Le
débat sur linnovation à léchelle des territoires
Quel soutien à linnovation régionale ?
La présentation le
9 avril du plan français de soutien à linnovation qui sera soumis au parlement
à lautomne 2003 aura déjà eu le mérite douvrir véritablement (au-delà même
de la consultation lancée le 11 décembre dernier) un véritable débat sur
linnovation à léchelle des territoires qui, sans oublier les autres vecteurs,
constitue le champ daction majeur et sans conteste le défi essentiel notamment
des futurs territoires numériques.
Si linnovation peut
se définir comme une « création de valeur à partir de savoirs originaux »
(Claudie Haigneré), on il convient dabord de rappeler un certain nombre dévidences.
- Dabord,
les fonds de capitaux damorçage se doivent dêtre en tout premier lieu
des fonds de proximité, émanant de la région. Sans leur développement,
il nest guère besoin de gloser sur de grands projets de collectivités numériques
et, encore moins, dévoquer une soi-disante citoyenneté numérique dépourvue
dhorizons de formation et demploi. De manière générale dailleurs, il est
toujours bon de rappeler quil y a aujourdhui 4000 investisseurs aidant de
jeunes créateurs dentreprises en France contre
50 000 en Grande Bretagne.
Mais lessentiel réside dans un développement conséquent des sociétés régionales
de capital-risque. De toute manière, de « nouveaux lieux de proximité »
savèrent indispensables.
- Ensuite,
lappel aux financements internationaux. Sans attractivité internationale
forte - et pas seulement sur le plan économique -, les capitaux internationaux
ne seront pas au rendez-vous. Une politique à léchelle nationale, fut-elle
la plus adéquate, ne saurait à lévidence suffire. Lappréhension dun territoire
français « piège à investissements » (Françoise Gri, IBM) doit avoir
à cet égard toutes raisons de disparaître.
- Surtout,
on ne peut que constater également que laveuglement persiste quant au rapport
prétendument antinomique avec toutes les formes de tradition, celle notamment
du monde universitaire en matière de contribution à la valorisation de la
recherche, mais aussi celle de bien des PME sur la gestion et le partage des
savoirs. Ce nest en effet pas là seulement que se situe le frein à ce qui
serait un « devoir de retour ». Aujourdhui, les technologies
du numérique doivent pouvoir contribuer dabord et avant tout à une valorisation
des apports de chacun, à léchelle précisément de la ville, du pays, de
la région. Il faut donc développer durgence un accompagnement local à
la valorisation et le visibilité de toutes les recherches et de tous
les travaux (dans le monde de luniversité comme dans celui de lentreprise)
dans leur contribution à la connaissance du territoire et à son attractivité,
dans leur contribution également à de nouvelles formes de formation et de
transmission des savoirs. Une telle démarche - de la part notamment des collectivités
territoriales - savère fondamentale et urgente.
- *Le rôle
de structures institutionnelles telles que lANVAR devra se décliner
lui aussi à léchelle locale, au travers par exemple de son système dinformation
IRIS, à loccasion notamment de la prochaine présidence française du
programme européen Eurêka.
- Il nous
faut construire un nouvel environnement conceptuel de la valorisation croisée
de lapport potentiel des divers acteurs, une
nouvelle conception de linnovation aussi. La notion de RID (Recherche, Innovation et Développement)
proposée par Benoît Weill (Ecole des Mines de Paris) ne peut à ce titre quapparaître
pertinente, avec la nécessité dautres pratiques, dautres modes dorganisation,
des stratégies dinnovation et de partenariat à long terme et bien évidemment
la construction de véritables réseaux de réflexion et de compétence.
©Réseau
européen des Villes Numériques