Cité des Sciences et de l'Industre - mars 2001
Colloque AVN

Collectivités territoriales et réseaux :
usages et contenus

Table ronde

La table ronde est animée par : André Loechel, AVN
et Gabrielle Gauthey, Caise de Depots et de Consignation

Intervenants :

  • Barthélemy Martinon, PRISM, Aubervilliers
  • Eric Poskin, Ville en réseaux, Bruxelles
  • Gerhard Yakisch, Adjoint au Maire, Vienne, Autriche
  • Christophe Pannetier, Agent de développement et d’urbanisme de Lille Méropole, Digiport, Lille
  • Olaf Malgras, IVT, Rennes
  • Eric Legale Issy-les-Moulineaux
  • Vincent Gollain, IAURIF
  • Jacques-François Marchandise, directeur du développement, FING
  • Alain Magnian, Angoulême
  • Bernard Corbineau, université de Marne-la-Vallée

Résumé

André LOECHEL

Cet après-midi, nous réfléchirons aux usages et aux contenus des réseaux dans les collectivités territoriales.

Gabrielle GAUTHEY

La CDC est impliquée depuis plusieurs mois dans l’assistance à la numérisation des territoires auprès des collectivités territoriales. Celles-ci représentent les interlocuteurs naturels de la CDC.

La Caisse des dépôts souhaite s’impliquer plus en avant dans cette démarche, en y consacrant des fonds plus importants. Nous sommes donc particulièrement attachés aux réflexions concernant les usages, les infrastructures et les services à destination des citoyens et des entreprises. Nous devons donc réfléchir à l’attractivité des territoires et à l’appropriation par les citoyens des nouvelles technologies.

En outre, la CDC remplit une fonction d’assembleur de contenus à destination des collectivités et des territoires, à travers le développement d’un portail appelé Mercure. Nous développons également des portails à destination des citoyens.

André LOECHEL

L’association des villes numériques a pour objectif de revenir aux acteurs du territoire. Pendant trois ans, nous avons rencontré de nombreux acteurs, et nous avons examiné des projets. Aujourd'hui, le moment est venu de clarifier le paysage pour identifier les acteurs, et, évidemment, clarifier les objectifs. Aujourd'hui, plusieurs projets sont en cours de réflexion

En fait, nous sommes persuadés que le terrain a besoin d’un accompagnement des expertises. Autrement dit, les collectivités territoriales ont besoin de concret. Par exemple, la mise en ligne du patrimoine nécessite avant tout de l’expertise et de la convergence.

Je laisse aux participants de cette table ronde le soin de se présenter.

Jacques-François MARCHANDISE

LA FING rassemble une centaine de membres venant d’horizons divers. Nous menons un travail d’anticipation sur les problématiques territoriales en matière d’Internet de demain.

Barthélemy MARTINON

Je dirige le pôle PRISM. Nous voulons développer un pôle d’excellence dédié aux NTIC à une échelle régionale. Ce pôle est localisé dans l’Est francilien.

Eric POSKIN

Je dirige une plate-forme de rencontres où nous réfléchissons aux sens des usages des NTIC. Nous favorisons également l’échange des expériences.

Gerhard YAKISCH

Je suis responsable d’un projet européen consacrée à la nouvelle économie. Une de nos problématiques concerne la place du citoyen dans cette économie.

Christophe PANNETIER

Je dirige Digiport, qui constitue le programme de Lille Métropole sur le développement des NTIC. Nous travaillons beaucoup sur le e-business, l’image numérique et la télémédecine.

Olaf MALGRAS

Je travaille dans une société privée qui modélise des territoires de manière automatique. Nous aurons modélisé une centaine de villes à la fin de l’année. Notre expérience s’appuie sur l’usage fait par les collectivités territoriales de cette modélisation.

Gabrielle GAUTHEY

Digiport commence à bénéficier d’une réelle notoriété, à l’échelle d’une grande métropole. Les actions envisagées couvrent une grande variété de sujets, en termes d’attractivité des entreprises, d’appropriation des usages par les collectivités. Monsieur Pannetier va nous en parler plus longuement.

Christophe PANNETIER

Nous sommes engagés dans le développement des NTIC, à travers l’Initiative régionale pour la société de l’information. Ce projet a été financé par le Conseil régional.

 Cette initiative a étonné de nombreuses personnes au moment de son lancement : nous avons tous une image traditionnelle du Nord-Pas-de-Calais, où la sidérurgie et le textile occupent une place dominante. Nous avons des difficultés à concevoir que des projets innovants se tiennent dans cette région.

Aujourd'hui, ce territoire se positionne sur trois axes de développement. Tout d’abord, le e-business sous ses différentes formes bénéficie de nombreuses initiatives. La présence de grands groupes de vente par correspondance ou de groupes de distribution a facilité le développement du e-business. Pour nous, celui-ci représente donc un enjeu et un excellent terrain d’exploitation.

Le domaine de l’image constitue un deuxième axe de développement. La région Nord-Pas-de-Calais est aujourd'hui la troisième région productrice de films et d’images numériques. En effet, un pôle de production en ligne, orientée autour du jeu et du film sur Internet est en train de se constituer. En ce moment, le festival international du film sur Internet se déroule d’ailleurs à Lille.

Le troisième axe de développement est celui de la télémédecine et de la e-santé. De nombreuses expérimentations sont mises en œuvre, autour du dossier du patient par exemple. Récemment, l’entreprise Planète a été créée. Elle vise à industrialiser les applications développées par le CHU de Lille.

