L’accès
nomade à Internet : le réveil français ?
Depuis deux ans maintenant, au travers d’expériences multiples, les réseaux sans fil Wi-Fi sont évoqués par de très nombreux acteurs territoriaux aux Etats-Unis et en Europe.
Au moment où certaines villes européennes, allemandes telles Hambourg - qui en est le plus bel exemple -, montrent leurs réalisations en ce domaine, las, les collectivités locales françaises n’ont toujours pas aujourd’hui le droit d’installer leur propre réseau.
Une situation que l’on pouvait comprendre au départ, étant donné le caractère pour le moins restrictif de la législation qui réservait aux usages de l’armée la bande de fréquence des 2,4 GHz. Mais une fois cet « obstacle » franchi, plus rien ne justifiait de retenir les initiatives territoriales : on espère qu’aujourd’hui enfin de telles attitudes ne seront définitivement plus que des cauchemars d’un passé révolu.
Par son initiative de novembre 2002, l’ART a certes entendu favoriser l’implémentation de Hot Spots, mais il va certainement falloir attendre la loi sur l’économie numérique de ce printemps qui devra notamment transposer dans le droit français les directives européennes en matière de télécommunication.
Les expérimentations en zones rurales - telles que la Sarthe, où une demande d’autorisation a d’ores et déjà été déposée - vont donc pouvoir commencer bientôt, on l’espère.
Ce d’autant que les opérateurs - à qui décidément à ce jour l’UMTS n’aura rendu que de très mauvais services - perdent leur langue de bois sur une option technologique où ils n’ont voulu voir que des installateurs d’antennes plus ou moins bidouillées sur les toits de la Moskova parisienne ou ailleurs. L’intervention opportune et intelligente de Thierry Breton le 6 février fait elle aussi oublier ses tristes prédécesseurs. Présentant ses services ce même mois, Orange a pris les habits d’opérateur Wifi dans des lieux publics.
Place donc au warchalking aux coins des rues : plus qu’un langage de plus ou qu’une mode, les demi-cercles collés dos à dos ou les signes ronds des craiefitis peuvent, au-delà d’une option technologique supplémentaire, apporter plus aux acteurs locaux qu’aux « clochards du web » : signifier une liberté retrouvée des territoires en matière d’aménagement et d’initiatives économiques. http://www.arenotech.org.