Pamphlet
sur la CommunicationM.-P. VERLAETEN
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Développement : ne pas dire, une liturgie
3. Il y a de nombreux ouvrages sur la communication, dont dans l’entreprise. Ce papier n’en proposera pas une synthèse. Il jettera un éclairage sur un fait : aujourd’hui, où que l’on soit, on ne communique pas sur ce que l’on ressent ou encore sur le besoin qu’on aurait de l’autre auquel on s’adresse. Pourquoi ? Parce que l’on vit dans des univers de ruse normés par un positivisme dont découlent des « looks » et des rhétoriques ou des ensembles de représentations de soi et des autres avec leurs dits et non-dits valorisés à un moment et dans une société donnés. Il faut sortir de ce qui est devenu un rite accompagné d'une liturgie car l'avenir qui en naît est dangereux.
A. De la ruse du serpent
4. Le thème de la ruse est vieux. Le premier expert fut le serpent et les victimes… des parents lointains, Adam et Eve, qui durent ainsi « prendre » de longues vacances sur une planète « Terre » assez différente du jardin d’Eden ou de la connaissance dans lequel un seul dit parfait résonnait telle la musique. Elle était communication. Le terme « musique » est dans ce cadre utilisé au sens d’harmonie objective, donc à celui d’un code (musical) naturel ou du « verbe », autre définition d’un dit divin. Nous sommes ainsi nés dans un univers marqué par la ruse ou encore un nouveau dit, celui du non-dit codé ou de la communication. Dans cet univers, il fallut apprendre à vivre tout en produisant le savoir et ainsi tendre vers la connaissance (=être et savoir). La musique qui y résonne, est celle des langues humaines, des instruments ad hoc et de la communication des hommes.
5. L’univers du savoir occidental est par nature un univers de représentations physiques expérimentées. Il sort de la métaphysique ou affirmation de l’essence des choses, du monde, de l’homme, sous une pulsion d’objectivation ou de recherche de la vérité. Cette quête est dotée d’une méthode d’identification des causes et des effets appelée le rationalisme due à Descartes (1596-1650) et qui est une mise en forme du rationalisme d’Aristote dans un cadre de retenue de deux causes seulement, à savoir : la cause matérielle et la cause efficiente. La raison outillée doit pour Descartes éveiller l’esprit à sa véritable nature (divine) en mettant à jour la façon dont il connaît. Le mental de l’observateur est au service de son esprit. Telle est la signification du « Je pense, donc je suis ». Le savoir qui est produit n’est donc pas indépendant de l’observateur : il est son construit ou encore porte la marque d’une subjectivité. L’objet étudié est la cible tangible à court terme du savoir, le sujet en est la cible intangible ou de long terme. L’objet et le sujet sont liés.
6. L’univers du savoir occidental est une quête du sens ou de la vérité qui oscille entre deux affirmations renvoyant à Platon (-428 à –347) et à Aristote (-384 à –322).
Platon : -Une vérité en nature hors du monde des choses et comprenant l’être de l’homme et son bonheur, à rechercher, donc, de façon absolue par les mathématiques (une propédeutique) et la dialectique (contradiction des hypothèses) ensuite, dans le cadre d’une théorie de la réminiscence de l’âme. Elle se souvient du monde de la vérité ;
Aristote : -Une vérité naissant des choses par un être en apprentissage de lui et des autres dans son existence , à rechercher sous cette contingence et en sagesse d’un bien vivre ensemble, une vérité toujours relative donc.
Dans ce cadre, Descartes cherche la vérité de Platon selon la démarche d’Aristote et en doutant systématiquement de ce qu’il découvre. C’est ainsi qu’il invite à vivre.
7. La mécanique de Newton (1642-1727) va conforté les certitudes de Descartes, à savoir :
Dès lors, la physique de Newton va devenir la représentation du monde physique jusqu’aux travaux d’Einstein (fin XIXe-début XXe s) et aussi le paradigme de la connaissance dans lequel le monde occidental va vivre. Le monde qui se découvre est physique. Il est appelé la nature et comme tel supporte le choc des deux quêtes du sens :
- les lois sont-elles celles des choses ou sont-elles des éléments d’une vérité globale hors du monde ? Ou encore, la science, c’est-à-dire la raison humaine permet-elle d’atteindre la nature du monde en soi ou sa légitimité est-elle dans l’utilité du modèle qu’elle permet d’affiner, le monde en soi étant inatteignable par la raison ? Pour Kant (1724-1804), c’est dans cette dernière exigence qu’il faut vivre. Beaucoup de scientifiques jusqu’à ce jour sont partagés sous cet éclairage.
