PATRIMOINE ET INNOVATION : un enjeu de prospective territoriale

Les interrogations de Fontevraud

Il y a de cela deux ans, nous avons été conviés à participer au colloque international du Centre européen du patrimoine virtuel de Fontevraud (Actes publiés en 2002) autour notamment de la question du monument virtuel.

A quelques kilomètres de Saumur, avaient été alors formulées par de nombreuses personnalités responsables de la conservation du patrimoine des questions et interrogations que nous avions alors soumises à notre Club d’Analyses Prospectives.

Ce sont certaines des réponses que nous nous proposons d’évoquer brièvement à l’occasion de votre Université d’été.

La patrimoine, vecteur  premier  de l’innovation

La gestion des référents patrimoniaux est aujourd’hui au centre des multiples recommandations adressées aux acteurs territoriaux - de nombreuses analyses se trouvent à ce propos dans la Bibliothèque de la ville du Réseau européen des Villes Numériques (www.villesnumeriques.org) -.

L’identité territoriale de même apparaît comme un vecteur indissociable de son attractivité économique et surtout technologique : apparaît à ce titre particulièrement signifiant le débat suscité par les analyses de l’économiste Richard Florida, mais aussi par de nombreux spécialistes des pôles de compétence et de compétitivité où la composante culturelle et patrimoniale joue souvent un rôle tout à fait essentiel.

Quoiqu’il en soit, on pourrait être amené à parler - suite aux propositions de notre Club d’Analyses Prospectives - de patrimoine innovant dont des travaux italiens récents montrent combien il est susceptible d’être important par exemple dans des démarches territoriales d’apprenance collective.

Prospective patrimoniale

L’ONG ARENOTECH (www.arenotech.org) entend développer à partir de l’automne 2003 son travail d’analyse autour de la prospective patrimoniale. Elle souhaite notamment contribuer à la constitution d’un séminaire universitaire européen portant sur cette question.

Suite au projet européen MOSAIC, elle avait en effet émis un certain nombre de recommandations relatives à de nouvelles formes de sensibilisation et d’apprentissage. Pour avoir suivi d’autres projets européens tels que CHIMER, elle a analysé la possible utilisation de téléphones portables ou de terminaux intelligents dans la construction de savoirs permise par de nouveaux services de mobilité intelligente (pour lesquels elle travaille à la constitution d’un laboratoire dans le cadre du projet européen LANALPH).

Le dernier séminaire ARENOTECH portait ainsi sur son programme de Musée virtuel de la Méditerranée qui - à travers notamment le projet MED DIVIDE - entend mettre à la disposition des collectivités territoriales, mais aussi des universités travaillant sur les questions relatives à l’utilisation des technologies numériques au service du patrimoine un ensemble d’outils et de technologies, dans le domaine surtout de la modélisation virtuelle, permettant ainsi, indépendamment de l’écran de l’ordinateur et sans outils complémentaires de visualisation, une manipulation du matériau patrimonial comme objet purement virtuel.

C’est ce patrimoine innovant qu’il nous faut donc aujourd’hui percevoir et imaginer, c’est à cette prospective patrimoniale qu’il revient de dessiner la place pour des espaces producteurs de sens et de savoirs. Laura Garcia Vitoria