Ce type d’expérience constitue un exemple révélateur de notre motivation. En effet, nous souhaitons développer un partenariat fort entre le secteur public et le secteur privé.

Aujourd'hui, Digiport contribue à la naissance l’agence de développement des TIC, qui est en cours de constitution. Ce projet est soutenu par Lille Métropole, la région et les municipalités concernées. L’Union européenne nous apporte également son concours.

En fait, nous souhaitons positionner Lille Métropole sur l’ensemble européen à partir de ses points forts. En outre, nous avons l’ambition de créer 10 000 emplois autour des NTIC. Enfin, nous voulons créer une véritable industrie numérique, en évitant de nous concentrer uniquement sur les start-ups.

Nous exerçons aujourd’hui deux métiers au sein de Digiport. Tout d’abord, nous remplissons une fonction d’expertise auprès et des collectivités locales. Nous avons bâti une stratégie, qui est axée autour de quatre points :

En outre, nous organisons des rassemblements internationaux, afin de faciliter le business pour les entreprises dans cette région.

Notre second métier réside dans la création d’un business park dédié aux NTIC. Nous voulons à ce titre créer un centre de services favorisant le développement de services pour les entreprises. Aujourd'hui, quatre types de services aux entreprises sont en cours de développement :

Enfin, nous développons des systèmes d’accueil d’entreprises autour de cinq sites.

A l’issue des premiers mois de cette expérience, j’ai le sentiment que nous tentons d’inverser la logique des collectivités locales. Celles-ci ont en effet tendance à attendre les entreprises. Aujourd'hui, nous agissons en fonction d’une logique proactive en accompagnant les entreprises dans leur démarche vers les collectivités locales et des acteurs mixtes. Nous constatons que les premiers effets de cette logique se font déjà sentir, dans la mesure où des entreprises gagnent des marchés.

Par ailleurs, la mondialisation et la généralisation des NTIC supposent l’adoption d’une logique proactive. Nous travaillons quotidiennement à la diffusion de ce nouveau mode de pensée.

Nous nous trouvons dans un positionnement particulier, aux confins du public et du privé. D’un côté, nous développons des actions collectives, et nous sommes d’un autre côté conduits à vendre des services. Nous nous heurtons donc à des barrières juridiques. Ainsi, le modèle juridique, tout comme le modèle économique, reste encore à inventer.

Gabrielle GAUTHEY

Les initiatives centrées autour des acteurs d’un territoire sont souvent mixtes, dans la mesure où elles associent le secteur privé et le secteur public. Cette logique doit être expliquée aux collectivités, qui ont tendance à ne s’adresser qu’aux citoyens. Ce partenariat public-privé est absolument essentiel.

Gerhard YAKISCH

In our city we have created something which we call Citizen Relationship Management to ensure that not a single citizen is excluded.  In order to facilitate this civic initiative, we are currently participating in two major European projects to create online portals.  In 10 or 15 years, we aim to deliver all public services, including elections, on an electronic platform.  At the same time, building an e-government means that we must identify and recognise each inhabitant as a citizen.  Consequently, we must work to develop methods of compiling information that are independent of the data collection conducted by private enterprises.

André LOECHEL

Dès que nous parlons de l’Autriche, il faudrait évoquer les pôles d’excellence territoriale, Linz par exemple.

Barthélemy MARTINON

Monsieur Pannetier, pouvez-vous nous préciser quel est votre budget ?

Christophe PANNETIER

Ce budget est inscrit à plusieurs endroits dans le contrat de plan état-région. 56 millions de francs sont consacrés à la réalisation du centre de services.

En outre, la Communauté urbaine de Lille a voté un budget de 8, 2 millions de francs, qui est consacré à des expertises et à des études. Ce budget augmentera nettement l’année prochaine, et s’élèvera à une trentaine de millions de francs.

Je ne compte pas les investissements réalisés dans les sites d’accueil aux entreprises. En effet, nous sommes en train de les évaluer.

Gabrielle GAUTHEY

Tous les problèmes d’identification et de marquage et du citoyen sont importants. Je suggère de passer la parole à Eric Poskin, dans la mesure où cette question lui tient à cœur.

Eric POSKIN

Nous avons créé une plate-forme de rencontres à Bruxelles, afin de nous interroger sur les enjeux des villes en réseau. Ces rencontres ont duré trois jours.

Poser la problématique de la ville en réseau revenait à s’interroger sur la vie en réseau. Les réseaux n’ont pas de sens en eux-mêmes : ils doivent avoir un contenu, une conscience et un sens. Ainsi, si nous voulons que la ville en réseau soit bâtie dans une perspective démocratique, nous ne devons pas écarter cette dimension du sens et de la conscience.

Nous nous sommes également interrogés sur le cadre de ce projet. Ce cadre doit être non-limitatif et dynamique. Par ailleurs, nous avons voulu clarifier les enjeux posés par les NTIC en termes d’individualisation. En facilitant l’accès au plus grand nombre à la vie démocratique, nous devons en effet éviter de nous cantonner à une simple juxtaposition des individus, où aucune interaction n’existerait.

Nous avions invité Jeremy Rifkin, qui a mené une réflexion particulièrement aboutie sur les enjeux sociétaux des NTIC. Monsieur Rifkin estime que nous passons d’une société de consommation de produits à une société de consommation de services. Pour contrer les effets pervers de ce passage, il faut revenir à une défense de la culture, ce dernier terme étant pris au sens large.