8. En synthèse, l’univers scientifique de l’occidental est un univers de représentations physiques. Mais en outre, c’est aussi un univers d’un dit qui progressivement devient communication sur la « vérité (science)» découverte. En effet, les langues occidentales, dont le Français tout spécialement, changent sous l’influence du monde qui est trouvé. Le Français devient ainsi une langue réflexive, soit qui renvoie tout naturellement au sujet au départ de l’objet. Les langues de l’occident sont des musiques humaines, ou des communications de sujets cherchant à être en vivant dans leurs représentations. Mais, les sujets vont s’illusionner sur ces dernières en se prenant au jeu des mathématiques auxquels ils recourent. Celles-ci, d’outil d’une culture vont devenir culture et dans ce cadre, c’est la nature du monde en soi qui est visée par le savoir. L’essence du monde est mathématique dans la métaphysique occidentale. Cette caractéristique marque particulièrement l’économie. En se mathématisant depuis la fin du XIXe siècle sous le formalisme d’un modèle d’équilibre général proposé par L. E. M. Walras (1834-1910), sans cesse revu, une pensée économique dominante surgit : celle de l’économie du marché compétitif, qui devient l’axiome d’un univers d’échangistes isolés par leurs égoïsmes, maximalisant leur utilité sous des contraintes parfaitement connues et qui ne communiquent entre eux que par des prix, communiqués de façon neutre, c’est-à-dire comme des forces impersonnelles d’offre et de demande siégeant hors marché. Les prix sont la recherche du code d’harmonie objective qui résonnait au « Paradis ». Mais ils résonnent dans un univers où la question de la cohérence des systèmes dérivés de l’axiome n’est pas fondamentalement posée. Tout est, en effet, pour le mieux lorsque les marchés sont libres de fonctionner, ils convergent naturellement vers un équilibre général non contesté par au moins un échangiste qui voudrait améliorer sa position. Tous les échangistes sont maximalisateurs d’utilité quels que soient leurs positions de départ (pauvre…, riche…). Cet équilibre est donc une harmonie politiquement désirable ou encore un intérêt général atteignable via le marché. Un tel discours résonne avec une intensité croissante depuis 1980 dans le cadre d’une révolution technique dans les moyens de communication qui laisse croire (le miracle américain) qu’il y a toujours des solutions techniques aux problèmes de croissance, d’emploi… donc d’identité aussi et de cohésion sociale.
9. Si l’économie est un univers de communication, c’est aussi un univers de ruse dont la légitimité est clairement mise en question au XVIIIe siècle. Dès son origine comme « Economie politique », elle en porte l’empreinte comme « une âme celle d’un péché originel ». A. Smith (XVIIIe siècle) doit être retenu dans ce cadre. Une économie fondée sur la représentation de l’isolement d’êtres égoïstes lui pose problème. Comment, en effet, arriver à une harmonie sociale, laquelle est dans la nature ou vérité (divine) des choses dont la quête est poursuivie par ceux qui produisent le savoir dans le monde occidental en étant rationnels soit en appliquant la démarche d’identification des causes et des effets de Descartes. Il propose alors un modèle de ruse de la raison en vertu duquel les hommes n’agissent pas comme il leur est enseigné en économie. Ils ne sont pas les atomes isolés et inertes, d’une physique newtonienne, mis seulement en mouvement par la force de l’égoïsme. Ils sont reliés par des sentiments et des passions jouant dans leurs décisions. Dans ce cadre, une harmonie entre eux peut naître. L’exemple est celui de la sympathie active rassemblant amour de soi et envie de l’autre, laquelle permet à l’un de s’aimer à travers l’autre, en lui offrant ce qu’il convoite et en espérant un effet de retour. L’envie, la jalousie… ou encore la peur de l’autre tout simplement peuvent ainsi être canalisées et donc le scénario « L’homme est un loup pour l’homme » de Hobbes (XVIIe siècle) ou encore celui de « la haine de l’autre » de Castoriadis (XXe siècle) être moins souvent interprété. Mais pour offrir à l’autre ce que l’on convoite sans qu’il s’y oppose ou pas trop du moins, il faut s’informer. Le marché est ce moyen, moderne car, en effet, on ne peut vendre si personne ne désire acheter (ceteris paribus) et/ou ne désire être valorisé dans ce cadre. Mais dans ces cas, surgissent les illusions du marché ou de sa mise en abîme théâtrale car l’un agit comme il pense l’autre qui en fait tout autant. L’un s’enferme dans un autre imaginé ou valorisé qui est aussi ainsi enfermé. Le risque est que tous soient piégés dans les apparences d’eux, de leurs désirs donc, et des rhétoriques ou explications ou communications qui les accompagnent, lesquelles peuvent résonner d’autant plus fort qu’émerge une société de marché. Ce risque causera du souci à Smith jusqu’à la fin de sa vie. Le marché restera toujours pour lui la tentation de l’avoir à l’homme en apprentissage d’être.
