Les
écrans flexibles de la ville de demain
L’affichage urbain des prochaines années constitue - au travers notamment de ses modalités techniques - un enjeu majeur pour l’information des habitants et des acteurs territoriaux à l’horizon 2010:
Pour cela, les choix technologiques doivent s’opérer aujourd’hui : à plusieurs reprises, nous avons appelé les responsables des collectivités territoriales à s’en préoccuper et à faire un état des lieux de leurs approches dans un tel contexte.
Pour ce qui est des technologies d’affichage, il est naturellement difficile d’utiliser les rigides plaques de silicium pour graver des transistors commandant des afficheurs souples ; ce sont donc des films organiques plus souples qui se sont imposés.
Mais il s’agit surtout de choisir et d’adapter les technologies d’affichage qui fonctionneront sur les nouveaux supports. Par exemple, Koen Joosse, chercheur dans les laboratoires de Philips, propose tout simplement d’étaler, comme s’il s’agissait de réaliser une peinture, les cristaux sur une surface.
L’écran présenté en janvier 2003 par Toshiba - un écran LCD flexible de 21,3 centimètres de diagonale, voit malheureusement son écran de courbure limité à 20 centimes : on peut donc l’infléchir sans problèmes, mais non l’enrouler. Remplacer les deux verres qui encadrent les cristaux liquides par des surfaces de plastique se révèle en effet délicat (il faut laisser 5 à 8 microns entre les plaques et les cristaux).
Si
l’on veut s’assurer d’une réelle flexibilité, il vaut donc mieux s’orienter
vers un procédé électrochimique : les diodes électroluminescentes
(les OLED). Les problèmes rencontrés s’avèrent là de nature toute différente :
le rendu des couleurs, mais aussi la durée de vie.
Une technique électromécanique telle que celle proposée par E-ink et les Belle Labs revient quant à elle à insérer entre deux feuilles de plastique des sphères contenant des billes noires et blanches chargées électriquement.
Or, John Rogers, chercheur dans les laboratoires de Lucent, a démontré récemment que les transistors de commande pouvaient être simplement gravés sur le substrat avec une sorte de tampon, procédé susceptible de fabriquer des transistors souples capables de commander non seulement des microbilles, mais également des diodes électroluminescentes.
Une commercialisation peut donc commencer dans les années qui viennent : il est temps de l’adapter aux enjeux des nouveaux espaces privés et publics aujourd’hui en gestation dans les cabinets des urbanistes et des architectes. http://www.arenotech.org