Conférence à l'Hôtel de Ville de Paris
Le 16 septembre 2002 à 9h à l'Auditorium de l'Hôtel de Ville de Paris
2003, année européenne du handicap

L'intégration des déficients visuels aux  projets Internet
André Jean Marc Loechel

LE HANDICAP DANS LA VILLE NUMERIQUE.

Le handicap occupe une place majeure dans la réflexion sur la ville numérique de demain. Même les acteurs de terrain, si - naturellement - ils le pressentent avec force,  souvent n’en ont pas eux-mêmes une vision très claire.

Il revient donc à une structure de mutualisation des savoirs prospectifs tels que le Réseau européen des Villes Numériques d’y sensibiliser les divers acteurs et singulièrement l’ensemble des responsables institutionnels des territoires.

Quatre axes retenus par notre Club d’Analyses Prospectives nous en rendront peut-être plus conscients à l’horizon 2010 - 2020 :

Voilà l’horizon potentiel offert par la ville et les territoires des prochaines années, où nos espaces de vie seront à l’évidence ceux des technologies convergentes des NBIC comme on dit aujourd’hui (Nano, Bio et Info technologies, mais aussi techniques basées sur les sciences Cognitives).

On mesure donc combien le concept de handicap risque d’être soumis à une singulière inflation sémantique, avec des implications négatives donc, mais peut-être aussi positives : négatives certes au travers de la démultiplication des travers et des obstacles rencontrés dans l’accès à ces divers domaines, positives aussi où le mur séparant - voire clôturant - l’univers du handicap d’un espace dit de normalité aura moins de réalité : nous serons tous plus ou moins avantagés, plus ou moins handicapés dans un domaine ou dans un autre.

Distinguer rapidement un détail iconographique dans un programme de visite virtuelle ne se révélera ainsi pas seulement délicat pour des déficients visuels…

Dès avant l’année du handicap de l’an prochain sera présenté sous la signature de Laura Garcia, présidente d’ARENOTECH, une communication sur le “ Nouvel horizon culturel de la mobilité dans la ville ”. Cette analyse montrera que les défis et enjeux à cet égard seront nombreux, dans la mesure même où nous nous trouvons devant un horizon marqué par un processus continu de fabrication, de consommation et de diffusion de savoirs.

Les bornes significativement dénommées “ l’esprit urbain ” dont un millier d’exemplaires seront disposées dans les mois qui viennent dans les espaces de transport parisien vous permettront ainsi de vous créer une adresse électronique, envoyer un mail, vérifier des informations sur votre prochain interlocuteur et son environnement professionnel et culturel : un tel dispositif pourra être d’un apport conséquent pour beaucoup, si toutefois - et ceci dès le départ -, des technologies adéquates sont mises en œuvre pour permettre à chacun, quelques soient ses faiblesses vite traduites en non-savoir-faire, d’utiliser de telles opportunités.

C’est la raison d’être du partenariat qui est à l’origine de ce séminaire.

Sans visibilité, sans perception globale et sans recul, il est à craindre en effet que la ville numérique que nous souhaitons construire dans les années qui viennent ne séparent et ne divisent en effet encore d’avantage les hommes par rapport aux barrières qu’ils véhiculent déjà.

Nous serions en ce cas tous fautifs dans la mesure où, contrairement à d’autres grandes mutations économiques et culturelles de nos espaces de vie depuis la révolution néolithique qui a vu il y a moins de 10 000 ans l’apparition même de la ville, nous avons aujourd’hui les moyens et les technologies pour atténuer, voire en certains cas faire disparaître bien des facteurs qui, depuis, ont singulièrement contribué à nous séparer.

Il nous faut donc surtout scruter les technologies et agir dès aujourd’hui au nom d’une prospective du handicap.

C’est une telle stratégie que nous nous proposons de mettre en dans nos séminaires de l’an prochain, en y associant, comme à chaque fois, les réseaux de chercheurs et les porteurs d’expertise territoriale.

>En termes de perception visuelle en tout cas, le défi technologique s’avère fondamental. Il ne suffit donc plus de parler ni même de penser à l’autre quand apparaissent sur l’écran les images d’un nouvel espace, mais de mobiliser les savoirs et de penser vers l’autre.

C’est ce que les responsables du Réseau européen des Villes Numériques s’efforceront en tout cas de faire à l’occasion de l’Année internationale du handicap.