10.La société du marché n’est pas une utopie. Elle est un modèle proposé par Hayek (XXe siècle) au départ des considérations suivantes :
- l’homme n’est pas un homo oeconomicus (maximaliseur de l’utilité de l’égoïsme), il est ignorant et en apprentissage de tout (lui, les autres…) ;
- l’homme ne peut survivre aux aléas qu’en s’en remettant aux apprentissages de tous ses pareils, c’est-à-dire à leurs imaginations.
Pour cela, il doit être libre d’imaginer et l’organisation de la société être laissée au hasard des sélections qui surgissent des apprentissages des libertés : telle est la société (darwinienne) du marché. Dans cette société, il suffit qu’il y ait respect des règles du jeu pour assurer la paix : les règles sont donc substituées aux principes et l’acteur politique devient un « gardien de but » sans plus. Ce modèle est « appliqué » depuis quelques années et dans plus d’un pays. Il devient d’autant plus légitime que des exigences de société civile transnationale s’affirment et donc posent problème à ceux qui ont capturé le pouvoir historiquement (les Etats) et à ceux qui le ravissent du fait de la mondialisation de l’économie (les multinationales, les spéculateurs, etc…). Une société du marché ou encore des « sujets organisés par leurs objets d’échange » ainsi que Hume (XVIIIe siècle) l’indiquait est « un dit non-dit parfait », car le projet à dessein d’un non-projet !
De la société du marché
11.La société du marché est aujourd’hui le socio-drame d’une eschatologie de la fuite vers l’avant dans lequel nous vivons, avec des intensités diverses, depuis 10 à 15 ans. La communication, qui est organisée, véhicule ses valeurs, ses symboles, ses représentations avec les rhétoriques qui conviennent. En voici quelques exemples :
Dans cette société, les gagnants sont riches, clairs de peau et d’yeux, jouissent d’une belle santé, de même d’une sexualité, et enfin, sourient tout le temps et de toutes leurs dents ! Le temps, en outre, semble avoir peu de prise sur eux. En un mot, ils sont heureux et quasi soustraits au temps : la fuite vers l’avant n’est donc qu’une course impatiente vers le bonheur et son éternité ou le paradis du « Veau d’or ». Mais, à bien y regarder, cette fuite « carnavalesque » car ayant lieu sous les flon-flons de la médiatisation ne concerne que quelques élus. Il n’y a rien à dire à cela car, le temps a sélectionné les plus aptes et le marché les adoube : ils sont les gagnants ou les meilleurs car ils sont tout simplement, les autres ne sont que des ébauches, des esquisses à oublier donc !
C.De la communication
12.La communication dans le cadre qui précède est un dit relatif à une nature humaine (être) de plus en plus en dehors de l’humanité mais que tous doivent écouter car les clefs des moyens de communication leur échappent de plus en plus. En outre, être les meilleurs, quelle tentation, légitime en plus, puisque sans cela il n’y aurait pas d’évolution ! ! Ainsi graduellement, il n’est plus communiqué que sur une nature, un être gagnant mythique. Il y a peu de différence symbolique entre cette nature et celle du surhomme que proposèrent les nazis et d’autres après eux. C’est d’ailleurs pour cela aussi que des mouvements politiques qui y sont apparentés se maintiennent dans le monde. La pulsion d’être est présente dans tout humain et, dans ce cadre, la société du marché, devenue de la communication, est le miroir de soleils dangereux auxquels certains voudraient exposer certains autres afin d’être, eux.
