Femme et technologie, femme et net économie
Laura Garcia Vitoria (2001) Cette article a été publie par Aurora press,
l'Association of European Researchers, le 01 January 2001
« Femme et technologie », « femme et net économie », est-ce en effet, cher(e)s collègues, bien sérieux ? C’est pour pourfendre certains stéréotypes que précisément nous avons, avec certaines personnes ici présentes, participé au projet européen que nous évoquerons au cours de cette séance. Car il est bien vrai que l’horizon mental dans lequel nous inscrivons aujourd’hui notre action a depuis peu bien changé, au point de pousser Hélène Trouffaut, dans Le Monde Informatique à intituler l’un de ses derniers articles « Femmes, on vous aime ». Ainsi, une enquête de l’IFOP vient-elle de nous apprendre que 67% des français souhaitent une femme pour maire de leur commune – 13% y sont hostiles – Et les postes que les français souhaitent ainsi leur confier seraient relatifs à l’éducation, la vie culturelle, mais aussi la création d’emplois et le développement économique. De même, le nombre d’entreprises crées et gérées par des femmes augmente rapidement et c’est ainsi qu’en Suède et au Danemark environ 50% des chefs d’entreprise sont des femmes. Les Françaises sont à cet égard,
il est vrai, nettement moins bien loties puisque seulement 28% des créateurs
d’entreprises y sont de sexe féminin. Bien sûr, on
a pu affirmer que précisément la net_économie imposait
de nouvelles règles de travail favorables aux femmes, mais il leur
faut combattre des obstacles liés aux barrières technologiques
précisément, sans oublier naturellement les difficultés
de financement de leurs projets. Est-ce pour cela que certaines ambassadrices
de la net-économie désertent aujourd’hui leur poste
la question a été posé il y a de cela quelques jours
par Laurence N’Kaoua dans Les Echos, qui égrène dans
son article les noms les plus célèbres de celles qui, Pour les femmes, les secteurs techniques restent donc à conquérir.
Une étude récente de Factiva, une filiale de Dow Jones et
de Reuters, vient d’être présentée à
Versailles lors du sommet « Women in busuiness ». Certains
résultants ne vont pas manquer de surprendre et donnent matière
à bien d’autres projets européens à venir. Une autre étude, émanant cette fois-ci de l’Université de Pennsylvanie, porte précisément sur la situation américaine. Elle souligne que seuls 9% des membres des conseils d’administrations et 13% des cadres dirigeants des entreprises de la high-tech sont des femmes. Et là encore, on peut constater que cela ne s’améliore guère dans les «entreprises Internet », avec 16% de dirigeants, mais seulement 2% de membres de conseil d’administration. Tout ceci même si les milieux financiers américains ne jurent que par les noms d’une Mary Meeker, spécialiste du hight-tech Morgan Stanley et dont le dernier Internet report s’est vendu à plus de 2000 000 exemplaires ou encore d’une Aby Cohen, l’un des gourous les plus écoutés de Wall Street. Mais au fait, chers collègues, pourquoi ne jamais décliner gourous au féminin ? Shere Hite, auteur de « Sexe et Bussiness » ancien mannequin devenue docteur de l’Université Nihon de Tokyo, cite une possible réponse à cette question, émanant du président de cette même université ‘le plus grand établissement d’enseignement supérieur japonais - : il faut, lui explique ce dernier, « mettre en place de programme de formation pour aider les hommes à surmonter leur terreur des ragots, inévitables s’ils soutiennent une femme ». Il est temps à présent, après cette brève analyse, de laisser la place à vos analyses.
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