Nous nous sommes également interrogés sur la notion de droit. Jusqu’à aujourd'hui, la propriété était réputée comme étant inviolable. Cette notion était universellement répandue dans les sociétés démocratiques. Aujourd'hui, nous vivons dans une société où la propriété privée devient négociable. Par ailleurs, le recul de la sphère privée entraîne un changement évident dans la conception de la vie privé elle-même, qui devient également négociable.

En outre, nous souhaitons être attentifs aux préoccupations quotidiennes de chacun. Nous voulons donner aux citoyens une réelle liberté d’usage des sites culturels et publics. Ainsi, nous avons beaucoup réfléchi à l’attitude d’un acteur public qui décide de s’investir dans les NTIC. Surtout, nous avons tenté d’imaginer quelles conséquences les NTIC auraient à l’avenir.

André LOECHEL

Effectivement, ces trois journées ont remis la prospective au premier plan.

Gabrielle GAUTHEY

Par ailleurs, je crois que nous devons nous demander pourquoi certains espaces publics fonctionnent, alors que d’autres sont confrontés à de nombreuses difficultés. Il semblerait que les espaces publics organisés de manière verticale fonctionnent moins bien que les autres. La CDC tente de développer des espaces publics ouverts, neutres, s’inscrivant dans la durée.

Nous pouvons maintenant nous pencher sur la modélisation des villes, en nous interrogeant sur le contenu de ces initiatives et sur leurs usages dans les collectivités locales. Je laisse la parole à Monsieur Malgras.

Olaf MALGRAS

A l’occasion des manifestations liées au passage à l’an 2000, la ville de Rennes a souhaité construire une maquette numérique. La société à laquelle j’appartiens a proposé de modéliser la ville à partir des données fournies par l’IGN ou par des photographies satellitales. L’intérêt d’une telle logique est double : tout d’abord, la modélisation est extrêmement rapide. En effet, la modélisation 3D peut être réalisée en l’espace d’une journée. Par ailleurs, elle crée une image vraisemblable : les bâtiments sont à la bonne place, mais leurs façades ont été inventées en fonction de la date de construction du bâtiment et en ayant recours à des livres d’histoire.

Le logiciel auquel nous avons recours présente l’avantage de ne pas introduire de limites de territoire. Ainsi, la modélisation réalisée sur une ville peut parfaitement être étendue à un département ou à une région.

Se pose ensuite la question de l’utilisation de ces maquettes. Pour Rennes, 35 000 personnes se sont promenées virtuellement dans leur ville en cherchant leur maison. Les élus ont ainsi exprimé la volonté de s’approprier le territoire : chaque habitant de Rennes devait pouvoir se retrouver dans cette maquette, en allant chercher son quartier et sa maison. Cette expérience a été passionnante, et a conduit les services de la ville à disposer d’un outil commun de communication entre eux.

En général, personne ne sait lire une carte. Grâce à la modélisation d’une ville, nous disposons d’images où il est particulièrement facile de se repérer. Ainsi, le repérage dans l’espace constitue la première utilisation de la modélisation des territoires.

Une photo aérienne n’est pas manipulable. La modélisation permet au contraire de manipuler le territoire et de détenir un réel recul par rapport à la réalité. En ce sens, il devient possible d’y insérer des projets, dans la mesure où nous détenons d’une vue globale du territoire. Ainsi, la modélisation d’un espace permet de développer des actions de communications et de faciliter le repérage géographique.

Gabrielle GAUTHEY

Vous avez parlé de l’usage fait par les collectivités territoriales. Peut-on aller plus loin dans les relations avec les citoyens et les entreprises, en leur offrant les mêmes services ?

Olaf MALGRAS

Technologiquement parlant, nous ne pouvons pas insérer ces modélisations sur Internet. Par exemple, la modélisation d’un département « pèse » un demi terra octet.

Aujourd'hui, la maquette est disponible dans un centre d’information. Rien ne s’oppose à son découpage, et à rendre chaque morceau accessible dans différents quartiers. 50 % des données que nous utilisons sont fournies par l’IGN. Les autres sont livrées par la collectivité.

Aujourd'hui, nous menons une réflexion avec les collectivités locales de Bretagne : les données sont publiques, mais la technologie est privée. Par exemple, la ville de Rennes ne dispose pas des moyens technologiques lui permettant d’abriter sa propre base. Des lieux d’hébergement sont donc encore à inventer, où le caractère public des données et la dimension privée de la technologie seraient garantis.

André LOECHEL

La question des usages est absolument fondamentale. Par exemple, la modélisation de la ville de Bobigny a permis de se rendre compte de certains aspects particulièrement simples, ce qui aurait cependant été impossible sans l’utilisation de ces outils.

A Bologne, des universitaires et des conservateurs de musées se sont regroupés dans un projet où la ville est perçue comme un musée. L’utilisateur peut se promener dans la ville à une époque qu’il aura choisie. Les usages de ce système sont quasiment illimités.

Olaf MALGRAS

Nous avons mené le même projet pour la ville de Rennes.

Par ailleurs, je tiens à signaler que nous devons progressivement envisager un territoire dans son ensemble. Autrement dit, nous ne pouvons plus réfléchir de manière locale.

André LOECHEL

Si cet outil est mis à disposition des habitants, il est possible ensuite de recueillir leur opinion. En effet, nous leur donnons ainsi les éléments de réflexion nécessaires, et ils peuvent s’investir plus profondément dans la vie publique.

