Colloque ARENOTECH
Cité des Sciences et de l'Industre - mars 2001

Parité et égalité des chances

Table ronde 1 : Une réflexion prospective : le projet européen WEEST
Table ronde 2 : La femme et la net-économie, un chemin de croix pour les femmes.com?

Table ronde 3 : Femmes et études scientifiques : le grand espoir des filles

Les ateliers sont animés par Laura Garcia Vitoria et
André Jean-Marc LOECHEL, Cité des Sciences et de l’Industrie/ARENOTECH/AVN

Intervenants

Introduction par Laura Garcia Vitoria, Arenotech

Stéphanie Chaptal posait récemment, dans 01 Informatique, une question peu orthodoxe : « le Web a-t-il un sexe ? Elle s’en prenait notamment aux « charognards » qui « ont envahi le réseau » et entendent « faire baver » l’internaute féminine « sur des mannequins masculins à moitié nus » et tentent de récupérer « l’audience féminine qui refuse d’être prise pour des idiotes en chaleur ».

Les thèmes « femmes et technologies » ou « femmes de la net-économie » sont-ils bien sérieux ? C’est précisément pour faire tomber certains préjugés que nous avons décidé de participer au projet européen WEEST. L’horizon mental dans lequel s’inscrit notre action a depuis peu bien changé, au point d’inciter Hélène Truffaut à intituler un de ses articles, paru dans Le Monde Informatique, « Femmes, on vous aime ».

D’après une récente enquête de l’IFOP, 67 % des Français souhaitent voir une femme exercer les fonctions de maire de leur commune. Les Français souhaitent voir les femmes travailler, au niveau municipal, dans les domaines de l’éducation, de la vie culturelle, mais aussi de la création d’emplois et du développement économique.

Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises sont créées et gérées par les femmes : en Suède et au Danemark, 50 % des chefs d’entreprise sont des femmes. Il est vrai que les Françaises sont, à cet égard, moins bien loties : seuls 28 % des créateurs d’entreprises sont en France de sexe féminin.

Si l’on a pu affirmer que la net-économie imposait des règles de travail plus favorables aux femmes, ces dernières font face à des obstacles liées aux barrières technologiques et au financement de leurs projets. Laurence N’Kaoua s’est récemment demandé, dans Les Echos, s’il fallait voir là les raisons qui conduisent certaines ambassadrices de la net-économie à déserter leur poste. Dans Le Point, Valérie Pfeiffer estimait quant à elle qu’ « une mauvaise fée semble avoir jeté un sort sur les portails dédiés aux femmes ». Pour les femmes, les secteurs techniques restent donc à conquérir.

Texte intégral de Laura Garcia Vitoria

Résumés

Table ronde 1 : Une réflexion prospective : le projet européen WEEST

I. Présentation du site WEEST

Anne Maria BRUYAS

Je travaille pour la Citta della Scienza, actuellement en construction dans une zone industrielle en voie de restructuration, près de Naples. Si cette fondation peut être comparée à la Cité des Sciences et de l’Industrie, elle s’articule différemment. Au-delà d’un centre de culture scientifique, le Museo Vivo, la Citta della Scienza regroupera des activités d’ordre économique. Une pépinière d’entreprises sera ainsi mise en place pour stimuler la création d’entreprises dans les secteurs du multimédia et de l’industrie culturelle. Une structure sera par ailleurs en charge de formations professionnelles, tandis qu’un guichet d’information et d’orientation sera proposé aux jeunes. La Citta disposera d’un centre de congrès. Enfin, un pôle multimédia sera dans un deuxième temps mis en place ; il reprendra l’ensemble de ces fonctions de vulgarisation, d’éducation, de formation professionnelle et de création d’entreprises. L’ouverture de la première partie du site – le musée – est prévue à l’automne 2001.

WEEST signifie Women education and employment in science and technology. Il s’agit d’un projet qui vise, par le biais des nouvelles technologies, à stimuler la participation des femmes au secteur scientifique. WEEST est financé par la Commission européenne, dans le cadre du programme CONNECT de la DG Culture et Education.

WEEST consiste avant tout en un site Internet. L’objectif est de permettre à des institutions de différents pays, travaillant dans les domaines de la science, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’égalité des chances d’échanger leurs expériences et de les mettre à disposition de différents acteurs, et notamment des jeunes.

WEEST se décline en cinq parties. En termes de vulgarisation scientifique, le site propose une exposition relative à la contribution des femmes à l’histoire des sciences. Cette exposition est disponible sur le site en anglais, mais le texte peut être téléchargé dans d’autres langues.

Une seconde partie vise à stimuler le dialogue entre jeunes et femmes scientifiques. Elle propose des portraits de femmes scientifiques, débutantes ou plus expérimentées, travaillant dans différents secteurs. Des chats à thèmes sont par ailleurs organisés pour permettre à des élèves de différents pays de discuter avec des femmes scientifiques.

Une autre partie concerne l’éducation et la formation professionnelle. Elle vise à permettre aux enseignants d’échanger leurs expériences et leurs bonnes pratiques. Un catalogue présente les actions positives menées dans les écoles. Celles-ci peuvent par exemple consister en un travail sur les livres scolaires, visant à l’utilisation d’un langage respectant les différences entre les sexes. Elles se rapportent plus généralement à l’enseignement des sciences à l’école et à l’université et à la formation professionnelle, ainsi qu’à l’orientation des femmes vers le secteur scientifique.

Le site propose également un forum sur l’enseignement des sciences ; il permet aux professionnels d’échanger avis et expériences. Adela de la Rosa en est la modératrice. Nous essayons également, par l’intermédiaire de ce forum, de recueillir d’autres matériels : publications, supports pédagogiques, etc.

Le site proposera bientôt un portail à destination des jeunes se destinant à une carrière scientifique. Ce portail concernera aussi bien l’orientation vers des études scientifiques que la recherche d’emploi. Cette partie visera non seulement à diriger les jeunes vers d’autres sites, mais plus globalement à stimuler leur ouverture d’esprit : l’apprentissage des sciences et des techniques peut également passer par des voies différentes des filières traditionnelles.