13. Puisqu’il est communiqué sur un être mythique, il est de moins en moins accepté de dire sa fatigue, son dépit, sa maladie, sa souffrance…, en un mot son soi, quelles qu’en soient les conditions. Mais comment faire alors pour trouver des solutions à des tas de problèmes « en dehors du bonheur et de son éternité » ou encore qui dessine des scénarii de « carême » sous un rite de « carnaval » ? En étant positif, c’est-à-dire en n’apparaissant jamais que comme l’opérateur ou l’officiant d’une transition ou rite en cours qui ne peut qu’aboutir : tous cheminent vers le bonheur et son éternité mais via quelques arrêts qui ne remettent pas en cause leur destinée commune ! Le mythe est incarné ! Sous cet éclairage ou plutôt cet « obscur clair », ils se renvoient tous la même image : celle d’êtres élus. Et c’est dans ce cadre qu’ils communiquent au lieu de penser. Le « Je pense, donc je suis » devient, en effet, le « je communique (ma similitude), donc je suis ». Quand certains n’y arrivent pas, ils renvoient aux autres une image insoutenable pour ces derniers, celle d’une pauvre nature humaine mangée des mites ou pire…, vérolée…, atteinte du sida…, privée de pouvoir d’achat…, de dignité, non blanche aux yeux bleus aussi…
14.L’image renvoyée est celle de n’être pas « semblable ». Dans la société de la communication, elle interpelle d’une triple façon, à savoir comme :une dissonance (un bruit de disharmonie) :
la non-similitude ; celle-ci est :
Elle n’est pas celle des desseins des sujets doutant. Dans ce cadre, il y a rupture d’une supraconductivité généralisée qui est nécessaire au « bon » fonctionnement de la société communiquée : au non-projet d’organisation à dessein. Or, dans cette société, l’homme semblable est signe d’un plein potentiel, dont le réalisme n’est plus en cause comme dans le passé les projets politiques.
L’être n’est pas signe de lui, il l’est d’une interconnectivité essentielle. Et s’il découvre son vide intérieur, on lui demande de l’administrer avec alacrité. Il existe cependant des différences dans cette société. Mais elles sont illusoires, plus précisément, elles sont des labels octroyés de façon à créer l’illusion d’une mise en valorisation d’une logique sociale de diversité. Mais cette dernière n’est plus qu’une « espèce en voie d’extinction » et qui comme telle est protégée ! Mais il faut entendre par ces mots « dont l’extinction est protégée » !
15.Dans la société de la communication, tous sont des mimes Marceau. Ils communiquent un rite sous une liturgie. Mais il n’y a nul berger du troupeau qui cherchera l’animal égaré… qui prouvera qu’un « Dieu » descend sur la terre. Tous sont des dieux sans Dieu. Ils sont le mythe d’une transcendance qui n’est plus qu’un rite. Dans ce cadre, il y a peu à attendre et plutôt tout à craindre des pertes d’illusions pour peu que des conditions ad hoc soient réunies, a fortiori lorsque l’un et l’autre sont « éloignés » par leur développement culturel, leur couleur. L’un regarde l’autre, forcé par les bruits, les troubles… qu’il cause, il se voit davantage comme il est. Quelle offense. Pour peu que les circonstances s’y prêtent, l’autre n’a plus comme identité qu’être devient celui qui cause l’offense et parfois aussi moins encore ce qui la cause. La victime, par qui l’illusion s’érode, devient ainsi « bourreau » et doit expier et non attendre de l’aide. Dans la société de la communication, il y a une liturgie du sacrifice expiatoire qui dégénère parfois en rite de sang !