Je laisse maintenant la parole à Jacques-François Marchandise.

Jacques-François MARCHANDISE

Les projets évoqués aujourd'hui sont pour la plupart particulièrement ambitieux. Ils se déploient sur plusieurs années, et sont caractérisés souvent par une vision prospective de la vie de demain. Autrement dit, nous imaginons le monde dans lequel nous voulons vivre. Pour ma part, j’ai tendance à penser que le réseau est avant tout constitué par ses acteurs.

Nous pouvons envisager la société de l’information et la société du réseau de deux manières. Nous pouvons tout d’abord nous contenter de déployer des infrastructures, en considérant que les utilisateurs subiront ce déploiement. Mais nous pouvons également adopter une logique participative où chaque utilisateur est considéré comme un acteur. Nous utilisons des outils accessibles à tous, afin d’élargir le plus possible la concertation.

A mon avis les problèmes technologiques ou financiers sont secondaires. La principale difficulté réside dans l’usage. Autrement dit, nous devrons de plus en plus partir des questions qui concernent les usagers et le citoyen.

Nous devons donc nous appuyer sur la demande, tout en prenant compte la rapidité de l’évolution technologique. En effet, l’Internet de demain n’aura rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd'hui. Cependant, nous devrons assurer une certaine continuité technologique.

Les usages, quels qu’ils soient, sont pour la plupart réalisés dans la continuité. Par exemple, nous nous posons de plus ne plus la question de l’accès aux données relatives à la santé publique. En effet, certains territoires, comme la Corse, ne bénéficient pas d’un accès facile à ces données. Ils se doivent donc de se doter d’un système d’informations le plus modulé et le plus atomisé possible permettant de répondre à ce défi.

La FING tente de dépasser le niveau de l’infrastructure dans ses réflexions à propos de la mise en réseau. Nous réalisons actuellement un état des lieux des interrogations et des angoisses des territoires face à l’Internet de demain. Nous réalisons cette tâche aujourd'hui pour pouvoir à l’avenir poser de nouvelles questions et surtout stimuler la mise en place de projets expérimentaux.

André LOECHEL

Nous allons maintenant nous intéresser à la situation en Ile-de-France.

Barthélemy MARTINON

Nous allons effectivement tenter de dresser un tableau du territoire francilien, à travers la présentation des acteurs et des initiatives développées.

Vincent Gollain va maintenant nous présenter les entreprises du multimédia et de l’Internet en Ile-de-France.

Vincent GOLLAIN

Je vous présenterai les résultats d’une enquête réalisée auprès des entreprises développant des activités liées au multimédia et à l’Internet en Ile-de-France.

Malheureusement, nous ne disposions pas de codes statistiques pour ces entreprises. Nous sommes donc partis de la nature de leur activité, à savoir le multimédia et l’Internet. Nous avons défini 18 produits et services proposés par ces entreprises en région Ile-de-France. Ces activités peuvent être centrées autour de la création de CD Roms ou de jeux vidéos, de la production de bornes interactives… Nous n’avons par contre pas retenu les entreprises dont l’activité était axée sur le e-commerce.

Nous avons ainsi recensé 2 150 entreprises. Les trois quarts sont situées à Paris, qui semble leur offrir le meilleur environnement. 19 % des sociétés sont installées dans les Hauts-de-Seine.

Paris est privilégiée car cette ville est parfaitement desservie par les transports en commun et est donc très accessible. Il est important pour ces sociétés de rester proches de leurs clients et des investisseurs. En outre, ces entreprises emploient essentiellement des jeunes, et la localisation intra muros constitue parfois un avantage déterminant pour attirer les salariés.

Si Paris concentre la majorité des entreprises, les communes de banlieue limitrophes sont également privilégiées. Plus la distance avec Paris est grande, moins le nombre d’entreprises dont les activités sont liées au multimédia et à l’Internet sont nombreuses.

En outre, ces entreprises sont particulièrement mobiles. Deux entreprises sur trois ont déménagé au moins une fois au cours des cinq dernières années. Cette forte mobilité s’explique essentiellement par le fait que ces sociétés grandissent rapidement.

L’Ile-de-France bénéficie d’une position concurrentielle évidente. Les chefs d’entreprise estiment d’ailleurs que cette localisation facilite grandement le développement économique de leurs sociétés. Mais ils reconnaissent néanmoins que l’Ile-de-France ne constitue pas encore un pôle mondial dans le domaine de l’Internet. Les Etats-Unis demeurent par ailleurs perçus comme le principal concurrent des entreprises françaises. Les chefs d’entreprise estiment toujours que New York et la Silicon Valley représentent les principaux foyers de concurrence pour leurs activités.

En Europe, Londres est perçue comme le principal adversaire pour les sociétés localisées en Ile-de-France. Tête de pont pour les sociétés américaines, cette ville a connu une forte croissance de ses activités liées à l’Internet.

Enfin, les chefs d’entreprise estiment que l’avenir des sociétés du multimédia et de l’Internet est particulièrement bon en Ile-de-France. Ils demandent cependant aux pouvoirs publics de les aider afin de consolider leur position.

Gabrielle GAUTHEY

Je passe la parole à Eric Legale, qui va nous présenter l’expérience menée par la municipalité d’Issy-les-Moulineaux.