Enfin, des fiches nationales sont proposées, pour les trois pays partenaires, c’est-à-dire l’Italie, l’Espagne et la France. Elles présentent des portraits de femmes scientifiques, des expériences positives, des adresses de référence et des liens. Une fiche européenne visera à guider les utilisateurs dans les méandres de la Commission. Le thème de l’égalité des chances est en effet, pour celle-ci, de nature transversale : plusieurs DG y travaillent.

Nous souhaitons collecter un maximum d’informations relatives aux actions menées en Europe : les exemples d’actions qui pourraient nous intéresser sont les bienvenus sur notre site. Ils peuvent y être directement présents ou apparaître sous la forme de liens.

II. Témoignages des partenaires du projet

Teresa ROJO

Le nombre de femmes entamant des carrières scientifiques est en progression, depuis quelques années. C’est notamment les cas dans la biologie et le secteur pharmaceutique. En revanche, les femmes sont encore peu présentes dans des domaines tels que l’ingénierie ou l’électronique. Les expériences dont font part les femmes scientifiques tendent à démontrer que l’environnement social et le travail domestique que l’on attend des femmes ont aujourd’hui encore un poids important. En Espagne, la recherche reste encore peu ouverte aux femmes, dans la mesure où ces carrières fonctionnent beaucoup par le biais de la cooptation.

Les chats ont représenté une expérience appréciable. On a pu constater que les femmes scientifiques n’avaient bien souvent jamais utilisé cet outil auparavant. Les chats ne sont pas faciles à mettre en place, d’un point de vue technique ; nous allons développer les systèmes de débats virtuels.

Begona PERNAS

Le projet WEEST recouvre les sciences et les technologies : ces deux domaines s’avèrent assez différents en termes de parité. Celle-ci est aujourd’hui presque atteinte dans les métiers scientifiques. C’est moins le cas dans les carrières technologiques. Dans le secteur informatique, les femmes représentent aujourd’hui près de 30 %.

Dans le domaine scientifique, les obstacles auxquels font face les femmes sont le manque de références et surtout les difficultés d’entrée dans ce secteur. Les carrières scientifiques peuvent effrayer. On imagine, à tort, qu’elles correspondent à une vie solitaire et qu’elles nécessitent des sacrifices. Surtout, le fonctionnement par cooptation de ce secteur constitue un obstacle majeur.

Si les femmes scientifiques sont aujourd’hui nombreuses en Espagne, peu d’entre elles occupent des postes de direction. Par ailleurs, en termes de formation, on observe en Espagne que les femmes se dirigent avant tout vers des études littéraires ou les secteurs de la santé, de l’administration ou du commerce. En revanche, les hommes se dirigent vers des secteurs correspondant à une qualification souvent moindre mais offrant de plus nombreuses opportunités en termes d’emplois et de salaires.

Adela DE LA ROSA

Intervention en italien de 5 à 10 minutes.

Laurent GARRAU

L’implication du CNDIFF dans le projet WEEST a été essentiellement relative aux questions liées à l’emploi. La moitié de nos centres, en France, travaille sur ces aspects et notre public est principalement féminin. Nous avons développé des sessions d’élargissement des choix professionnels, partant du constat que dans les champs scientifiques et technologiques, la présence féminine se concentre grosso modo dans six des 31 filières existantes.

Le site WEEST est très pertinent car il balaie l’ensemble des informations nécessaires à l’orientation, tant en termes d’éducation et de formation initiale que de formation continue.

Nous avons été récemment contactés par l’Union des industries minières et métallurgiques pour réfléchir à la manière d’inciter les femmes à se diriger vers ce secteur. La même problématique est rencontrée dans le cadre de WEEST, dans les champs scientifiques et technologiques, au sens large. Surtout, il ne s’agit pas d’inciter les femmes à se diriger vers de tels métiers pour qu’elles soient ensuite les premières à être licenciées lorsque la conjoncture se dégrade. Il nous faut donc travailler avec les acteurs pour faire évoluer les mentalités : les changements induits par l’arrivée des femmes dans un secteur doivent permettre de pérenniser leur présence.

Dans l’un des portraits disponibles sur le site WEEST, une scientifique française dit implicitement que si elle a pu mener sa carrière, c’est qu’elle a pu l’insérer dans une logique de discrimination positive. Je pense que la création de dispositifs particuliers visant à amener les femmes vers les filières scientifiques et technologiques risquerait de stigmatiser les intéressées, et donc de les marginaliser. L’utilisation de dispositifs de droit commun – WEEST s’inscrit dans cette logique – me semble plus à même de conduire à de bons résultats et de les pérenniser.

Valérie FOGARTY

Je travaille à la Cité des Sciences, et plus précisément à la Cité des Métiers, dont la vocation concerne l’orientation, la formation professionnelle, la création d’activités et la recherche d’emploi. Je travaille notamment sur une opération intitulée Université ouverte de la société de l’information et des réseaux. Celle-ci vise à sensibiliser et à informer le grand public, sans distinction de sexe ni de catégories socioprofessionnelles, sur l’arrivée des nouvelles technologies dans les métiers. Nous n’avons pas encore établi de distinction sur l’utilisation des nouvelles technologies par les femmes. On observe cependant que les métiers de services connaissent une évolution des profils vers une autonomie et une créativité accrues. Certains métiers sont plus touchés que d’autres par les nouvelles technologies, et la situation professionnelle des femmes va connaître dans les prochaines années des évolutions importantes.

André Jean-Marc LOECHEL

L’Arenotech a récemment examiné le dossier de la parité au travers des élections municipales, en France. 47 % des responsables municipaux sont aujourd’hui des femmes. Les villes de plus de 15 000 habitants sont les plus concernées par le phénomène. Le sondage de l’IFOP qui a été évoqué s’avère surprenant : les Français souhaitent voir les femmes exercer des fonctions municipales dans les domaines de l’emploi et du développement économique. Il s’agit là d’une évolution fondamentale.

