| Coordination rédaction | Valerie THIREZ | ||
| 20/10/2003 11:30 | 20/10/2003 | ||
L’atelier organisé et animé par l’association
européenne ARENOTECH (Art - Education - Nouvelles
Technologies) a eu pour objet de présenter réalisations
et projets relatifs au champ culturel et notamment en matière de mise en
ligne et de valorisation du patrimoine territorial. Cinq communications
successives se sont ainsi efforcées de présenter un panorama d’ensemble
de l’utilisation des technologies numériques en ce domaine.
L’objet du programme de “ Musée Virtuel de la Méditerranée ” est de créer à l’échelle de la Méditerranée une plate-forme de savoirs pour un retour au sentiment partagé d’un espace de connaissances permettant à l’ensemble de ces territoires de se réapproprier avant tout leur propre approche temporelle et leur place dans la genèse d’une société de la connaissance qui aura toute chance de se traduire pour elle par une nouvelle révolution économique (dans des domaines tels que la mobilité, l’économie de services, les biens immatériels, le travail en réseau ou encore les applications en matière de réalité augmentée) : la Méditerranée est susceptible potentiellement de constituer un laboratoire pour la planète en matière de société de l’interactivité et du fonctionnement en réseau : aux antipodes du concept anglo-saxon de villes intelligentes, certaines villes méditerranéennes comme Valence constituent ainsi de vrais modèles pour les acteurs économiques. L’impact des technologies du numérique peut de la sorte devenir vecteur de respect des différences et de la diversité, avec un lien fort entre l’identité du territoire et les implantations économiques. Ce d’autant que le projet MOSAIC de la Direction Générale de l’Education et de la Culture de la Commission européenne, projet dont ARENOTECH était partenaire pour la France et dont l’objet était une analyse de faisabilité en vue de la création d’un réseau européen de musées virtuels, entendait encourager la création de pôles interrégionaux et transnationaux permettant aux collectivités territoriales de développer de véritables stratégies de mise en ligne de leur patrimoine. Laura Garcia Vitoria a fait très précisément le point sur les outils et les approches que le réseau de chercheurs et d’enseignants que constitue ARENOTECH entend promouvoir : il s’agit en effet de proposer également au travers d’une telle démarche une nouvelle approche conceptuelle pour « apprendre l’image » au travers de l’usage des technologies numériques. Si l’on évoque en effet à juste titre l’importance de conférer à tous nos contemporains des capacités d’analyse de l’image, il nous faut donc aujourd’hui créer de nouvelles approches pour un apprentissage iconographique véritable et seules les innovations technologiques majeures que nous connaissons aujourd’hui, issues d’ailleurs notamment des laboratoires de recherche européens (à Cambridge et Berlin par exemple), peuvent commercer à le permettre. Trois axes majeurs se présentent ainsi à nous aujourd’hui en vue d’une approche pédagogique technologiquement exigeante, mais fondamentalement emprunte d’une démarche ludique respectueuse des horizons culturels. Il s’agit tout d’abord de rendre l’image visuellement aussi bien que physiquement accessible, donner la possibilité à l’apprenant d’y accéder en y créant des « cheminements de compréhension » : regarder de près le mobilier de la chambre de travail de Saint Jérôme, s’approcher - en en faisant éventuellement le tour - du carrelage de l’espace où un peintre italien montre la Flagellation du Christ, visiter l’espace d’une fresque florentine de la Renaissance, voilà qui renouvelle totalement l’approche iconographique d’un horizon culturel. Il s’avère d’autre part essentiel de donner à percevoir l’image comme un objet virtuel et conférer à « l’usager de l’image » la possibilité d’en décomposer les éléments en temps réel. Par ailleurs, l’immersion interactive instaure un véritable dialogue avec les objets représentés. Le geste au travers d’un gant permet une appropriation spatiale d’un objet, au travers même que l’iris de l’œil et surtout bien évidemment la voix : l’interface locale s’annonce comme la grande interlocutrice de l’image et des éléments auxquels elle procure un support de représentation. Il s’agit de même de rendre l’image plus mobile, donc plus proche, plus apprivoisable intellectuellement, au travers notamment des outils de la mobilité intelligente. L’enfant appelé sur son téléphone mobile pour être convié à visiter une église et recevoir des informations symbolise l’objet d’un autre projet européen, le projet CHIMER. Ceci d’autant que bientôt l’appareil photographique pourra se connecter à Internet et lancer une recherche multicritère : l’objet essentiel de l’image - un monument par exemple - pourra ainsi être analysé et comparé à celles d’une base de données architecturale. Grâce à des moteurs de recherche, il sera aisé à ce type de terminal devenu savant et source de connaissances pour l’usager de fournir tout type de complément d’information et surtout une mise en exergue d’activités culturelles locales - telles que des expositions - en rapport avec l’objet photographié. Il est par là même essentiel d’en tenir compte dès aujourd’hui dans la réalisation de contenus culturels territoriaux.
