LA MAISON, ESPACE D’APPRENANCE

Dans le contexte du suivi des expérimentations et réalisations en matière de projets numériques de maintes collectivités territoriales européennes, l’approche de l’espace domestique n’a certainement pas la place qui lui reviendrait de droit. L’introduction de l’observation des espaces privés dans notre propre Observatoire européen des Espaces Multimédia (www.espaces-mltimedia.org) est ainsi relativement récente, de même qu’un vrai suivi des aménagements d’« espaces intelligents ».

Aujourd’hui néanmoins, un certain nombre d’axes exploratoires apparaissent, de véritables terrains d’observation se développent (notamment dans des villes françaises, espagnoles et bien évidemment suédoises) et surtout les travaux de notre Club d’Analyses Prospectives transcendent enfin les horizons traditionnels d’une domotique souvent restreinte à ses simples composantes technologiques.

L’une des pistes majeures, qui se réduit encore à un certain nombre de relevés d’expérimentations et d’hypothèses exploratoires, est celle de l’espace de la maison comme espace d’apprenance.

Choisir un tel terrain d’analyses est pour le Réseau européen des Villes Numériques (http://www.villesnumeriques.org) une nécessité absolue. En effet, les modalités d’agrégation d’entreprises sur les territoires et la constitution de pôles d’excellence et de compétitivité sont de plus en plus fortement liés aux potentialités d’apprentissage collectif et d’organisation de stratégies de gestion territoriale en matière de formation et de transmission de savoirs.

Il importe donc de dépasser les travaux de recherches en la matière (on pense aux nombreuses publications italiennes et surtout milanaises), mais également les réalisations de portails de formation par des villes espagnoles ou des régions allemandes pour s’interroger sur la traduction matérielle et concrète de tels processus à l’œuvre. Et ceci implique bien évidemment de nouveaux espaces publics de sociabilité (espaces multimédia d’accès aux réseaux) ou encore de « mobilité intelligente », mais également l’espace même de la maison pour la consultation en ligne de tels matériaux et - au-delà même de tout travail à distance -  les nouveaux mécanismes de construction de connaissances qui ont pour cadre un horizon privé à défaut de demeurer intime.

Toute une typologie de pratiques s’inscrit ainsi dans de nouveaux espaces spécifiques succédant ou complétant les lieux traditionnels d’écriture et de lecture ou encore dans un espace global, ayant perdu ses frontières entre lieux dédiés à des activités diverses et irrigué par de telles activités et dédié en quelque sorte, de Seattle à Linköping, à des terminaux de convergence informationnelle. Peut-être l’observation de telles pratiques nous dira-t-elle si la maison des années 2010 doit se préparer à être marquée par une vraie sociabilité de l’apprenance.