Table ronde 2 : La femme et la net-économie, un chemin de croix pour les femmes.com ?

Maria del Carmen MATEOS GIL

Hablaré de mis encuentros y desencuentros a lo largo de mi vida profesional con las nuevas tecnologías. Soy una de las primeras mujeres de Ibercaja y además llegué allí cuando justo acababa de nacer el departamento de Informática. Ibercaja fue pionera en el campo de las nuevas tecnologías en en España. Estas formaban parte de mi entorno cotidiano aunque no las hubiera creado yo misma ni que pudiera aportar algo en ellas. Fue entoncés cuando cambié de puesto y empezé a trabajar en el departamento de recursos humanos. Allí utilizé las nuevas tecnologías. Fue une experiencia interesante, pero además del trabajo que supuso el proyecto, hubo que vencer muchas dificultades culturales. Luego, para la formación, hicimos cursos con simulación de ordenadores y en aquella época, esto fue une verdadera revolución. Todo esto costó mucho trabajo, esfuerzo y tiempo. Sin embargo fue un primer paso en la construcción de un edificio.

Como mujer, este trabajo no me ha constado más que a los demás. Lo que más cuesta es convencerse de que las mujeres estan a la misma altura que los demás para llevar a cabo este tipo de proyectos. Ahora dirijo un centro de formación de empresarios de Ibercaja pero no me encuentro con dificultades como mujer. Se me admite perfectamente. Quiza fuera dificil en un principio, pero me empeñé y obtuve reconocimiento.

Elisabeth CHAMOUTIN

Je suis journaliste de formation et directrice des éditions électroniques d’Investir. Ce n’est pas de cela dont je souhaite vous parler, mais du site Internénettes. L’idée de créer ce site remonte aux années 1990. Nous étions alors une bande de copines travaillant dans le domaine des nouvelles technologies et partageant un goût pour les plaisirs épicuriens. Nous avons eu envie de créer un site qui nous ressemble. L’AFNIC ne nous permettant de déposer le nom internenettes.fr qu’à la condition que nous disposions de la personnalité morale, nous avons créé une association.

Les Internénettes sont des patronnes de start-up, des cadres dirigeantes travaillant dans le domaine des nouvelles technologies, des journalistes spécialisées, des juristes spécialisées, des chercheuses, etc. On trouve également parmi nous des webmestres, une ingénieur systèmes et même une œnologue, en charge de notre rubrique « boire ».

Notre contenu se veut original : nous nous situons à contre-courant des journaux féminins. Le site Internénettes ne propose pas de rubriques consacrées à la beauté, à la santé, à la mode, aux enfants, aux horoscopes ou à la sexualité. Son ton est satirique. Il reflète un féminisme modéré : il ne s’agit pas de s’opposer aux hommes. Nous organisons des débats, par exemple sur la parité. Au-delà, nous proposons des rubriques « rire », « boire », « manger », « savoir » et « femmes ». Cette dernière est assez factuelle.

Le Comité de rédaction est constitué de cinq personnes. Chacune est en charge de deux ou trois rubriques. Le site, conçu en 1996 et lancé en 1997, a rencontré un succès inattendu. La presse en a beaucoup parlé et les connexions se sont avérées très nombreuses, notamment en provenance du Canada. Nous avons peu à peu évolué vers un concept de site féminin francophone. Celui-ci semble combler un manque auquel les magazines féminins traditionnels ne répondent pas.

Le nombre de visites est toujours plus élevé durant le mois de mars, en raison de la Journée de la femme. Nous avons enregistré 35 000 connexions en mars 2000. 80 à 100 000 pages sont vues chaque mois. Ces chiffres sont d’autant plus satisfaisants que nous ne faisons pas de publicité.

Nous avons récemment obtenu du Ministère des Droits des femmes une subvention de 20 000 francs. Celle-ci nous a permis de recourir à une graphiste pour refaire totalement le site. Au-delà, nous cherchons à mettre en place des partenariats. Nous souhaitons d’autant plus évoluer que nous avons fait face à la concurrence des sites dits féminins, tels que aufeminin.com, qui reprennent les poncifs de la presse féminine et disposent de moyens financiers beaucoup plus conséquents que les nôtres. Notre site comptera bientôt une rubrique « découvrir », consacrée aux voyages, une newsletter, une rubrique « actualités » et un moteur de recherche.

Anne KERLOC’H

Le magazine Futur(e)s a pour objet d’analyser la révolution technologique en cours et les changements sociaux qu’elle peut induire. La place des femmes dans la société est naturellement au cœur de nos réflexions.

Nous avons réalisé une enquête, en interrogeant 300 cadres supérieurs de la net-économie en France, en Suisse et en Belgique. Les résultats s’avèrent très étonnants. Si les femmes sont encore très peu présentes dans la nouvelle économie, notamment en ce qui concerne les postes de direction, les témoignages recueillis allaient dans le sens d’une égalité renforcée et de rapports entre hommes et femmes connaissant une évolution considérable. En France, la question des horaires semble toutefois cruciale : à peine 6 % des femmes considèrent qu’il leur est plus facile de concilier travail et vie familiale dans la nouvelle économie que dans l’ancienne. En revanche, 39 % des Belges et 41 % des Suisses sont d’un avis inverse.

Si l’irruption des femmes dans le salariat est relativement récente, le travail féminin ne l’est pas. A mon sens, les femmes manquent surtout de réseaux de sociabilité, dont les hommes bénéficient depuis des siècles. Longtemps confinées à la sphère privée, les femmes n’ont pu construire ces réseaux, pourtant déterminants en termes de carrières. Des cercles de réflexion de femmes se mettent aujourd’hui en place et fonctionnent comme des clubs d’échanges d’idées.

Bénédicte BERNER

L’Institut européen de la Communication travaille essentiellement sur le rôle des médias dans l’intégration européenne, sur la politique européenne des média et sur la démocratisation des média dans les pays d’Europe centrale et orientale.

