Musées virtuels :
mise en ligne du patrimoine local et intelligence territoriale
Laura Garcia Vitoria, Présidente d’ARENOTECH

Résumé de la contribution à paraître dans la revue virtuelle ARENOTECH, janvier 2004

A l’occasion de plusieurs manifestations internationales récentes auxquels nous avons eu l’occasion de participer, de Beyrouth à Sarajevo, la portée d’une réappropriation patrimoniale par les acteurs locaux et la mise en œuvre de stratégies identitaires par les territoires a constitué l’un des points essentiels des débats. Elles constituaient par là-même un champ essentiel de ce qu‘il est convenu d’appeler « intelligence territoriale ».

1 - Il nous semble d’autant plus urgent  - au-delà de la richesse des analyses qui nous parviennent sur ces questions et dont certaines ont été introduites dans les Bibliothèques du site www.arenotech.org (bibliothèque de la ville, bibliothèque de l’image, bibliothèque de la langue) - de souligner les archaïsmes souvent véhiculés par les considérations sur cette même « intelligence territoriale », et ceci singulièrement en France.

Trois travers majeurs se doivent à cet égard d’être plus particulièrement soulignés.

* Au-delà de la fâcheuse propension à considérer de sympathiques élans rhétoriques comme des contributions et démonstrations scientifiques, propension à laquelle il nous faudra bien songer à mettre collectivement un terme -, le plus notoire tient tout d’abord à la difficulté du cadrage méthodologique d’un champ par nature interdisciplinaire, comme le montre par exemple le rapport aux multiples chantiers des sciences de la complexité.

* Plus insidieux, mais aussi plus grave pour beaucoup des analyses ainsi engendrées, s’avère être un recul chronologique quasi-inexistant : au grand étonnement des historiens des idées, on en viendrait à croire qu’il s’agit là de problématiques spécifiques à nos contemporains, alors que tout un travail reste à faire sur ce sujet en ce qui concerne par exemple les XIVe -XVIèmes siècles, des nominalistes à Bodin. De même en est-il notamment des auteurs grecs de l’Ecole de Milet à celle d’Alexandrie, et de bien d’autres. L’absence totale de référents culturels en devient souvent de ce fait particulièrement affligeant.

* Enfin, l’apport des outils de modélisation en matière cartographique est très curieusement peu pris en compte, alors que les laboratoires universitaires qui travaillent sur ces questions ont obtenu d’ores et déjà des résultats tout à fait remarquables, quant à la mise en évidence du rôle de l’innovation technologique sur l’évolution des réseaux urbains par exemple.

Plusieurs séminaires du Réseau européen des Villes Numériques étant prévus sur ces questions, il nous a semblé indispensable de préciser ce que pourraient être les contributions de futurs travaux universitaires sur ces trois points.

 2 - Pour ce qui est de l’intelligence patrimoniale de manière plus spécifique, nous en avons évoqué quelques données dans notre récente conférence à l’Ecole du Louvre dans le cadre d’ICHIM 2003.

Quatre axes de réflexion doivent à cet égard être aujourd’hui proposés aux acteurs territoriaux.

* Il convient en tout premier lieu de souligner la place de l’image comme vecteur de perception d’un espace collectif.

* Un autre champ majeur de compréhension est le rôle de la gestion du matériau identitaire comme externalité de premier plan dans le développement de polarités d’excellence.

* De même, le rapport d’une telle capacité de compréhension de l’environnement spatial et de ses repères temporels avec la genèse d’actions innovantes se doit d’être rappelé.

* Enfin, la place de l’apprentissage collectif - que de nombreuses publications italiennes ont contribué à mettre en exergue - doit prendre également la place qui est la sienne dans une telle problématique.

Telles sont les questions que nous évoquerons tout particulièrement dans notre article de la Revue virtuelle ARENOTECH dans sa livraison relative à la société apprenante et à la gouvernance des savoirs.