impose donc à l’évidence: il s’agit de créer un ensemble de contenus qui en un premier temps se suffisent en eux-mêmes et de les positionner en un ensemble global qui, transcendant naturellement les frontières, sera capable de produire une véritable “ mosaïque ” aux usages potentiels multiples. Des initiatives mineures, a priori de moindre portée, pourront ainsi apparentes plus signifiantes qu’il n’y paraissait à première vue, une fois qu’elles apparaîtraient dans leur véritable contexte.
Tel était au fond le véritable contexte d’un tel projet: rassembler toutes les initiatives déjà existantes sans vouloir en altérer les règles déjà opératoires de leur promotion, mais en les valorisant et en en amplifiant la portée au travers d’un véritable réseau de distribution de l’information seul à même de développer de vrais usages de savoir et de faire - savoir.
D’où le rôle majeur qui sera, ici comme ailleurs celui des collectivité territoriales dans les années à venir.
L’ensemble de ces considérations et la complexité de leur mise en œuvre amène à prendre en compte l’impératif incontournable du multilinguisme de ces services, ainsi que de leur interopérabilité : nous sommes là en présence de l’exigence première de ce projet : il n’y a guère - et il ne saurait y avoir - de communicabilité électronique du patrimoine culturel européen sans une prise en compte à chaque instant de la pluralité linguistique de notre continent.
Le parcours ainsi recommandé par MOSAIC s’appuie sur un réseau de rapports entre partenaires qui acceptent pleinement les contraintes et les défis technologiques d’un tel contexte qui est celui de pratiques innovantes choisissant délibérément une stratégie de rupture face aux inerties étatiques et aux archaïsmes institutionnels. Tel est le sens même du texte diffusé par l’ARENOTECH à l’occasion de la réunion du G8 à Gênes.
Il s’agit de rendre présent - et pourquoi pas omniprésent - le patrimoine culturel sur les réseaux informationnels en construction sous nos yeux.
En vue d’une active mise en œuvre des nouvelles technologies de l’image et de l’information, il nous faudra en effet à l’avenir fournir un modèle de référence (en termes notamment de coût, d’architecture technologique et de temps de réalisation), des outils de valorisation des résultats et d’exploitation des services offerts à l’utilisateur final, un ensemble de services et de produits dérivés associés en mesure d’augmenter le niveau d’implication de l’usager ainsi que le temps passé au sein d’infrastructures offrant une valeur ajoutée pour le tourisme et l’éducation.
MOSAIC a permis de disposer en tout premier lieu d’un certain nombre d’instruments, dont un programme de construction d’expositions virtuelles. Réalisé par Infobyte, celui-ci permettait de créer de telles expositions, ceci soit comme prévisualisation d’espaces d’expositions en vue de leur aménagement ou annonce d’initiatives culturelles en cours de préparation, soit comme instrument didactique sous forme d’expositions purement virtuelles ou reconstitutions de collections par exemple.
Deux applications majeures s’inscrivaient en outre clairement dans les réflexions mises en avant par le projet : une fonction d’université virtuelle dédiée à tout le domaine de l’éducation relatif au patrimoine culturel et une autre concernant naturellement la thématique du musée virtuel.
L’objectif d’un projet comme MOSAIC est certes ambitieux : une réelle bataille pour une culture européenne en réseau, dans tous les sens de ce terme. Deux siècles après les cahiers de doléances, il s’agit de créer, au delà de toutes les féodalités, une synergie nouvelle où les acteurs du champ culturel seront parmi les pilotes majeurs des changements sociétaux en cours. Dans notre ligne d’action consacrée à l’éducation, tel a été en tout cas notre philosophie.
Notre attitude aujourd’hui se doit d’être résolument offensive et rigoureuse sur un certain nombre de points. Il nous faut avant tout bénéficier d’avancées majeures dans le domaine des sciences de l’éducation : ces dernières années ont été en effet très riches en travaux relatifs en réflexions pédagogiques relatifs à la question de l’université virtuelle et de manière générale aux travaux réalisés par les éducateurs sur le Web .