C’est toutefois le cas de la Suède que je souhaite aujourd’hui aborder. Ce pays a mené une politique assez dynamique dans le domaine de la parité.

Depuis plusieurs années, les internautes suédois sont majoritairement des Suédoises. Une étude récente de l’Université de Linköping a par ailleurs montré que les jeunes femmes, de 15 à 25 ans, étaient les plus grandes utilisatrices des services de l’Internet par le biais de téléphones portables.

Cette utilisation de l’Internet a conduit à la création de réseaux de contact. Au-delà de sites féminins qui se détachent rarement du modèle de la presse féminine, des portails féminins ont permis d’établir de tels réseaux, essentiels pour l’information sur les droits de la femme, et pour des actions de solidarité nationale et internationale dont la femme est le principal acteur. On parle aujourd’hui en Suède d’un véritable cyberféminisme : Internet a permis de créer une nouvelle conscience féministe.

Tous secteurs confondus, les Suédoises sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à créer leur propre entreprise. Plus de 40 % des petites entreprises suédoises sont gérées par des femmes. Par ailleurs, les études montrent que les femmes utilisent autant que les hommes l’informatique dans la gestion de ces sociétés. Elles estiment, autant que leurs homologues masculins, qu’il s’agit d’un élément essentiel à la croissance de leurs entreprises et elles investissent autant qu’eux dans des matériels performants.

Dans la net-économie, les entreprises ont souhaité répondre à la demande en créant des sites destinés aux femmes. Elles ont pour ce faire embauché plus de femmes que d’hommes, jugeant que les premières étaient les mieux à même de répondre à cette demande. Plus globalement, les entreprises de la net-économie ont fait face à de tels besoins en termes d’embauches qu’il leur était impossible de recruter de manière discriminatoire. Les femmes ont ainsi largement pu percer dans le domaine de l’informatique.

Les cas de quelques femmes dirigeant des entreprises des nouvelles technologies ont été très médiatisés, ce qui a contribué à montrer que ce secteur n’était pas réservé aux hommes. Toutefois, la parité est encore loin d’être atteinte, en Suède, en ce qui concerne les postes de direction dans la net-économie : ainsi, à peine 6 % des postes de direction des sociétés de technologies de l’information cotées en bourse sont occupés par des femmes.

Par ailleurs, de nombreux efforts ont été entrepris en termes d’éducation et de formation aux nouvelles technologies. La parité avait été atteinte, depuis plusieurs années, dans les filières universitaires scientifiques et informatiques. Ce n’est malheureusement plus le cas, sans que l’on soit en mesure d’expliquer ce phénomène. C’est pourquoi de nouveaux efforts sont entrepris, notamment en termes d’information, pour encourager les femmes à se diriger vers ces filières.

En Europe centrale et orientale, la parité est encore loin d’occuper une place importante dans le débat public. Il s’agit d’abord et surtout, dans ces sociétés, de savoir en quoi Internet peut contribuer à leur développement démocratique. Internet constitue un élément vital, dans ces pays, à la vie des ONG. Enfin, Internet représente une possibilité de passer outre la censure.

Yseulys COSTES

Je suis PDG de MilleMercis, start-up créée en février dernier. Elle propose la réalisation de listes de cadeaux. Nous sommes aujourd’hui le 104e site français. Notre politique de communication est assez atypique : nous travaillons essentiellement sur le marketing viral. Les effets de réseaux et de communautés représentent quelque chose d’important tant dans notre travail que dans la façon dont l’Entreprise s’est créée. C’est en 1995, alors que je suivais des cours de MBA aux Etats-Unis, que j’ai découvert Internet. De retour en France, j’ai ensuite effectué l’ensemble de mes travaux de recherche sur Internet. Ceci m’a permis, petit à petit, de me construire un réseau. J’ai créé le premier cours de marketing sur Internet à l’Université Paris-Dauphine. Dès sa deuxième année d’existence, ce cours était celui qui comptait le plus grand nombre d’inscrits. J’ai alors créé des cours similaires à l’ESSEC et à HEC. Je donne aujourd’hui moins de cours : il est assez difficile de concilier une carrière universitaire avec la direction d’une société. En France, cela surprend encore les universitaires. Dans le secteur privé, cela est globalement assez bien accepté, même s’il est nécessaire de faire ses preuves.

J’ai participé en 1997 à l’implantation de l’association américaine Internet Advertising Bureau en France. Nous étions alors seize personnes, au sein de l’IAB, dont cinq femmes. L’IAB regroupe aujourd’hui 350 personnes. J’en ai été la coordinatrice. L’IAB constitue un important réseau de connaissances. Pour moi, le fait d’être une femme a plus constitué un avantage qu’un handicap. Cela permet notamment de faire partie de réseaux supplémentaires : je fais quant à moi partie de Cyberelles.

Laura Garcia Vitoria

Il nous faut prendre un peu de recul. L’évolution récente n’explique pas tout et il convient de prendre en compte les facteurs économiques, les facteurs intellectuels aussi, et pas seulement des questions de circonstances : autrement dit méfions-nous des réalités trop construites et des visions trop simplistes.

Yseulys COSTES

Il est vrai que j’ai eu la chance de pouvoir me faire coopter par des universitaires beaucoup plus âgés que moi. Je travaille sur des domaines très différents des leurs ; ceci explique sans doute que le fait d’être une femme n’ait pas constitué, pour moi, un handicap.

J’ai eu en décembre 1999 l’idée de créer MilleMercis. J’en ai parlé à une amie, Oriane Garcia, fondatrice de Caramail. Elle est aujourd’hui mon associée. Les fondateurs de Caramail ont contribué, financièrement, au lancement de la Société. Le fait d’être une femme n’y est pas pour grand chose.

