Pamphlet sur la Communication
Avril 2000
M.-P. VERLAETEN - http://www.arenotech.org

Introduction : dire, un fait.

1. En cette fin de siècle, de nombreuses sociétés découvrent une évidence, soit que leur véritable richesse est l’homme qui a non seulement des compétences, c’est-à-dire des savoir-faire effectifs, mais aussi des talents, c’est-à-dire des savoir-faire potentiels, du savoir-vivre et enfin du savoir-être. L’homme « devient » donc une ressource majeure pour une nouvelle économie dite du « knowledge ». Mais il n’est pas simple de l’utiliser. En effet, si comme toutes les ressources, elle doit être produite et entretenue et s’il faut tenir compte de l’obsolescence de ses savoirs, à leur différence, elle doit être organisée de façon à ce que du sens selon les valeurs dans lesquelles elle se reconnaît naisse de ce qu’elle fait. En outre, cette organisation avant de se concrétiser doit être comprise, donc expliquée, donc dite. Elle est, en effet, une stratégie relationnelle qui doit accroître les capacités des ensembles d’hommes chargés de réaliser et réduire les désagréments des communautés formées à ce but. Elle est d’autant plus pertinente que les hommes des communautés y participent en libres arbitres. C’est d’un relationnel de qualité que naissent les imaginations fécondes qui transforment petit à petit les entreprises, par exemple, en organisations à la culture d’innovation, capables donc d’apprendre des chocs qu’elles subissent, autant de clefs de survie dans un monde où les pressions de la concurrence sont non seulement intenses mais permanentes et venant d’acteurs inattendus, ou encore centrent les sociétés sur leurs forces de création.

2.Dire est tout un art et comme tel porte la marque d’une éthique. Les communautés d’hommes des entreprises, ou plus simplement les uns et les autres, y sont particulièrement sensibles aujourd’hui. Dire est, en effet, devenu un enjeu avec des contraintes intenses de complexité sociale, car, on ne dit pas ou plus : on communique. Or, communiquer n’a plus aujourd’hui les sens qu’on lui donnait au Xe siècle et au XIVe siècle. Communiquer : Les sections qui suivent développent quelques réflexions sur la communication car cette dernière paraît, aujourd’hui, de plus en plus n’être qu’un habillage de sons. Parce que c’est le plus souvent le cas, elle est honnie par plus d’un. Cela a des conséquences dommageables, par exemple, pour l’entreprise. En effet, cette dernière entre dans un processus de déséquilibre du relationnel soit de sa réalité intangible profonde. Elle devient un théâtre où la pièce du nivellement des structures organisées de pouvoir, pour accroître les responsabilités des réalisateurs, est interprétée en même temps qu’une autre, marquée par la recherche d’autres formes d’organisations fondées sur une participation plus librement décidées des hommes de la communauté de réalisation. Elle est donc à la recherche d’un équilibre entre deux pôles : l’un dit d’autorité hiérarchisée, l’autre dit du libre-arbitre. Equilibre fragile ou peut-être utopique entre deux pouvoirs, l’un fort, presque militaire, l’autre faible ou risquant de le devenir. Question d’autant plus sérieuse que la nécessité de créer des entreprises et d’être attentif à leur survie est sans cesse mise en avant comme une des conditions de la croissance : « Sans entreprise, pas de croissance »  mais, dans ce cadre, « Sans organisation ad hoc, pas de communauté d’entreprise ». Quant à la société, elle perd tout simplement des ressources tangibles et intangibles, ce qui changera non seulement sa croissance potentielle en nature et en cheminement, mais aussi les contraintes de cette croissance. A titre d’exemple, sa signification effective ou ses portées symboliques pour les humains que la société porte et emporte. http://www.arenotech.org