4 - Une mobilisation pour le futur
A partir de ce mois-ci, l’ARENOTECH présente à l‘occasion de plusieurs manifestations internationales son programme d’action « Objectif 2004 » qui commencera à la rentrée.
L’axe central de ces trois années, qui seront consacrées à la mise en oeuvre des préconisations du projet MOSAIC que nous venons d’évoquer, sera naturellement le thème de l’image qui a présidé aux origines de notre structure, et singulièrement ses déclinaisons économiques et territoriales.
Notre Conseil scientifique qui se réunira en août prochain aura à approuver les détails de mise en œuvre du programme d’action, dont la déclinaison reposera sur six axes principaux :
5.1. D’abord, pourquoi ce champ d’action méditerranéen ?
La Méditerranée apparaît dans le domaine de l’identité comme un vrai laboratoire.
Pour le comprendre, il nous faut notamment nous réapproprier notre propre approche temporelle. Il est notamment tentant pour ceux qui partagent les modes de vie de la Mare Nostrum de resituer la genèse d’une nouvelle société de la connaissance et la révolution technologique que nous vivons (mobilité - économie de services - biens immatériels - travail en réseau - réalité augmentée) une dizaine de milliers d’années après la mutation néolithique (sédentarité - agriculture - élevage - poterie - textile), mutation qui s’est opérée, comme vous le savez, dans le monde méditerranéen, par essence société de l’interactivité et du fonctionnement en réseau.
Dans les débats avec les universitaires du bassin oriental de la Méditerranée, on rappelle ainsi volontiers le concept clef commun des mutations néolithique et numérique, à savoir la création et la valorisation de l’identité : la société numérique serait donc une nouvelle révolution néolithique.
A l’inverse du concept anglo-saxon de villes intelligentes, certaines villes méditerranéennes constituent aujourd’hui un vrai modèle, dans la mesure notamment où bien souvent l’impact des infotechnologies y permet le respect des différences et de la diversité. N’oublions pas que l’effet Internet premier sur un territoire réside dans la résurgence de son identité - constat majeur si l’on prend en compte le lien fort existant aujourd’hui entre l’identité du territoire et les implantations économiques -.
Le contexte est donc favorable au sud de l’Europe pour le développement de tels projets si celui-ci accepte de se situer dans la longue durée et s’avère déterminé à rester lui-même.
Moins encore que d’autres surtout, il n’a le droit de séparer terrain économique et champ culturel.
5. 2. Un panorama rapide.
En 2004 également, les Jeux olympiques d’Athènes seront aussi un grand rendez-vous pour les nouvelles images numériques et le patrimoine: les vedettes seront également les lunettes que les services de tourisme proposeront aux visiteurs.
En les chaussant en effet, ceux-ci pourront, en observant telle ou telle ruine, voir la Grèce telle qu’elle était à l ’époque des premiers jeux: les murs d’Olympie, les marbres abîmés, les statues disparues.
L’expérience athénienne utilisera des technologies de réalité augmentée qui permettent d’ajouter au monde réel toutes sortes d’informations pour s’y repérer, faciliter l’exécution d’opérations, voire l’enrichir.
Dans quinze jours, Alexandrie retrouvera sa bibliothèque héritée de l’époque hellénistique (une époque, rappelons-nous, d ’une exceptionnelle vitalité scientifique et artistique, mais combien difficile sur le plan politique).
Mais à l’arrière-plan de cet événement, se déroulent des fouilles archéologiques où les technologies de l’information permettent de nouvelles formes de travail collaboratif et où l’oeil du spécialiste, à 10 000 km de distance, se retrouve « invité » sur la lunette du fouilleur.
En 2004 également, Barcelone organise les rencontres mondiales de la culture.
Il s’agira là pour de nombreuses entreprises, et notamment les entreprises méditerranéennes dans le domaine des technologies du numérique, d’une occasion de démontrer comment de nouveaux horizons de création et les héritages culturels peuvent créer, aujourd’hui comme hier, de réelles symbioses.