J’ai également présenté cette idée à Thibault Munier, aujourd’hui Directeur général de la Société. Il travaillait à l’époque pour Air France. Les choses sont ensuite allées très vite. Nous avons recruté nos premiers salariés, et le site a été lancé le 15 mai 2001. Une levée de fonds est intervenue en octobre 2000. Marc Simonsini, fondateur de iFrance, y a participé, de même que Fabrice Grinda, fondateur de Aucland.

Lors d’une récente conférence, quelqu’un a demandé à Marc Simonsini ce que lui inspirait le fait d’investir dans une société dirigée par une femme. Il a répondu que sur 80 dossiers de financement reçus, seuls deux étaient proposés par des femmes. Surtout, il a répondu qu’il n’avait jamais porté attention au fait que je sois une femme. Je n’ai personnellement jamais vraiment eu à souffrir du fait d’être une femme. Du fait de mon prénom, beaucoup de personnes croient d’ailleurs que je suis un homme !

Une seule fois, je me suis trouvée dans une situation qui m’a proprement médusée. J’ai ainsi rencontré avec mon associé, Thibault Munier, un homme postulant à un poste de commercial. Après une heure d’entretien plutôt concluante, nous avons abordé la question des prétentions salariales du candidat. Celui-ci s’est alors tourné vers mon associé en lui suggérant que ce point ne soit pas abordé en présence de son assistante !

Parfois, le fait d’être une femme permet de moins passer inaperçue dans des assemblées essentiellement masculines. Je n’ai jamais ressenti le fait d’être une femme comme un handicap lors des levées de fonds. Certaines de mes amies ont cependant pu vivre différemment les choses.

De la salle: Vous a-t-il été difficile de vous initier à Internet alors que vous n’aviez pas de formation scientifique ou technique ?

Yseulys COSTES

J’ai fait des études de gestion et de marketing. Internet n’est pour moi qu’un outil : je ne suis pas une spécialiste des nouvelles technologies.

Je dois quoi qu’il en soit reconnaître que ma société compte beaucoup plus d’hommes que de femmes. En effet, je ne reçois jamais de candidatures féminines pour des postes de développeurs.

Florence TRESOL

Ma société a l’ambition de devenir experte en matière de réalité virtuelle, qu’il s’agisse de vues panoramiques à 360 degrés ou d’immersions dans des mondes plus dimensionnels, tels que des jeux, mais consacrés à Internet. La recherche-développement correspond donc à quelque chose de fondamental pour nous.

Je suis moi-même docteur en sciences de la terre. J’ai soutenu en 1996 une thèse portant sur le domaine de la sismologie. J’ai toujours été très intéressée par l’innovation scientifique. A l’issue de ma thèse, j’ai été embauchée par une petite société spécialisée dans le domaine des mines et carrières. J’ai donc travaillé dans le BTP ; j’ai même effectué du minage. Je dois avouer que mes interlocuteurs ont été quelque peu surpris les premières fois qu’ils m’ont vu arriver dans une carrière. Néanmoins, je ne me suis jamais vraiment posé de questions sur le fait d’être une femme, par rapport à mon métier : ce qui prévaut est avant tout la compétence. J’ai vite été bien intégrée et reconnue dans le monde de l’ingénierie explosive. Malheureusement, j’ai paradoxalement fait face à des difficultés qui émanaient de femmes elles-mêmes, et plus précisément de l’épouse de mon patron. Celle-ci supportait mal ma position.

J’ai alors quitté cette société tout en commençant à travailler à la création de mon entreprise, avec un physicien issu de l’ENS d’Ulm. J’étais d’ailleurs, à l’époque, enceinte. Cette création correspondait à une volonté de travailler à la R&D dans le domaine des nouvelles technologies, et plus particulièrement de la culture et des institutionnels. Nos clients sont des musées, des villes, des chambres de commerce, etc.

Comme les intervenantes précédentes, j’insisterai particulièrement sur la notion de réseau. Celui-ci se constitue sans même que l’on s’en rende compte. Je constate quoi qu’il en soit que les personnes avec qui je collabore, chez mes clients, sont le plus souvent des femmes. En effet, ce sont elles qui occupent le plus souvent des postes de communication. En revanche, les techniciens sont généralement des hommes. Je déplore cet état de fait. J’essaie, modestement, de contribuer à faire évoluer les choses au sein de mon entreprise. Si les collaborateurs de la Société et de l’agence de graphisme avec laquelle nous travaillons sont tous des hommes, je suis très heureuse de pouvoir retenir des candidatures féminines lorsque nous recrutons des stagiaires.

Par ailleurs, je travaille avec une Canadienne qui a occupé des postes à responsabilité dans la Silicon Valley. Celle-ci m’a dit qu’en arrivant en France, elle avait eu l’impression de faire un bond de vingt ans en arrière. Acquérir des responsabilités nécessite de tels efforts pour une femme que la concurrence d’une autre femme est souvent très mal vécue. J’essaie quant à moi de ne pas raisonner ainsi, mais uniquement en termes de compétences.

Pour finir, je dois souligner que mon conjoint partage avec moi les responsabilités d’ordre familial. J’espère vivement que les personnes de notre génération vont contribuer à faire évoluer les mentalités et à gommer les différences.

Laura GARCIA VITORIA

La complémentarité du rôle des hommes et des femmes est primordiale : le soutien, l’appui et le travail d’équipe que les hommes et les femmes peuvent s’apporter mutuellement sont indispensables à la réussite de chacun. Ce en termes de complémentarité, en effet, que peut s’élaborer une unicité de l’action des êtres, et cela demain comme hier.

François TANIOU

Travaillant actuellement au Service aux Droits des femmes, je vais très prochainement mettre en ligne le dispositif d’aide à la création d’activités économiques par des femmes, avec une liste d’adresses utiles et peut-être un dossier type de demande.

