Groupe de travail

« Mobilité »
Réunion du sous-groupe « mobilité et culture »
(11 novembre 2003)

A - Adéquation des concepts et produits aux besoins et attentes des acteurs de la culture et du patrimoine

Pour transformer l'intérêt en acte d'achat, il faut dépasser le gadget et créer une valeur ajoutée véritable. C’est donc une combinaison, plus ou moins complexe, de services et de démarches qu’il convient de recommander aux opérateurs et aux sociétés de services chargés de proposer des contenus  et offres innovantes.

Quatre scénarios ont ainsi été proposés :

1 -  MOBILITE ET MEMOIRE

Les témoignages d’un passage. Laisser des traces sur soi-même en un lieu de mémoire constitue une pratique de tous les temps de touristes (parfois célèbres)  pour dire "j'étais là, en ce lieu", à la manière d’un Byron sur les colonnes du Cap Sounion.

  Les outils dont nous disposons (en matière de livres d’or virtuels ou autres) doivent permettre, au travers notamment du choix d’autres supports que ceux de témoignages monumentaux souvent durement traités par d’autres marques du temps aujourd’hui, de témoigner d’une présence et d’un moment, de gérer un référent temporel et d’accompagner en quelque sorte à chaque fois un acte de mémoire.

   De manière plus général, les outils de la mobilité auront à gérer les multiples pans de tout un tourisme de la mémoire, véritable défi souvent pour les personnels chargés de la conservation de sites archéologiques.

2 - LA GESTION, AU TRAVERS D’OUTILS ET DE TERMINAUX DEDIES A LA MOBILITE, DE LA RELATION CLIENT / VISITEUR

On sait combien cette dernière se révèle éminemment complexe, du fait même d’une typologie très large quant aux origines socio-culturelles du visiteur. Le temps réel et une prise en compte dans des limites temporelles raisonnables n’existent pour ainsi dire pas aujourd’hui. Deux exemples peuvent ainsi être relevés, parmi bien d’autres :

Il convient donc de mieux enregistrer le feed-back des utilisateurs dans les musées et surfaces d’expositions. L’audiovisuel projeté dans une salle a-t-il facilité la compréhension ? Les heures d'ouverture conviennent-elles ? Il s’agit là, soi dit en passant, d’un grand souci aujourd’hui des bureaux du temps ouverts dans des villes comme Belfort.

Etre informé en temps réel qu'une date sur le panneau explicatif est potentiellement fausse : ce type d'erreurs est souvent signalé par certains visiteurs. Les conservateurs ont conscience que les visiteurs peuvent être une réserve d'expertise mais ne savent pas trop comment l'exploiter.

3 - MOBILITE ET AMENAGEMENT DE L’ESPACE URBAIN

Quelle architecture, quel profil pour tel nouvel immeuble ou tel quartier face à une sky line imprégnant la mémoire visuelle des habitants? Les urbanistes et responsables locaux, quand ils veulent demander leur avis à la population, ne savent plus trop comment s'y prendre : des exemples néerlandais récemment ont ainsi permis des initiatives originales de certains élus.

Aujourd’hui en effet, nombreux sont les responsables qui organisent à grands frais des réunions publiques désertées par les administrés et qui se retrouvent pourtant victimes, dès l’ouverture d’un chantier, d’une pluie de récriminations et de plaintes (constitution d’associations de riverains…). Permettre de tester en temps réel sur un écran géant, au travers de son portable, la couleur ou le style souhaité pour une nouvelle façade et, de manière générale, donner la possibilité à chacun, au travers de l’appel à un numéro court, les éléments de sa propre vision et surtout les justifications pouvant les conforter est susceptible de constituer un service important dans un contexte qui tend souvent à décourager maintes initiatives.

La qualité de l’information fournie sur les modifications de l’environnement architectural, urbanistique, mais aussi sur divers aspects de son aménagement doit constituer un objectif majeur. On se rappelle que dans un passé récent, la construction de réseaux a pu se faire sans qu’aucune information ne soit donnée ni à la population, ni aux élus… Rendre un tel processus informationnel réellement interactif est difficile : la projection sur de grandes surfaces publiques peut y apporter une plus grande facilité de compréhension, ceci quant aux données reçues mais également quant aux propositions émises.

-  MOBILITE ET MEMORISATION

Une pédagogie interactive s’avèrerait nécessaire pour mieux s'orienter. On mémorise mieux une image si on l'a construite (puzzle) que si on la voit toute faite. Il convient donc de réfléchir à cela pour orienter les offres possibles.

Un terminal mobile peut-il être un outil de constitution de référence ? Mieux voir les choses en les photographiant ? Il faut permettre aux habitants de mieux décrypter leur environnement, parfois pour mieux y œuvrer et y vivre. Il s'agit d'une priorité d'aujourd'hui : beaucoup de citadins ne disposent pas - faute d’éléments de compréhension - des repères chronologiques, géographiques et culturels nécessaires à la gestion topographique et mentale des espaces qui les entourent. Maints responsables locaux sont aujourd’hui parfaitement conscients du problème.

La mobilité est souvent perçue comme un vecteur complémentaire de mémorisation. Les outils contemporains peuvent de la sorte être susceptibles de matérialiser les représentations aristotéliciennes !

B - La future commercialisation de tels services

Trois points ont fait l’objet de rappels :

Un constat s’en est suivi : à partir du moment où on disposera d'une offre bien conçue et irréprochablement packagée, les acteurs entreprises peuvent espérer les premières commandes dans un délai de trois à six mois.

C - Démonstrations

Des démonstrations sont envisagés lors des séminaires et événements organisés par ARENOTECH et le Réseau européen des Villes Numériques. Les dispositifs techniques nécessaires à de telles démonstrations doivent être précisés à cette fin.