Eric LEGALE

Seulement 53 000 personnes habitent à Issy-les-Moulineaux. Mais cette commune fait partie du club très fermé des villes ayant d’avantage d’emplois que d’habitants. Par ailleurs, nous bénéficions d’une forte implantation d’entreprises dont l’activité est liée aux NTIC.

L’expérience d’Issy-les-Moulineaux en matière de NTIC a été lancée en 1996. Depuis, nous avons essayé de mettre en place des équipements et des services à destination de la population. Nous disposons donc aujourd'hui d’un recul suffisant pour identifier les problèmes rencontrés.

Internet est évidemment le cœur de notre stratégie, dans la mesure où il représente l’endroit où toutes les informations relatives à Issy-les-Moulineaux sont disponibles. Le site de la ville d’Issy-les-Moulineaux a été visité par 200 000 personnes en l’espace d’une année. Cela peut sembler peu par rapport à la fréquentation d’autres sites, mais ce chiffre est très satisfaisant si nous le comparons à la taille de la population.

Depuis 1998, la ville d’Issy-les-Moulineaux est irriguée par plusieurs boucles locales optiques. Nous bénéficions ainsi du haut débit, ce qui constitue un facteur clé permettant de convaincre les entreprises de venir s’installer sur notre territoire. Depuis 1999, grâce à l’ADSL, les PME et les particuliers peuvent également bénéficier du haut débit.

En tant que municipalité, nous devions proposer aux entreprises et aux habitants un contenu en adéquation avec les possibilités offertes par le haut débit. La WebTV locale a donc été conçue comme un outil multimédia, permettant de recueillir de l’information sous la forme de textes, de sons et d’images. Les prochaines années seront consacrées au développement de l’administration électronique. Nous souhaitons que tous les habitants puissent trouver sur notre site l’ensemble des services leur permettant d’effectuer toutes les démarches administratives.

Nous avons choisi d’externaliser notre service informatique, dans la mesure où nous ne pouvions plus assurer en interne le développement de ces services et la fonction de veille technologique. Par ailleurs, le recours à un prestataire privé nous permet de nous concentrer sur les services et leurs usages pour l’habitant.

Evidemment, nous avons dû créer de nouveaux services afin que l’appropriation des NTIC par les habitants soit effective. Par exemple, nous avons mis en place des visioconférences avec nos colonies de vacances. Les parents peuvent ainsi dialoguer avec leurs enfants, en les voyant. Par ailleurs, nous avons développé des « cybercrèches », afin de donner la possibilité aux parents de mieux comprendre les activités pédagogiques qui sont dispensées à leurs enfants. Nous sensibilisons les personnes âgées à l’utilisation de l’outil Internet. Enfin, je signale que nous nous intéressons à l’art numérique. Nous ouvrirons d’ailleurs un centre consacré à la culture et au multimédia au cours de l’été prochain.

Les trois quarts de la population d’Issy-les-Moulineaux ne disposent pas d’un accès à Internet à domicile. Nous voulons donc multiplier les lieux où la connexion au Web est possible. Nous souhaitons que l’accès à l’Internet soit situé dans les endroits où la population se rend naturellement : la médiathèque, le centre administratif, les ensembles commerciaux par exemple.

André LOECHEL

Monsieur Boyer, pouvez-vous nous donner un aperçu de vos projets pour l’Est parisien ?

Jean-Marie BOYER

L’intervention de Monsieur Legale montre parfaitement que nous sommes amenés à réfléchir sur les articulations ente les territoires lorsque nous mettons en place des politiques liées aux NTIC.

Marne-la-Vallée est une ville nouvelle où de nombreuses entreprises, dont Disney, se sont implantées. La municipalité remplit une fonction d’aménageur et de développeur du tissu économique et des relations sociales. Nous travaillons dans une logique de partenariat, tant avec les collectivités locales qu’avec le secteur privé.

Le volet économique

Nous nous sommes demandés si les entreprises liées aux NTIC avaient une approche du territoire et un fonctionnement différents par rapport aux entreprises dont les activités sont plus traditionnelles. Nous nous sommes rendus compte que les logiques n’étaient pas radicalement différentes. Par exemple, la facilité d’accès aux marchés, les relations avec les bassins de main d’œuvre constituent toujours des critères déterminants.

Nous nous sommes rendus compte que les entreprises du multimédia et de l’Internet développent des activités entraînant des implications sur le territoire. Nous abordons donc cette question en observant les activités de ces compagnies et en accompagnant les initiatives prises dans la société civile. Nous tentons de créer des dynamiques autour de ces deux aspects.

En effet, nous souhaitons adopter des solutions très souples. Les NTIC sont des technologies partagées, qui concernent tout le monde. Nous devons donc partir des nombreuses initiatives prises pour créer des dynamiques.

Le volet économique de notre politique réside dans la mise en place de réseaux capables d’offrir une excellente capacité d’accès à Internet. En outre, nous envisageons de développer un pôle consacré à l’industrie de l’image, étant donné que Disney va construire un parc d’attractions dédié au cinéma.

Par ailleurs, l’INA est présente sur le territoire de notre commune. Nous bénéficions d’un fort potentiel de recherche avec l’école Louis Lumière qui forme des techniciens de l’audiovisuel. D’autres lieux de formation se sont également installés dans notre technopôle.

Ces multiples activités donnent un patchwork que nous essayons de dynamiser, en développant les contacts entre les acteurs. A travers l’organisation de carrefours et de rencontres, nous atteignons cet objectif.

