Les villes numériques et le prochain Web

Par Michel Cartier

Parce que les villes numériques deviennent l’épine dorsale technologique et économique de la société du savoir qui émerge, elles devront se préoccuper d’un secteur qui va changer les règles de gouvernance : le prochain Web.

Un site a été préparé pour explorer ces mutations : www.michelcartier.comD’ici les deux prochaines années, nous allons entendre parler abondamment du Web sémantique. Ce site fonctionne selon les théories du Web sémantique auxquelles on a ajouté les théories du Web schématique. L’idée est simple, en combinant ces deux Web on obtient un Web beaucoup plus intuitif capable de plaire aux clientèles en attente. À l’heure actuelle, 10 % seulement des utilisateurs sont des téléconsommateurs, ce qui rend le Web peu rentable. Mais en passant à 25 %, d’ici quelques années, cela suffirait pour déclencher le prochain bond économique (après 2005 ?).  Derrière le développement de ce nouveau Web se prépare donc une offensive économique mondiale ; nous ne sommes donc pas en récession mais en réorganisation. Il n’y aura pas de e-gouvernement ni de e-commerce sans ce nouveau Web, les institutions qui l’apprivoiseront vont surfer ce prochain bond.

Les clientèles de demain ne sont pas celles d’aujourd’hui, elles seront attirées par les micromarchés à valeur ajoutée (ou niches) à cause de leurs transactions et de leurs interfaces plus visuelles et plus intuitives, c’est-à-dire adaptées à une logique d’utilisation grand public.

Ce site est plus intuitif à cause de certaines caractéristiques :

Actuellement, quatre grands courants parallèles essaient de se positionner dans cette course politique et économique pour la maîtrise de la société du savoir.

1- Le Web sémantique

(Semantic Web, Pedantic Web, XInternet)

Ce courant veut offrir un meilleur accès aux informations grâce à des algorithmes empruntés aux industries de la langue, algorithmes qui permettent à des machines de traiter automatiquement beaucoup d’informations. Il veut décrire un contenu en associant une sémantique à ces descriptions, ainsi que des moteurs d’inférences permettant ensuite de mieux les manipuler. Le Web sémantique sera la force derrière l’émergence des niches.

2- Le Web schématique

(Visual thinking, information mapping)

Ce courant, qui se développe depuis plus de dix ans, offre des outils de visualisation de l’information. C’est un courant où il y a moins de théories mais beaucoup de recherche en applications dans bien des domaines d’activités scientifiques, commerciales et administratives. Le Web schématique sera la force qui servira à apprivoiser les nouvelles clientèles.

3- La nouvelle architecture de l’information

(Gestion de la connaissance, conceptual graphe, knowledge presentation, réseau sémantique, document imagining, e-doc)

Ce courant se développe autour de la gestion de la connaissance et surtout du concept de graphes conceptuels qui débouche sur la création de cartes de connaissances. Il se veut une passerelle entre le sémantique et le schématique.

4- Les nouvelles application Web

(Rich Internet applications, portails thématiques)

Ce courant se développe à partir d’essais entrepris, depuis l’effondrement de la bulle boursière en l’an 2000, par les mégamajors américains qui veulent créer un e-commerce grand public (ou Business-to-customer).

Devenant un espace d’interactions entre l’État et les citoyens, les villes numériques devindront le point de rencontre de trois mutations majeures d’ici deux ou trois ans :

• Un changement économique

À cause de leurs mises en réseaux, elles deviendront le principal foyer du prochain bond économique que préparent les forces de la mondialisation.

• Un changement sociétal :

Dans ces villes les groupes et les collectivités apprendront à conjuguer les outils de gouvernance locale.

• Un changement technologique

Le nouveau Web facilitera les communications entre les groupes modifiant ainsi la dynamique du pouvoir, forçant les villes à devenir High Tech  et High Touch.

Ceux qui s’intéressent à ces questions pourraient consulter les dossiers suivants dans le site :

Les technopoles et la nouvelle économie ;

• Les groupes d’intérêts et les collectivités locales ;

• Le Web de troisième génération.