16. Y a-t-il encore des modalités (non religieuses) pour dire dans la société de la communication ? Peu hormis les arts, soit des modalités qui atteignent peu le grand public. Dans ce cadre, la musique reste encore un espace de liberté du dit privilégié. Mais pour combien de temps quand on pense aux transformations du cinéma. Néanmoins, aujourd’hui, on entend toujours ou aussi « on » laisse encore chanté (un autre dit) :
Attali disait dans ce cadre :
« Le musicien…. Encaserné, il est resté révolutionnaire parce que prophétique. Producteur de signe pur, il a annoncé tous les grands changements dans l’organisation économique, politique et idéologique, toutes les grandes crises de nos sociétés. Son œuvre, bruit pour le style dominant, vient créer les styles et les ordres de l’avenir… La musique est la bande audible de la société, production exceptionnelle où s’entendent les conflits et les pouvoirs, les bruits et les ordres, où se miment les terreurs et les consolations fondamentales, les meurtres et les sacrifices rituels… » La musique d’aujourd’hui nous dit demain. Platon disait déjà cela dans « La République ». « Par la musique, cet esprit révolutionnaire s’insinue très facilement et sans qu’on le remarque, comme s’il n’était que jeu et que rien de mal n’en dût sortir. Mais il n’en sort rien d’autre sinon que, se fixant peu à peu, il pénètre graduellement les mœurs et les habitudes. De là, s’étant renforcé, il passe jusque dans les affaires privées, arrive ensuite jusqu’aux lois et à la constitution politique avec une plus grande insolence et un grand manque de retenue et finit par tout mettre sens dessus dessous (…). Nulle part, on ne modifie les lois de la musique sans modifier en même temps les dispositions civiles les plus importantes. C’est ici que les gardiens doivent codifier leurs postes ». Ce message n’est pas occidental. Pour le monde chinois, Sun Ts’ien (historien chinois de la fin du II siècle av. J.-C.) n’écrivit-il pas aussi : « Les sacrifices et la musique, les rites et les lois ont un seul et même but ; c’est par eux que les chœurs du peuple sont unis et c’est d’eux que sort la méthode de bon gouvernement ». En synthèse, l’ordre musical simule l’ordre social et ses dissonances expriment les marginalités. Dans ce cadre, la « techno », le rock dur,… n’annoncent rien d’harmonieux. Quant au retour aux musiques du passé, il révèle une peur : celle d’une société craignant que ses systèmes de protection contre la violence et de canalisation de l’imaginaire perdent de leur efficacité. Il faut dire à nouveau aujourd’hui : cela ne fera pas disparaître « les lendemains de la communication », mais cela aidera à les rendre moins cruels. Même si certains disent que la violence ne sera que diffuse, faisant « pétiller » seulement l’ordre de la communication devenu ordre policier ou des règles substituées aux principes.
17.La société de la similitude communiquée révèle l’entrée dans un nouveau paradigme technologique celui de la répétition ou de la réplication génétique des sociétés. La science y devient non plus un outil pour éviter les conflits de représentations, mais une voie d’analyse de processus de répétition. Les sciences biologiques sont sur ce front. Dans le nouveau paradigme, la biologie remplace la mécanique classique. Alors qu’après A. Smith, L. E. M. Walras et tous ceux qui le suivirent au XXe siècle répondaient à la question de la quête de l’harmonie sociale par un modèle d’équilibre général mettant en jeu des agents « homo occonomicus » seulement et ne communiquant entre eux que par des prix impersonnels leur révélant le monde des échanges, ce qui n’était qu’une façon d’habiller mathématiquement le relationnel économique afin d’y canaliser la violence… les bruits sous une logique d’isolement et de mises en mouvement d’atomes newtonien (représentation) dans la société de la similitude communiquée née de la société du marché, les bruits, les dissonances qui renvoient à des conflits de représentations de pouvoir seront gérés par une sélection de moules répétables transformant le pouvoir en code génétique ! Et dans ce cadre, le pouvoir ne s’incarne plus dans des projets d’hommes. Il est là. C’est tout. La musique avait annoncé cette évolution lorsqu’elle entra dans l’ère des enregistrements (fin du XIXe siècle) clôturant celle de la représentation. Rien n’est toutefois inéluctable aujourd’hui. Mais, il faut le vouloir et donc s’en donner les moyens. Il faut agir en cherchant à être en conscience : un tel projet s’adresse à tous les humains du « village global ». http://www.arenotech.org