De
Villena à Valence : la naissance d ’un modeleI. Le contexte Certes, ce qu’il est convenu d’appeler “la société de l’information dans le monde méditerranéen” présente un panorama relativement avantageux
Mais il convient d’abord d’en rappeler les limites. Les plus conséquentes se situent notamment au niveau des investissements économiques extrêmement différents suivant le pays méditerranéen que nous prenons en considération.
La Conférence des Nations-Unies vient de rappeler les chiffres les plus récents : continent européen : + 77%, continent africain : + 1.3%, Asie (pour des raisons qu’il n’est évidement gère besoin d’expliciter) –11%. Ceci incarne bien le danger de la globalisation relevée par le rapport de la Banque Mondiale il y a de cela deux semaines ainsi bien que par celui du PNUD en juillet.
On se reportera pour tous les indicateurs de base dans la matière au site de l’ISPO en 2000.
Il est évident que l’Espagne dans un tel contexte s’avère largement privilégié. Ainsi est-elle –avec l’Italie – un terrain d’expérimentation en matière d’utilisation des technologies de l’information.Nous souhaitons ici en donner quelques exemples et en développer l’un d’entre eux, celui qui ici nous intéressera le plus, celui de Villena et de la Generalitat de Valence.
Parmi les résultats on pouvait noter la réalisation d’un intranet municipal, l’offre d’un certain nombre des services aux habitants et ce notamment au sein de la Maison du Multimédia, une télévision locale par câble…
Rendons nous maintenant dans la Généralitat de Valencia, qui aujourd’hui se retrouve au centre de toutes les observations.
Depuis 1995 a commencé un projet qui, sous le nom de Infoville, avait pour ambition de stimuler l’utilisation de télécommunications et tous les application qui pouvaient y être associées.
Au point de départ il y avait la volonté d’une réelle modernisation de l’administration.Villena avait était choisie du fait de sa taille et au tout début il s’agissait de pouvoir connecteurun millier d’ordinateur à la mairie virtuelle.
Il s’agissait de manière générale de construire un nouvel espace de relations commerciales et interpersonnelles sur la base d'une structure TIC Un observatoire socioculturel et technologique s’est mis en place avec l’acceptation des citoyensDe nombreuses entreprises furent amenées à s’associer très vite au projet, on peut citer Telefonica, Microsoft, IBM, Oracle, ATT, Bancaja, Iberdrola, Fundesco et bien d’autres.
En 1996 se constitue formellement l’Oficina Valenciana para la Sociedad de l’Information (OVSI) dont font partie : La Generalitat Valenciana, Diputacion de Alicante, Camara de Comercio de Alicante, plusieurs caisses d’épargne, Telefonica, Iberdrola, Sum, Fujitsu, UGT, CCOO et plusieurs entreprises locales du secteur de télécommunications. Celle-ci coordonne l’implémentation de programmes stratégiques INFOVILLE.
Le projet supposait la réalisation de l’intranet le plus, vaste de toute l’Espagne
Quels services y trouve-t-on aujourd’hui? Suite au programme dont la ville prototype a été Villena, tous les domaines s’y retrouvent :
Parmi les villes de la Generalitat qui se sont rajoutés au projet figure Alicante. Ce qui nous intéressera ici le plus, c’est le rôle de l’université Miguel Hernandez non pas tant au sein du projet, mais de part ses objectifs propres en manière d’utilisation des réseaux. C’est d’abord la réalisation d’une université virtuelle (Infocampus) qui se veut ouvertement complémentaire aux enseignements en mettant à disposition les bibliographies, les liens hypertextes utiles, un répertoire des questions fréquentes, et tout matériel de manière générale utile aux usagers distribués dans les trois communautés autonomes de Valencia, Murcia et Castilla La Mancha. L’université a crée pour ce faire une commission des nouvelles technologies mais, aussi un laboratoire multimédia.
Sur le terrain des incontestables réussites, figurent la première bibliothèque virtuelle qui atteigne une taille conséquente : la Bibliothèque virtuelle Cervantes http://cervantesvirtual.com. Elle a été inaugurée le 27 juillet de cette année. A ce jour plus de 2000 ouvrages ont été numérisés, 30000 sont prévus dans un prochain avenir.
A signaler également dans ce cadre la revue électronique Dulcinea, un bulletin d’information, le développement progressif de la publication et de l’édition de thèses doctorales, ainsi que des portails de bibliothèques espagnoles et latino-américaines.
InfoCole, est adressé à des centres d’éducation non universitaires. Il s’adresse à des enfants de premier cycle entre 12 et 13 ans.
Sur le plan linguistique, il est à noter que le valencien a été associé systématiquement à l’utilisation du castillan.