Le projet LANALPH. (Landscape and ANthrolopogical ALpine Photography), programme Communautaire Interreg III B - Espace Alpin Le projet LANALPH a trait à la photographie comme bien culturel et comme ressource pour une meilleure connaissance et valorisation du paysage et du patrimoine culturel matériel et immatériel de l’aire de l’espace alpin afin de pouvoir l’utiliser notamment pour la production de programmes de tourisme, l’aménagement durable du territoire et la production de référents identitaires. La collaboration entre les institutions italiennes et les partenaires français, autrichiens et suisses entend permettre de procéder à une analyse préliminaire de la situation, ainsi qu’à des projets de catalogage et à la réalisation de modalités communes d’utilisation des banques de données et de recherches iconographiques et alphanumériques multilingue dans le cadre d’un site web consacré à ce sujet. La réalisation d’un projet transnational d’étude des campagnes photographiques réalisées dans l’aire en question aussi bien au XIXème qu’au XXème siècles et de valorisation d’un patrimoine de connaissances et d’images que possèdent déjà les différentes institutions, permettrait en outre de réaliser une série d’expositions itinérantes dans les principales villes de l’aire prise en considération, ainsi qu’une galerie photographique virtuelle. Le projet s’inscrit d’ailleurs dans le programme développé par le Réseau européen des Villes Numériques dédié à la production locale de savoirs et de connaissances.
La tradition orale et les nouvelles technologies Les traditions orales peuvent donner un sens supplémentaire à l’outil informationnel : préserver la mémoire de l’Humanité et la rendre accessible pour tous. C’est l’essence du projet de l’UPCP-Métive (Union Pour la Culture Populaire en Poitou-Charentes et Vendée) qui veut ainsi montrer que les cultures régionales, loin d’être tournées vers le passé, peuvent au contraire s’approprier les nouvelles technologies de communication. Un projet européen initié par le musée de la ville de Toroella de Montgri en Catalogne illustre bien les objectifs poursuivis. Le projet « Phonomedia-Traditio » avait pour objectifs la sauvegarde, la mise en valeur, la diffusion de la musique et de la danse traditionnelles en Europe à travers les technologies de l’information. La première étape de ce projet, dont on pourrait imaginer un prolongement avec le réseau FAMDT (www.famdt.com), devait permettre une meilleure connaissance des traditions populaires en Italie, Catalogne et France (Poitou-Charentes-Vendée) à travers la musique, la danse et la fête ; la création d’un modèle de recherche et d’accès à la documentation sur les traditions populaires en utilisant les possibilités offertes par la technologie multimédia et le réseau internet. Ce projet a été présenté en 1998 par la ville de Toroella de Montgri (Catalogne-Espagne), la Discothèque d’Etat (Rome-Italie) et l’association UPCP-Métive (Parthenay-France). Il a été soutenu par la commission européenne dans le cadre du programme Raphaël (promotion de projets de coopération internationale entre institutions muséographiques de différents pays membres de l’Union européenne) et approuvé en décembre 1998 (www.phonomedia.org) ; il s’est achevé en début d’année 2001.
Grégory Matéos a présenté en conclusion de l’atelier le groupe de travail qu’il dirige. Si l’objet de ses travaux réside dans la e-administration de manière générale, il en a bien montré le rôle futur dans le domaine culturel. Une première approche macro-économique devra permettre de dresser un panorama complet des aspects juridiques, des jurisprudences, des technologies utilisées, et ceci dans l’ensemble des pays de la communauté. Cette approche permettra d’isoler les évolutions législatives majeures et de les rapprocher des différentes jurisprudences afin d’en identifier la cohérence. Une approche micro économique aura quant à elle pour objectif, en analysant des cas d’applications, d’extraire la dimension technico-juridique des différents cas étudiés et de les rapprocher des normes communes afin d’identifier d’une part si les normes communes sont respectées. Un colloque sera organisé par le groupe de travail à Paris à la fin du mois de novembre 2003. Les communications pourront être consultées dans leur intégralité sur le site www.arenotech.org |
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| Jeudi 18 septembre | |