La semaine prochaine, du 10 au 12 avril, au Palais des Normands, un congrès européen rassemble à Palerme les acteurs économiques et intellectuels qui entendent faire progresser la e-gouvernance dans tous les domaines, et notamment les nouvelles formes possibles de politique culturelle et éducative. Sera notamment présentée l’initiative italienne de coopération technologique pour le développement, en coopération avec la Banque mondiale (avec notamment la Jordanie, la Tunisie et l’Albanie).
Le projet « Horizon-Méditerranée » entend permettre toutes les formes de création collective à distance, sur tous les plans artistiques et musicaux.
Plusieurs lieux marocains - singulièrement des espaces patrimoniaux - entendent eux aussi donner l’occasion, au travers d’espaces multimédia, de travailler à distance (Fez...).
Mais le Maroc illustre également un autre mécanisme majeur: le futur co-positionnement entre Casablanca et Rabat d’un pôle économique hight-tech et d’un pôle d’activités culturelles.
Le 7 mai 2004 ouvre, on le sait, près du Bourget l’Exposition Internationale consacrée à l’image.
Si un vrai réseau méditerranéen prend effectivement forme d’ici là, au travers notamment d’un musée virtuel rassemblant l’ensemble des initiatives dont celles évoquées, il peut prendre place au coeur d’une manifestation rassemblant autour de la thématique de l’image les acteurs culturels et économiques de 80 pays.
Valencia constitue aujourd’hui pour la Méditerranée le lieu d’expérimentations par excellence de la société de l’information
Le projet Infoville dès 1995 vise à:
Depuis 1997, 40 municipalités ont suivi les traces de Villena, 25% de la population utilisent les services proposés avec une connexion journalière de 20 minutes par utilisateur
Un projet de Musée Virtuel de la Méditerranée a déjà été ébauché il y a de la plusieurs années.
L’évolution tant économique que technologique dans le domaine des infotechnologies le rend plus actuel que jamais. Une simple mise en ligne patrimoniale ne saurait en effet suffire: une liaison directe s ’avère indispensable avec l’utilisation des technologies sur le terrain ou encore avec le développement des connaissances qui lui sont inhérentes.
L’effet « vitrine » et l’impact en termes de veille devraient notamment permettre le développement d’un pôle de compétence dans le cadre d’un projet « ville numérique ».
En conclusion.
Aujourd’hui, l’impact d’actions telles que celles menées au sein de MOSAIC s’avère avoir dépassé très largement toutes nos attentes. On a ainsi souligné dans des comptes-rendus récents le rôle de MOSAIC au niveau de la réalisation du Musée Virtuel du Canada. La revue du plus important Institut de recherche allemand vient de citer, dans sa dernière livraison relative au patrimoine et aux nouveaux médias, MOSAIC à plusieurs reprises et des projets d’espaces d’immersion virtuels prennent en compte nos préconisations. Un projet comme « Arts et sciences » en est largement issu.
Mais il convient à présent d’aller au-delà de telles préconisations. Si l’ampleur des développements technologiques des deux dernières années a été considérable, une étude récente en provenance de la Silicon Valley souligne que, si très probablement les financements ne connaîtront pas d’ici le milieu de la décennie ceux de la fin de la décennie précédente, le développement des technologies, et notamment celles de l’image, connaîtront au contraire des avancées considérables.
Il nous faut donc conserver toute notre capacité de visibilité et de veille technologique. Mais il nous faut aussi accompagner les acteurs de l’actuelle révolution des images, et nous nous proposons de le faire au travers de plusieurs consortiums en voie de création.
L’aventure donc continue, mais il faut précisément garder à l’esprit les mutations qui se sont opérées en la matière : les dernières années ont été fertiles en rhétorique, mais celle-ci a accompagné le destin de la bulle financière. Aujourd’hui, les commentateurs se sont tus - les exemples sont nombreux -, et seuls comptent les acteurs et la réalisation des projets. A ce stade aussi, les enjeux sont aux mains des territoires et…de la société locale de l’information.
Merci à tous pour la qualité de votre écoute.