Dans le domaine de l’industrie, nous réfléchissons à la mutation de l’imprimerie. Ce secteur d’activité a connu une forte mutation, et nous essayons de voir quelles sont les formations que nous pouvons attirer dans notre environnement économique.

Autrement dit, dans le domaine des NTIC, nous voulons identifier clairement la nature de notre tissu économique afin de le faire fructifier. Nous lui donnons ainsi la possibilité d’entrer en contact avec d’autres pôles.

La société civile

Des initiatives existent également dans ce domaine. Par exemple, France Télécom a décidé d’installer l’ADSL dans les lycées de Noisy-le-Grand, afin de faciliter l’initiation des jeunes à Internet. Nous devons nous y intéresser, dans la mesure où la population de ces établissements scolaires sera parfaitement sensibilisée aux NTIC.

Par ailleurs, les radiologues de plusieurs villes se sont mis d’accord pour réaliser des diagnostics partagés grâce à Internet. Nous leur avons apporté notre soutien lorsqu’ils ont sollicité une aide auprès de la région. Enfin, une télévision locale a été créée. Elle a passé un accord avec un câble-opérateur, et cette télévision fonctionne particulièrement bien.

Ainsi, nous développons une stratégie d’accompagnement en nouant des partenariats lorsque le besoin se fait sentir. Nous nous appuyons sur des émergences.

Nous sommes tous persuadés que les NTIC trouveront un nombre croissant d’applications sophistiquées et efficaces. Les acteurs locaux doivent donc créer le réceptacle permettant ce développement.

Gabrielle GAUTHEY

Nous allons poursuivre notre panorama de l’Est parisien avec l’intervention de Monsieur Martinon.

Barthélemy MARTINON

La municipalité de Montreuil est partie prenante de l’axe Est, qui part de Paris intra muros et qui s’achève à Marne-la-Vallée.

Près de 300 entreprises dont l’activité est liée aux NTIC sont présentes sur le territoire de Montreuil. Nous avons identifié deux dominantes : 40 % de ces sociétés développent une activité en rapport avec l’animation, et il existe une forte proportion d’entreprises appartenant à la chaîne graphique.

Je brosserai un rapide tableau du Nord et de l’Est parisien. Autour de la Cité des Sciences de La Villette, quelques gros acteurs du multimédia se sont installés. Hachette Multimédia en est de toute évidence le meilleur exemple. Par ailleurs, de nombreux équipements installés dans le Nord de Paris ont un poids culturel et économique fort. Ils contribuent à la création d’une dynamique et d’une image de marque.

Au-delà du périphérique, la Plaine Commune, qui regroupe cinq agglomérations, tente de faire émerger un axe de développement en rapport avec la production d’images. Une charte a été signée, et des opérations se préparent. En effet, il existe une forte concentration de prestations techniques nécessaires à la production audiovisuelle, permettant une cristallisation des activités audiovisuelles particulièrement significative. De nombreux prestataires et des créatifs viennent travailler dans ce secteur, sans pour autant y habiter.

Au-delà du Stade de France, les studios Eclair, basés à Epinay, contribuent à la création d’une dynamique autour des activités liées au cinéma. Par ailleurs, le projet d’exposition internationale consacrée à l’image, prévue pour 2004, permettrait de créer des infrastructures exploitables notamment pour les professionnels de l’image. Cet axe Nord se prolonge jusqu’à l’aéroport de Roissy.

Il existe une volonté de la part des collectivités locales et du département de mettre l’accent sur ce type d’industrie en profitant des dynamiques existantes. L’exposition de 2004 et les Jeux Olympiques de 2008 représenteraient d’excellentes opportunités permettant d’accélérer ce processus et de dynamiser le territoire.

Je crois que nous ne devons pas réfléchir en termes de concurrence entre le Nord et l’Est parisien. Au contraire, nous devons nous appuyer sur des zones identifiées – Saint-Denis, Marne-la-Valllée par exemple – pour créer d’excellentes conditions d’accueil pour les entreprises. Nous attirerons ainsi de nouvelles sociétés et nous contribuerons à l’appropriation par des entreprises plus classiques des outils Internet.

Il existe trois systèmes de production localisés. Ils sont basés à Montreuil, à la Plaine-Saint-Denis et à l’intérieur de Paris. Ces systèmes rassemblent des entreprises appartenant au même secteur d’activité. Ces sociétés voient parfaitement leur intérêt à travailler ensemble et à développer des outils communs. Nous devons nous mettre de leur côté afin de développer des dispositifs pertinents. Autrement dit, nous devons réfléchir collectivement, de manière à répondre précisément à leurs besoins.

André LOECHEL

Je crois qu’il ne peut pas exister de pôles pertinents sans un accompagnement d’une mise en réseau. Je crois que Monsieur Corbineau sera d’accord avec ce point de vue, n’est-ce pas ?

Bernard CORBINEAU

Effectivement, la mise en réseau s’avère être une nécessité absolue.

Les acteurs de l’Est et du Nord parisiens ont analysé les potentialités de leur territoire en termes d’industries de contenus et d’industries de l’image. Rapidement, nous nous sommes rendus compte que ces territoires bénéficiaient d’une véritable identité, tant au niveau culturel qu’au niveau des segments de métiers. D’un autre côté, nous devons encore définir les frontières de ces territoires. Nous devons maintenant identifier les synergies que nous pouvons développer entre eux.

Dans le même temps, nous devons prendre en compte des réalités diverses. Nous sommes donc pris entre une nécessité de s’ouvrir à l’extérieur tout en conservant nos identités spécifiques.