Par ailleurs, le Service aux Droits des Femmes met en place une politique de démarche qualité appliquée à des antennes qui, si elles n’interviennent pas dans la nouvelle économie, n’en sont pas moins des acteurs essentiels de la parité. Ces démarches vont en effet concerner les centres d’accueil et d’écoute pour les femmes victimes de violences. Les principaux axes de ces démarches reposent sur quelques principes de base : toute personne s’adressant à un centre d’accueil doit pouvoir être reçue dans les 24 heures et se voir proposer des solutions à son problème. Dans le cas de situations de violences, il s’agit de soutien psychologique, de logement d’urgence et d’aide aux démarches juridiques.

Nous menons également des activités plus informelles. Si elles peuvent sembler moins sérieuses, elles n’en sont pas moins porteuses d’enjeux essentiels en termes de parité. Nous avons ainsi créé un service d’écrivains publics virtuels, avec un petit réseau de fonctionnaires, de cadres supérieurs du secteur privé et de militants associatifs. Il s’agit d’aider les personnes à rédiger leurs lettres dans le cadre de démarches auprès de l'Administration. Lorsqu’une demande est formulée, un modèle est rédigé, puis envoyé à la personne mais également mis en ligne. Le service connaît un succès de plus en plus large : notre petit réseau de volontaires n’est plus à même de répondre dans la journée aux demandes. Nous réfléchissons à la segmentation de nos publics en fonction des décalages qui existent entre leurs formes d’expression et la langue de l’Administration. Souvent, les gens qui s’adressent à nous savent écrire ; ils ne se sentent simplement pas à l’aise avec les codes de reconnaissance sociale des institutions. Notre idée est de créer plusieurs portails, pour différentes catégories de personnes : les jeunes, les étrangers et les femmes. Cela permettrait de rationaliser ce service. L’adresse de ce site est www.admi.net/epv.

Enfin, je recherche des partenaires pour une autre activité, consistant en une bourse de candidatures, en ligne, pour des postes de télétravail. Les internautes sont invités à remplir des formulaires de candidature, qui sont ensuite mis en ligne, par catégories de professions. Le formulaire est conçu pour faire apparaître non seulement les compétences des personnes, mais également leurs capacités d’indépendance et leurs manières de travailler. Ce service est gratuit ; 50 à 60 CV sont aujourd’hui en ligne.

Alfred GILLLES

Je suis consultant à Bruxelles et administrateur de la Belgian Teleworking Association. Deux fractures traversent aujourd’hui le domaine de l’usage des nouvelles technologies : l’une sépare les pays du Sud et ceux du Nord ; la seconde sépare les hommes et les femmes dans le domaine du télétravail. Cette dernière fracture est liée essentiellement à des questions d’employabilité, de formation et de modes de vie.

Il s’agit donc de faire évoluer les choses. Pour les femmes, le télétravail représente à la fois un mauvais souvenir – celui du travail à domicile – et la possibilité d’acquérir une plus grande liberté. Pour remédier à cette fracture, il convient d’adopter une vision globale intégrant à la fois les modes de vie des femmes, l’employabilité, la législation ou, plus simplement, la question de la garde d’enfants.

Si l’Union européenne planche sur les problématiques liées au télétravail et à l’égalité, elle n’a pas d’approche spécifique de la question des femmes et du télétravail. Cela est peut-être regrettable, mais l’Union travaille cependant à la diffusion des bonnes pratiques. Par ailleurs, son action intervient le plus souvent par l’intermédiaire des Etats membres, en vertu du principe de subsidiarité. L’Union a réalisé des études et mis en place des forums, dans lesquels la question des femmes et du télétravail est abordée. Elle a mis en place un programme, appelé EQUAL, pour lutter contre les discriminations et les inégalités en relation avec le marché du travail. Si celui-ci ne traite pas spécifiquement de la parité, il est ouvert à la proposition de projets particuliers.

Par ailleurs, il a aujourd’hui été souligné que les femmes étaient peu représentées en matière de création d’entreprises. Je suggérerais quant à moi la mise en place de dispositifs permettant à des créatrices d’entreprises de jouer le rôle de tutrices, dans les entreprises elles-mêmes et en liaison avec les universités, que ce soit bénévolement ou en tant que consultantes. L’exemple du programme Athéna, mis en œuvre en Belgique, peut être cité, même s’il ne s’adressait pas spécifiquement aux femmes.

Table ronde 3 : Femmes et études scientifiques : le grand espoir des filles

Asia MOKHTARI

En 1975, Coluche disait que Dieu avait prévu que les hommes seraient égaux, en dépit de leurs différences. D’après l’humoriste, Dieu nous avait prévenu que l’égalité ne serait pas chose facile si l’on avait la malchance d’être noir, petit et laid. Coluche aurait pu remplacer ces mots par ceux de « femme, algérienne et handicapée ». C’est ce que je suis. J’aurais pu naître sur une autre terre, avec un corps élancé, harmonieux et agile. Le sort en a décidé autrement : tant pis pour moi, ou peut-être tant mieux.

J’ai eu la chance de naître dans une famille qui m’a appris à tirer parti de mes atouts plutôt que de me lamenter sur mon sort. Elle m’a encouragée lorsque j’ai connu des échecs, félicité lorsqu’au contraire je réussissais et accompagnée vers l’autonomie. Après de courtes études et deux emplois typiquement féminins de secrétaire puis de réceptionniste, j’ai pris le pari d’entreprendre des études en sciences de l’information et de la communication, loin de mes proches. Il ne s’agissait pas de rivaliser avec les hommes : j’ai simplement choisi un domaine qui m’intéressait.

J’ai un gros défaut : je ne sais pas ne pas relever les défis, y compris lorsque je me les lance à moi-même. Ceci m’a permis de franchir avec succès les étapes du DEUG, de la licence et de la maîtrise. Je prépare actuellement mon doctorat à l’Université de Perpignan. Ma thèse repose notamment sur une analyse des effets des signes de toute nature. Il s’agit notamment d’en connaître les effets, à travers un processus cognitif prenant en compte le contexte de production et de réception du signe. Ma recherche consiste en l’élaboration d’un modèle de conception multimédia pour mettre au point un outil qui facilitera l’intégration sociale des handicapés auditifs. Ce travail pourra déboucher sur la conception d’un outil thérapeutique de rééducation orthophonique, sur celle d’un programme de traduction instantanée de la langue orale en langue des signes ou encore sur un logiciel d’apprentissage de la langue des signes.

