LA DELOCALISATION NUMERIQUE

Il n’était point besoin de posséder une boule de cristal infotechnologique pour souligner que si des efforts considérables n’étaient pas fait en matière de formation aux métiers du numérique de manière à atteindre un vrai niveau d’excellence, les délocalisations en seraient bien plus importantes que ce que prévoyaient il y a de cela quatre ou cinq ans les meilleurs « experts », bien au-delà de celles qui paraissaient les plus évidentes (centres d’appels, niveaux premiers du développement logiciel…).

L’Europe et encore moins la France n’ont su réagir - le rapport Sapir a dit ce qu’il convenait de penser des imprécations de Lisbonne - ; même les Etats-Unis n’ont su développer de vraies stratégies fortes en la matière. Les entreprises de la Silicon Valley participent ainsi largement au mouvement comme le souligne le Centre pour les études économiques de Palo Alto (on se reportera aux analyses de Stephen Levy) ou encore le cabinet de consultance Gartner Inc. (Connecticut) dont les prévisions d’emplois délocalisés et de postes exportés dans le secteur des industries de haute technologie se montent pour 2004 à un demi-million. 

Le débat aujourd’hui change ainsi de nature et c’est à un partage des tâches équitable qu’il convient d’aboutir afin d’éviter un développement de produits au rabais nuisible à tous. Il faut prendre donc en considération les récents développements en la matière du marché de l’emploi russe, chinois, mais bien évidemment surtout indien (récemment analysés par la société de consultants Bay Area Networks) et établir de véritables relations entre régions et territoires qui entendent miser sur ces secteurs pour leur développement.

Le colloque organisé par le Réseau européen des Villes Numériques à Singapour en 2004 s’efforcera notamment de contribuer aux nouvelles formes de relations internationales entre villes et régions qu’un tel mouvement de « délocalisation numérique » rend indispensables et urgents. http://www.arenotech.org