Par ailleurs, nous nous sommes rendus compte que nous ne devions pas seulement développer des actions dans le Nord et l’Est parisiens. Des coopérations doivent être développées avec d’autres pôles et d’autres territoires où l’image détient une place importante.

Nous avons voulu développer des stratégies alliant à la fois coopération et compétition. Nous réfléchissons donc aujourd'hui à la mise en place d’actions à géométrie variable, permettant de répondre aux besoins qui s’expriment.

Par ailleurs, nous avons tenté de déterminer quelles trajectoires nous devions emprunter. Par exemple, nous avons vu que l’Est parisien avait besoin de compétences en termes de management de l’intégration des NTIC dans les métiers de l’imprimerie et de l’édition. Nous avons donc créé un DESS afin de répondre à ces attentes.

Le rapport entre les collectivités locales et le secteur privé doit être pris en compte. Nous devons nous intéresser aux articulations entre ces deux catégories d’acteurs.

Gabrielle GAUTHEY

A travers une action en faveur de la numérisation des territoires, la CDC s’est intéressée au maillage des territoires. La Caisse des dépôts envisage les territoires à travers la notion de réseaux, organisés autour des cyberbases.

Ces cyberbases sont perçues comme des centres de vie, notamment dans les petites et les moyennes villes. Ils peuvent être perçus comme le cœur d’une fleur autour de laquelle s’organisent des pétales. Les Communautés de communes et les réseaux d’écoles constituent par exemple ces pétales.

Les cyberbases développent des activités et des portails quotidiennement actualisés, qui renvoient à la vie locale. Le maillage des territoires représente donc un concept particulièrement fort, même s’il est parfois difficile à cerner.

André LOECHEL

Monsieur Magnian va maintenant nous présenter l’expérience qui a été conduite à Angoulême.

André MAGNIAN

40 entreprises développent une activité en rapport avec les NTIC à Angoulême. Cette activité génère 800 emplois directs à temps plein, auxquels il faut ajouter environ 400 intermittents du spectacle.

Nous bénéficions de la présence d’entreprises produisant des dessins animés en 2D et en 3D. Par ailleurs, des sociétés de jeux vidéo en ligne sont également présentes à Angoulême. Enfin, le secteur de la simulation en temps réel et de l’image industrielle est également représentés.

En 1997, le constat était simple. Les industries du secteur de la défense déclinaient, et nous devions absolument trouver des solutions pour amorcer la reconversion économique d’Angoulême.

Nous bénéficiions de la présence du CNBDI et du festival de la bande dessinée. Par ailleurs, Angoulême était marquée par une longue tradition d’activités à la papeterie. Nous avons décidé de partir de ces pôles pour développer des formations. Nous avons créé cinq écoles orientées vers les activités liées à l’image. Par ailleurs, nous apportons désormais une aide aux entreprises qui conçoivent des pilotes de dessins animés. Ces entreprises arrivent désormais à conquérir des marchés. Le dessin animé « Kirikou et la sorcière » en est la meilleure preuve. La ville d’Angoulême a en effet accordé une aide importante pour accompagner les studios ayant réalisé ce film d’animation. A terme, nous espérons que notre pôle pourra employer entre 1 500 et 1 800 personnes.

La moitié des entreprises qui décident de s’installer à Angoulême sont originaires d’Ile-de-France. Leurs dirigeants regrettent que la région Ile-de-France n’accorde pas assez d’efforts à l’industrie de l’image, en particulier au niveau de la communication. Je suis persuadé que la capitale doit développer une politique ambitieuse autour de ce secteur, en accordant un effort tout particulier à la communication : l’Ile-de-France doit parler à ses entreprises et parler au monde. Par ailleurs, Paris souffre de fortes carences en termes de formation. Là aussi, la région Ile-de-France devrait accorder un effort important.

En outre, je suis persuadé que nous pouvons développer un pôle français de l’image où la capitale jouerait un rôle majeur. En outre, je tiens à rappeler nous souffrons d’une extrême faiblesse dans le domaine du jeu vidéo. En ce sens, une vraie stratégie reste encore à inventer.

Gabrielle GAUTHEY

L’expérience d’Angoulême montre qu’il existe des pôles de compétences en province même si la concentration est forte en Ile-de-France

André MAGNIAN

De toute façon, nous n’avions pas le choix. Le chômage était particulièrement élevé et les industries de la défense étaient moribondes. La reconversion vers des activités porteuses apparaissait comme une nécessité.

Malheureusement, nos moyens demeurent limités. Les autres pôles dédiés à l’image en province souffrent généralement des mêmes problèmes. Dans ce domaine, l’Ile-de-France fait encore figure de région nantie.

Par ailleurs, je tiens à signaler que de nombreux employés partent travailler aux Etats-Unis dans des sociétés de jeux vidéos ou dans des entreprises dont l’activité est axée autour de l’image. Dans ce domaine également, nous devons relever le défi en essayant de garder en France les compétences hexagonales.

Eric LEGALE

Je tiens à rappeler que nous ne sommes pas tous des nantis en Ile-de-France. Issy-les-Moulineaux a connu les mêmes difficultés qu’Angoulême. Cette ville bénéficiait d’une mauvaise image et ne jouissait pas d’un climat économique favorable. Nous avons dû nous battre, au même titre que les régions du Nord et de l’Est de l’Ile-de-France.

