
Le déficit de rayonnement européen des villes françaises : pourquoi ?
L’étude réalisée par la Maison de Géographie de Montpellier sous la direction de Céline Rozenblat (Université de Montpellier III) et Patricia Cicille (CNRS) et commandée en 2002 par la DATAR constitue un document d’une rare utilité. Certaines affirmations sans fondements ne seront plus désormais possibles.
Certes,
elle présente déjà le mérite de ranger dans le grand grenier des idées reçues,
ne fut-ce que partiellement, la célèbre « banane bleue » que Roger
Brunet crut déceler en 1989 dans la représentation de la grande dorsale urbaine
reliant le Lancashire à la Toscane. Rejoignent aujourd’hui les grandes métropoles
des villes telles que Berlin, Munich et Vienne, de même qu’à une échelle moindre
Lisbonne et Florence. Les villes françaises qui se distinguent sont avant tout
méridionales : Marseille et Toulouse, et à un moindre niveau Montpellier,
ont rejoint Lyon et des villes telles que Dublin, Genève
et Francfort (ville de référence en matière
de rayonnement international, ici en images).
Apparaît en effet clairement une Europe multipolaire, et ce au travers d’une quinzaine d’indicateurs dont certains voient souvent leur importance oubliée par les acteurs locaux, et notamment - pour n’en citer qu’un [1] - le nombre d’organismes de recherche entretenant des relations internationales.
Si le rayonnement des villes françaises apparaît modeste par rapport notamment aux efforts de nombreuses d’entre elles, c’est essentiellement (et non exclusivement) pour trois raisons :
[1]
A noter notamment le nombre de musées, le nombre de sites culturels et
de grandes manifestations en ce domaine. D’autres sont plus classiques :
le taux de sièges sociaux, les congrès internationaux, foires et salons, les
nuitées touristiques, le nombre d’étudiants, l’accessibilité des agglomérations,
le trafic aérien de passagers, le trafic maritime, la population ainsi que
son évolution dans la seconde moitié du siècle dernier…