On a longtemps prétendu que si les femmes boudaient les études scientifiques, c’était en raison de leur sensibilité et de leur affect puissant. On considérait alors que la rigueur nécessaire aux démonstrations et aux expériences les rebutait. Lorsque quelques écervelées sont devenues médecins, chimistes ou polytechniciennes, on les a considérées comme des exceptions. Lorsque ces exceptions se sont multipliées et que les femmes sont devenues majoritaires dans certains secteurs, on a reconnu du bout des lèvres qu’elles réussissaient mieux que leurs homologues masculins car elles travaillaient davantage. Si l’on veut bien admettre que certaines sont besogneuses, on reconnaît plus difficilement qu’elles disposent d’une aptitude à faire preuve d’intelligence scientifique. Or, pour être besogneuses, il faut être en bon état de marche, et même courir vite. Je n’avais quant à moi qu’une seule possibilité : celle de faire courir mon cerveau. Coluche avait raison de dire que les choses sont difficiles. Toutefois, la difficulté contribue à charpenter un individu, et donc à lui donner confiance.

Isabel ARENAS

Empezé a trabajar en el ámbito de lo que llamamos hoy las nuevas tecnologías en 1985. Cuando me rompí una pierna, una compañera de trabajo me instaló un modem en mi ordenador y, admirativa pude trabajar conectada con el Ministerio. Lo importante de esta experiencia es que abrió muchas puertas. Ahora se puede crear redes universitarias, programas de television educativa (television educativa iberoamericana), etc.

Como mujer portadora de handicap, lo que Asia Mokhtari ha dicho es insuperable y pienso que es mejor no añadir nada. Personalmente, en mi trabajo, no he sufrido ninguna discriminación pero sé que otros la han vivido. Quizá el efecto democrático de la tecnología pueda ayudarnos a todos. La mañana de hoy me da mucha esperanza, y de todos modos, prefiero hablar del presente y del futuro, más que del pasado.

Laura GARCIA VITORIA - LOECHEL

C’est avec l’appui et le soutien d’Isabelle Arenas que j’ai effectué ma première expérience de télé-enseignement. C’est en effet en construisant d’abord de modèles personnels que l’on se donne le droit de proposer à autrui des modèles sociaux et culturels.

C’est précisément ce dont nous témoigne Carmen Mendez Muñoz.

Carmen MENDEZ MUNOZ

Soy ingeniera técnica de telecomunicaciones y profesora de sistemas electronicos en Haro (Rioja). Os hablaré de mi experiencia como profesora y os diré como las nuevas tecnologías de la información y la communicación son una esperanza para el futuro de las mujeres.

La Rioja es una zona agrícola e industrial importante. Con los avances de la tecnología, la sociedad riojana a sufrido un cambio hacia la sociedad del conocimiento. La sociedad de la información ofrece nuevos puestos de trabajo de comercio electrónico para las bodegas, reconvierte los puestos de trabajo tradicionales y nos sirve de herramienta para la formación que damos ya que somos una academia social del Cisco. Ademas de oferta, exige nuevos conocimientos de las nuevas tecnologías. Por lo tanto hay que formar profesionales, lo que se puede hacer a traves del sistema educativo o directamente en el mercado laboral. Yo trabajo en la educacion segundaria, en ciclos formativos de grado medio, de grado superior y de bachillerato. El sistema educativo español incluye una asignatura de tecnología para que los alumnos empiezen a conocerla antes de aprofundizarla en el mercado laboral. Además pueden atender asignaturas optativas (informática, electromecánica) para que conozcan y experimenten las NTIC, antes de estudiarlas más en detalle si lo desean. Hemos visto que se demanda mucho a este tipo de profesionales : organizamos prácticas en empresas para los alumnos y en realidad las empresas nos han solicitado más alumnos que nosotros les podemos ofrecer. En este contexto, el número de chicas que estudian las NTIC aumenta cada año. Esta evolución tambien puede tener como origen que las alumnas se han dado cuenta que los que enseñaban no sólo eran profesores pero tambien profesoras.

Para los profesionales, hemos desarrollado clases de formación continua para los que quieren lanzarse en el comercio electrónico, pero tambien para los que solamente utilizan Internet de manera indirecta.

Para promocionar nuestros ciclos, hemos creado un CR-ROM que expone nuestro trabajo, organizamos jornadas de puertas abiertas para nuestros alumnos, los de centros vecinos y todas las personas que esten interesadas. De todos modos, todas estas informaciones las podeis encontrar en nuestra página web.

Françoise GONZALEZ

Si les femmes sont assez nombreuses à entreprendre des études d’architecture, elles sont nettement moins nombreuses à exercer des fonctions d’architecte dans le monde du travail. Ceci s’explique notamment par un certain décalage entre ce qu’apporte une formation et la réalité professionnelle.

J’ai la chance de faire partie d’une génération qui ne connaît plus vraiment de discriminations. Si je ne rencontre pas de tels problèmes, j’évolue toutefois dans un monde essentiellement masculin. L’architecture nécessitant un travail d’équipe, je suis constamment en relation avec des ingénieurs qui sont immanquablement des hommes. Les femmes sont également très peu présentes au niveau de la maîtrise d’ouvrage. Sur les chantiers du BTP, on ne rencontre que des hommes.

Comme beaucoup, j’ai parfois été prise pour la secrétaire de mes collaborateurs masculins et mon arrivée sur un chantier suscite souvent quelques sourires. Je n’ai cependant pas souffert de discrimination : dès lors que l’on fait preuve de professionnalisme, le problème ne se pose pas, aujourd’hui.