Il est vrai que Paris ne bénéficie pas d’une politique spécifique consacrée au secteur des NTIC. En ce sens, il est juste de dire que nous n’existons pas pour le reste du monde.

Issy-les-Moulineaux a pu se développer en profitant du déplacement des entreprises vers le centre de Paris. Nous avons pu les attirer en adoptant une politique dynamique, mais nous n’avons pas du tout bénéficié d’une aide de la part de la région Ile-de-France, cette dernière n’ayant tout simplement pas développé d’actions spécifiques pour les NTIC. Il n’y a eu aucune planification. En outre, nous avons dû nous-mêmes développer nos pôles de formation.

Barthélemy MARTINON

Il est intéressant de se demander comment l’implantation de ce type d’entreprises bénéficie à la ville et aux habitants.

Par ailleurs, je tiens à signaler que les villes de la banlieue Nord éprouvent des difficultés à attirer des entreprises, dans la mesure où elles ne bénéficient pas d’une excellente image. Nous avons décidé d’axer notre effort sur l’offre immobilière et sur les infrastructures de télécommunication. En effet, si ces infrastructures sont insuffisantes, les entreprises innovantes peuvent être tentées de déménager. Nous avons donc décidé de développer des politiques volontaristes, afin de faire un maximum d’offres aux entreprises. Les habitants et les petites entreprises en bénéficient également.

En outre, nous devons réfléchir à l’offre de service, en s’inspirant des expériences d’Angoulême ou de Montréal par exemple. En effet, le développement de projets ne bénéficie toujours pas d’une réflexion globale menée à l’échelle de la région Ile-de-France, et certains équipements brillent encore par leur absence. Nous sommes clairement en retard par rapport à d’autres régions françaises.

Ces chantiers à mener supposent l’utilisation d’outils dont les retombées pourraient bénéficier à la population. Une initiative de la part des pouvoirs publics est nécessaire afin d’amorcer une réflexion sur l’utilisation et la récupération de ces outils par les habitants. Evidemment, nous devons faire en sorte que les professionnels se les approprient et les développent. Quoi qu’il en soit, je crois que les pouvoirs publics d’Ile-de-France ont pris conscience du défaut d’image de marque qui a été évoqué précédemment.

J’insisterai sur le facteur humain : les entreprises doivent pouvoir trouver les ressources humaines dont elles ont besoin. En ce sens, un réel effort au niveau de la formation doit être réalisé. Par ailleurs, un rapprochement entre les besoins des sociétés et les ressources des habitants doit également être effectué. Malheureusement, les gisements en ressources humaines ne correspondent pas toujours aux gisements d’emploi. En créant un environnement favorable, nous parviendrons à attirer les talents et à faire venir toutes les personnes qui ont choisi de partir travailler aux Etats-Unis.

André MAGNIAN

Je crois par ailleurs que nous devons travailler sur le contenu des projets, qui doit être excellent. Si nous développons des projets intéressants, nous attirerons des personnes compétentes. Je reste persuadé que les pouvoirs publics doivent provoquer des avantages concurrentiels permettant d’attirer les entreprises. Nous avons besoin de créer un différentiel compétitif, en agissant sur les contenus.

André LOECHEL

Je laisse Monsieur Martinon nous présenter le dispositif PRISM.

Barthélemy MARTINON

Ce projet est constitué d’un ensemble de propositions qui a été présenté aux tutelles des villes de la Seine-Saint-Denis. Aujourd'hui, une association de préfiguration et de promotion du pôle réseau « images-son-multimédia » a été fondé.

Nous voulons nous développer sur un secteur précis à travers une logique de travail en réseau. Je tiens à signaler que nous ne sommes pas dans une logique de concurrence avec les pôles situés en province. Au contraire, nous voulons adopter une logique de complémentarité.

Les fonds structurels européens et le contrat de plan état-région devraient être mis à contribution, afin de rattraper le retard de la région parisienne dont nous avons parlé. L’état, l’Europe et les collectivités locales ont décidé de soutenir ce projet.

Travailler en réseau permettra de bénéficier d’un territoire pilote ouvert aux personnes qui réfléchissent à la mise en place de dispositif permettant de travailler en partenariat. A ce titre, l’industrie des contenus présente l’avantage d’être flexible, et d’être ouverte à cette logique de partenariat. Cela se traduit par l’existence de nombreux réseaux de travail.

Autrement dit, nous voulons préfigurer l’avènement de la société en réseau. Evidemment, nous ne pourrons pas tout faire dans un même lieu. Nous voulons favoriser l’échange et la capitalisation des expériences, afin d’éviter que les mêmes erreurs ne soient pas répétées.

Une réelle volonté politique a été exprimée. Il ne nous reste plus qu’à travailler.

Vincent GOLLAIN

L’Ile-de-France éprouve des difficultés à être visible au niveau international, mais une agence régionale de développement a été créée afin de mettre en valeur et de faire connaître le potentiel francilien.

Gabrielle GAUTHEY

Il est vrai que l’Ile-de-France souffre d’un certain retard, mais de telles initiatives montrent que celui-ci est progressivement comblé.

Un développement efficace supposer la présence de plusieurs ingrédients :

Ce dernier point constitue un des principaux axes de travail de la CDC, dans la mesure où nous sommes persuadés que le développement d’un territoire suppose une excellente capacité de coopération entre tous les acteurs.

André LOECHEL

Je vous remercie d’avoir participé à cette table ronde. http://www.arenotech.org