La créativité :
une vision stratégique d’avenir pour intégrer les territoires locaux en leur donnant une forte cohésion sociale

« TIC & Territoire : quels développements ? »,  Saint Raphaël, France : 5, 6 juin 2003.

M.-P. VERLAETEN
Centre international de l’Economie mondiale des Savoirs - 2003 - Deuxième trimestre

Introduction

1. La créativité : du souci pour une naissance

1. Surfer sur le « Net » en cherchant sur la créativité révèle que celle-ci est au cœur de nombreux ouvrages, depuis dix ans, particulièrement en Amérique du Nord et au Royaume-Uni. Les ouvrages furent d’abord tournés vers l’économie et puis ils ont progressivement pris pied sur un espace plus large, un espace nouveau d’attitudes, de comportements, valeurs, de culture en fait. Les frontières anglo-saxonnes se sont ouvertes aussi. Ne voit –pas actuellement la Chine mettre la créativité au cœur de son  vaste programme de réforme de l’éducation ( The Economist, 2003 ). Par rapport au passé, aussi, les ouvrages disponibles dégagent un questionnement de plus en plus lancinant sur les sources de la créativité et, dans ce cadre, sur un moment privilégié de celle-ci, l’enfance. Ce souci s’explique par la nécessité qu’ont les entreprises, les salariés, les responsables publics,, les citoyens de devenir des moteurs de changement afin de s’adapter à un âge dit nouveau dont la présence est de plus en plus sensible et incontournable dans leurs quotidiens du fait de quatre transitions majeures, en cours, qui le caractérisent.

La mondialisation - globalisation : l’économie de décisions, responsabilités, privées d’allocation des ressources et de choix techniques, partout ou quasiment dans le village planétaire, et sa logique de compétitivité et profit élevé à court terme, étendue en dehors du champ classique de l’économie ;

The Global Age 

 L’ère du savoir : le savoir ciblé (relatif à des techniques spécifiques de façon dominante) devenant le facteur clé de la croissance économique potentielle (ou de long terme) selon le marché et d’un certain progrès général induit de la société ouverte au monde ;

The Knowledge Age 

Le développement durable la croissance à gérer en nature et évolution sous l’angle des conséquences environnementales globales des facteurs de production et des techniques utilisés à réduire et inverser, et des modes de production et consommation dits productivistes appliqués à changer ;

The Sustainable Age 

 Le développement sociétal : le progrès général induit par la croissance à transformer sous l’angle des aspirations de chacun à rencontrer mieux et des talents à laisser éclore, au sein des diverses sociétés des civilisations de la planète et dans leur dynamique d’interactivité et d’intra activité ;

The Mankind’s Age

2. Ces transitions, qui ne datent pas d’hier, sont dites majeures du fait qu’elles ont des conséquences, graduellement de plus en plus perceptibles dans le quotidien d’un nombre grandissant de citoyens, ici et plus loin. Elles sont dues à la survenance d’effets présentant des orientations conjointes sur des fronts très sensibles, comme, par exemple :

Cette interactivité, dans un cadre de doutes sur la survenance d’autres effets moins négatifs, génère, aujourd’hui, de l’incertitude que l’on peut qualifier d’existentielle. Elle amène partout des cortèges de peurs, de désespoirs et de rejets. De cynisme aussi ou encore de haine. Elle remet beaucoup en cause et, à tout le moins, le progrès général, induit dans les sociétés démocratiques par le savoir scientifique et technique de façon dominante et sa valorisation par l’économie de marché. Ainsi, sans alternative globale, l’incertitude pèse sur l’avenir, quel qu’il soit, d’une planète en train de devenir un « Village mondial » parce que, de plus en plus, certains de ses habitants communiquent, en utilisant une efflorescence de techniques disponibles ayant un langage commun : le numérique, qui leur permet aussi d’accéder à des savoirs privilégiés. L’incertitude apporte des fractures dans le village qui hypothèquent son avenir, espéré « être plus » que par le passé, de paix et de prospérité générales. Elle appelle, par conséquent, des réponses stratégiques et tactiques, publiques et privées, techniques et citoyennes, spécifiques et générales, locales, nationales et internationales. Certaines de ces réponses sont dans une autre régulation nationale avec une autre gouvernance mondiale (Verlaeten a et b, bibliographie) éclairant une nouvelle éthique sociétale que certains (Attali, 2000) n’hésitent  pas à appeler « la fraternité : une nouvelle utopie ». Quoi qu’il en soit, elles doivent être trouvées. Un avenir moins incertain, moins dangereux aussi, pour le plus grand nombre, partout, en dépend. http://www.arenotech.org.