On trouve dans ce service educatif:
Secrétariat : données générales, plan d’études, calendrier et horaires, organisation interne, règlement intérieur, curricula, activités extra escolaires, associations, législation, bourses, bourse de travail
Dans ce cadre, Infomarket met à la disposition des petites et moyennes entreprises une plate-forme technologique en forme de centres de gestion et de commerce électronique qui leurs permet d’effectuer intégralement des transactions en réseau, sans que pour cela elles aient à affronter d’investissements coûteux et difficiles à gérer tout seul. Plus de 500 entreprises participent au projet.
Caractéristiques :
La Red de Agentes de igualdad (RAIM), InfoDona, donne accès aux femmes pour qu’elles puissent bénéficier de l’information nécessaire qui les positionne dans la société à égalité de possibilités et ressources.
La réussite d’Infoville a fait en sorte que Valence et une quarantaine de municipalités (dont Torrevieja, Catarroja, La Vall d’Uixo d’abord Altea, Burriana et Oliva ensuite) ont suivi les traces de Villena. Dans un deuxième temps (projet Infoville +), ce sont plusieurs villes européennes qui se sont greffés sur ces objectifs, et notamment Torino en Italie.
A été prise en compte la problématique du haut débit au travers de l’intégration du réseau ATM.
25% de la population utilisent les services proposés avec une connexion moyenne journalière de 20 minutes par utilisateur.
Compostelle et la Galicie avaient parié quant à eux également sur les réseaux hauts débits. C’est ainsi que dès mars 1996 a pu être utilisé une liaison à large bande entre Vigo et Santiago d’une capacité de 155 Mb par seconde. Un réseau spécifique avait été crée dans le domaine de la recherche pour connecter, les principaux hopitaux et le parc technologique Neanmoins encore limité au tourisme et aux entreprise a suivi le modele de Villena.
Il est essentiel de prendre conscience comment notre société de la convergence numérique précède à une révision sémantique forte. Au cœur d’une telle révision, c’est à un réel réexamen du concept même de territoire auquel nous assistons.
Et ceci s’avère particulièrement important pour le monde méditerranéen et nous ne pouvons pas ne pas penser au vocabulaire grec il y a de cela plus de deux millénaires et demi – au moment de l’établissement des comptoirs helléniques sur l’ensemble du bassin de la Méditerranée antique.
Lien notamment bien sûr entre territoire et implantation économique, lien entre territoire et représentation des pouvoirs ainsi.
Nos contemporaines n’en ont pas encore pris conscience tout à la fois par ignorance tout à la fois du présent et du passé. La vocation millénaire de la Méditerranée est celle d’un gigantesque laboratoire pour la planète, avec toutes les responsabilités que cela suppose parfois, il est vrai, mais ainsi l’extraordinaire force potentielle que cela lui confère aujourd’hui la société Méditerranée est essence par fois d’ailleurs pour son malheur, une société de l’interactivité
Nous n’avons pas attendu, chers collègues, la révolution urbaine de l’Europe septentrionale à l’époque de cathédrales et encore moins celle des villes numériques d’aujourd’hui pour construire une pensée hypertextuelle (pensons à Antioche ou Alexandrie) ou encore une société qui se veut fonctionner en réseau.Aussi, savons-nous bien que cette société –dite de la connaissance ou encore de l’information -, elle sera bien d’avantage élaboré, une fois de plus, sur les rivages de la Méditerranée que sur ceux du pacifique en Californie.
Ferions-nous de l’autocélébration ? Lorsqu’ainsi en mars dernier s’est réuni le séminaire de la Fondation dite des villes intelligentes (une appellation terriblement anglo-saxonne), et ceci au siège même de Microsoft à Seattle (siatel), ils ont été condamnés à faire venir la Généralitat de Valencia pour illustrer leurs propos. Un choix largement approuvé par l’Institut de recherche de Stanford.
Et lorsque encore Al Gore en janvier participa aux journées consacrées à Washington à la modernisation des gouvernements, sous l’égide de l’université de Harvard, c’est le même exemple méditerranéen, celui de Valencia, qu’il cita en exemple comme étant l’une des meilleures expériences dans le monde. Et ceci avec la chaude approbation du Financial Times. Certes, nous l’avons dit précédement, de profondes inégalités demeurent entre nos rivages réciproques. Et si c’était cela l’apport majeur, pour nous-mêmes d’abord, mais aussi pour le reste du monde des infotechnologies : la possibilité une nouvelle fois de les gommer.
Mais
attention : j’ai dit “ gommer les inégalités ”, et non bien sûr
les différences et la diversité. Diversité des cultures, diversité des vocabulaires,
mais une seule et même koinê, une seule et même communauté. Je vous propose
que ce soit cela, au travers de nos interventions et de nos analyses, que nous
laissions comme message, ici même à Marseille.