J’ai par ailleurs réalisé une étude sur l’impact des nouvelles technologies de la communication et de l’information sur les modes d’enseignement. Il s’agissait en premier lieu d’une analyse de ces derniers. Ma conclusion était que la demande serait de plus en plus celle d’un enseignement sur mesure et que la généralisation des nouvelles technologies de la communication et de l’information devrait permettre de palier le décalage entre le monde de la formation et le secteur professionnel. Il s’agissait également d’analyser les structures d’enseignement. Cela se rapporte plus particulièrement aux domaines de l’urbanisme et de la programmation. Il apparaît que l’on demande de plus en plus aux structures d’enseignement d’aménager leur environnement, d’intégrer des logements, des commerces et des équipements divers aux campus et surtout d’ouvrir davantage les universités sur leurs quartiers.

Cette étude m’a conduite à élaborer un programme basé sur les Maisons du Savoir du CNED. Celles-ci visent, en utilisant les nouvelles technologies, à mettre les connaissances à la portée de tous. Le programme d’équipement que j’ai élaboré consiste en la mise en place de structures complémentaires aux structures existantes. Il vise à favoriser la formation professionnelle, les changements d’orientation et les recherches professionnelles des étudiants. Il se veut à la portée de tous. Au-delà, ce programme prévoit également d’autres types d’équipements, comme des garderies d’enfants, des équipements de restauration et des commerces. Cela s’inscrit dans un projet architectural de réhabilitation d’un site du XIIIe arrondissement de Paris.

Chiara SOTTOCORONA

Internet m’a donné une grande liberté : par le biais du télétravail, cet outil me permet de vivre non plus en Italie mais dans une région qui m’est chère, à Nice. Mon télétravail n’est pas encadré par un contrat : je suis journaliste freelance. Le principal problème de cette forme de travail est l’expérience de la solitude. Le courrier électronique, outil de communication certes extraordinaire, peut en outre constituer de très lourdes contraintes. Ainsi, je passe un temps considérable à débarrasser ma boîte de réception de messages inutiles.

Par ailleurs, je pense qu’Internet deviendra de plus en plus le miroir électronique des média traditionnels : l’évolution de ses contenus est malheureusement similaire à celle que connaissent la presse et la télévision.

Sur les réseaux, la parité et l’égalité des chances entre hommes et femmes semblent réalisées. Pour peu qu’elle sache se servir de ces nouveaux outils, une femme peut autant qu’un homme en tirer profit. Les femmes sont nombreuses à utiliser Internet. Aux Etats-Unis, la société de recherche ADC note que plus de 50 % des internautes sont désormais des femmes. En Europe, elles en représentent 43 % en mars 2001.

Jupiter Media Metrix a récemment réalisé une enquête sur les internautes féminines. Les plus nombreuses sont des adolescentes de douze à dix-sept ans. On estime ainsi que 4,4 millions de jeunes américaines sont connectées. Les femmes de cinquante ans et plus utilisent également de plus en plus Internet, de même que les fillettes de moins de onze ans.

Les Européennes utilisent principalement Internet pour rendre leur vie quotidienne plus confortable. Les sites d’achats en ligne, de voyages et de recherche d’emplois sont les plus visités. En France, les sites d’achats, comme laredoute.fr, et les sites de voyages, comme ebook.com, sont très prisés. En Grande-Bretagne, tescodirect.com et egreetings.com rencontrent un franc succès auprès des femmes. C’est en Allemagne que les femmes sont les plus présentes sur Internet.

Toutefois, les goûts et les parcours des internautes féminines varient considérablement d’un âge à l’autre. Les petites fillettes préfèrent des sites d’émissions télévisées ou de jouets. Les adolescentes penchent plutôt pour les magazines en ligne, tels que cosmogirl.com. Les étudiantes préfèrent quant à elles les communautés universitaires ou des sites proposant des livres d’occasion, mais également des sites romantiques, tels que lovingyou.com. Les femmes de 25 à 34 ans visitent plus volontiers des sites consacrés aux soins des enfants et des sites d’achats en ligne. Les communautés les plus fréquentées par les femmes adultes sont clubmom.com et women.com. Enfin, les quinquagénaires se connectent simplement pour leur plaisir ou pour fréquenter des sites tels que housenet.com, consacré à la cuisine créative et à l’art de recevoir. Les sites de généalogie les intéressent également.

Les femmes semblent disposer de moins de temps que les hommes lorsqu’elles se connectent. Il s’agit souvent, pour elles, de prendre rapidement des décisions concernant la vie quotidienne de leur famille. Les hommes semblent au contraire plus intéressés par la technologie elle-même. Les femmes apprécient davantage que des sites soient faciles d’utilisation.

Certains sites proposent des contenus spécifiquement destinés aux femmes. Il peut s’agir de sites roses, de webzines féminins traitant de la beauté, de la santé et de la mode, mais également de sites d’associations de femmes. Les sites de solidarité sociale, offrant une aide pratique aux femmes en difficulté, font partie de cette catégorie. Par ailleurs, les principaux pays européens comptent également des sites institutionnels sur le thème de la parité et de l’égalité des chances. Des sites féministes militants existent ; ils peuvent utiliser un mode d’expression provocateur ou proposer des contenus politiques. Le premier de ces sites a été cybergrrls.com, d’origine canadienne mais aujourd’hui présent dans plusieurs pays. Certains de ces sites sont de nature documentaire. Enfin, il existe des sites consacrés aux carrières des femmes dans les nouvelles technologies.

Les femmes sont donc bien présentes sur Internet. Cependant, il est nécessaire de renforcer les échanges entre Européennes, de manière à créer une véritable Europe virtuelle des femmes.

Laura GARCIA VITORIA-Loechel

Je suis heureuse de l’analyse de Chiara. S’il est une chose en effet dont il faut que nous nous gardions, c’est de croire nos modèles universels. Nous ne construirons de vrais schémas de parité qu’au travers des horizons culturels différent des nôtres et du recul qu’il nous autorise. C’est ce que j’ai personnellement voulu faire en vous proposant cet atelier qui en préfigure d’autres et qui annonce le réseau qu’au travers de Weest notamment nous entendons construire.