L'ARENOTECH en Espagne en 1998

Les 19 et 20 novembre, se sont déroulées deux journées ARENOTECH à l'Université Complutense de MADRID, ceci sous la direction de Laura Garcia Vitoria, Arturo Colorado et André Loechel. Le samedi 21 novembre, une troisième journée a eu lieu à Cuenca, dans les bâtiments du MIDE. Elle a été consacrée à une présentation du musée électronique, en liaison avec l'Université de Castilla - La Mancha. Il s'est agi de dresser un bilan des actions réalisées en matière d' " Art - Education - Nouvelles Technologies " en Espagne.

Une réflexion y a été consacrée aux médias numériques convergents, et singulièrement au futur bouquet de chaînes herziennes numériques. Ceci dans la mesure où il s'agit là d'un plan du " tout numérique " qui pourrait être un modèle pour toute l'Europe. Il sera intéressant en effet de préciser les projets des futurs opérateurs potentiels des 20 programmes ainsi prévus pour les prochains 18 mois.

Quels contenus culturels en effet pour alimenter en si peu de temps 25 chaînes? N'y a-t-il pas là une extraordinaire opportunités pour les institutions culturelles et éducatives et pour le monde de l'art en général. De même faudrait-il préciser les opérateurs de constellations satellitaires et leurs représentants en Espagne et au Portugal. Qu'en est-il à leur niveau du calendrier de transmission de données multimédia à haut débit (1999-2002) : les 2 gigabits/s pour tous constituent-ils en Espagne et au Portugal comme dans d'autres pays un slogan ? De manière générale, quelle infrastructure réseau pour les musées et universités, qu'en est-il d'Internet 2 dans la péninsule ibérique, quelles expérimentations ATM, quelles infrastructures à large bande dont puissent bénéficier les collectivités locales ? Ces dernières devraient ont été largement présentes : l'expérience de Villena focalise les intérêts de nombreux acteurs, de même que le projet des autoroutes de l'information en Galicie.

Quelle cartographie des espaces multimédias ouverts par les villes, les régions, les collectivités locales ? Où en est par ailleurs la production d'images de synthèse dans le domaine patrimonial (le chemin de Saint Jacques de Compostelle en 3D par exemple….). Telles se trouvent être quelques-unes des questions posées par ce premier colloque de l'ARENOTECH en Espagne. Il convient de prendre en compte la stratégie de TELEFONICA et leurs accords avec Portugal Telecom, mais aussi à leur entrée dans le consortium européen Unisource, via sa filiale TTV, propriétaire des réseaux publics de transmission de données Iberpac et Red Uno.

De même pour ses nouveaux concurrents : LINCE par exemple, dont France Telecom est d'ailleurs majoritaire dans le capital, aux côtés d'éventuels partenaires intéressants comme EDITEL, la filiale du Banco Santander ou encore RETEVISION (avec le Banco Central Hispano). Il en est de même, à la fois sur le plan informationnel et matériel, de CANAL+Espagne et sa plate-forme Canal Satellite Digital, ainsi que ses actionnaires comme Antena 3 et surtout le groupe PRISA, surtout maintenant que les deux acteurs se retrouvent alliés avec Telefonica (Telefonica et Sogecable détiennent maintenant 50% des actions de la nouvelle plate-forme numérique commune entre CSD et Via Digital).

Il conviendra d'évoquer aussi le Centro de actividades audiovisuales de Madrid. La liste des actionnaires de cette plate-forme est en elle-même intéressante : Cajamadrid, la banque de Bilba-Vizcaya, Bankinder, El Corte Inglés ou encore Telemadrid. Un fait est significatif : les trois banques citées sont parmi les 5 les plus importantes de ton pays. Qui ne s'intéresserait dans ce cas aux 1,3 M d'internautes espagnols ? Il faudra évoquer aussi les entreprises travaillant dans le domaine des réseaux et du logiciel.

Comment oublier la récente étude de l'Institut Mori à Madrid soulignant que les entreprises espagnoles de manière générale présentes sur le Web sont les plus actives d'Europe ! Il convient de songer à des entreprises comme Qwest, Cisco et Nortel qui - à Barcelone - ont annoncé ce que sera leur offre de connexion rapide dans le cadre d'Internet 2. Il est en tout cas essentiel que nous évoquions la problématique du haut-débit en Espagne et la cartographie des possibilités existantes aujourd'hui : comment ne pas y attacher la plus grande importance lorsque l'on évoque une pédagogie des images sur réseaux. Pour ce qui est de l'industrie informatique de manière générale, on évoquera IBM dans l'optique de son alliance avec El Corte Inglès.

Il est intéressant de noter que des universités telles que Jaime I de Castellon se disent " universidad de la informacion " (cf. son site Web www.uji.es). Sur ce plan, peuvent être intéressantes les stratégies de certains éditeurs, tels Espasa et son récent Vocabulario cientifico y tecnico réalisé par l'Académie royale des sciences exactes…Nous avons tous été très intéressés par les analyses du président de l'Académie, Angel Martin Municio, l'an dernier à l'occasion du congrès international de la langue espagnole à Zacatecas : ses réflexions sur les non-adéquations linguistiques aux contenus en réseau sont loin d'être neutres ; pour ce qui est du rapport du livre aux réseaux cette fois-ci, on pensera aux analyses de Francisco Umbral, bien sûr. Par ailleurs, il est aujourd'hui évident que de nombreux éditeurs en Espagne sont intéressés par des propositions émanant aussi bien de Havas que de Bertelsmann.

Pour ce qui est des opérateurs des réseaux de télécommunication, Alcatel fournira les réseaux télécom pour CABLEUROPA, l'un des tout premiers opérateurs en Espagne. De plus, il n'est pas possible d'ignorer Endesa d'une part et les représentants de Telecom Italia à Madrid d'autre part, certes parce qu'ils assurent tous deux le câblage de Madrid, mais surtout parce que le second s'impose comme un acteur de premier plan sur le sol espagnol. A évoquer aussi : l'Aragon notamment et notamment Murcia, où le gouvernement régional et sa direction de l'informatique ont pris d'intéressantes initiatives. La présence de sociologues sur ce terrain, en Espagne comme ailleurs, nous semble essentielle.

On pense particulièrement à Cayetano Lopez évidemment (qui enseigne à l'Université Autonome) ou à ceux qui travaillent avec lui : José Antonio Martinez Soler, Francisco Ros ou encore Ignazio Santillana. On s'est beaucoup interrogé sur la création collective sur les réseaux en Espagne ces dernières années, notamment dans le domaine de l'écriture (Joaquin Leguina et bien d'autres; on songe aussi à des textes devenus des classiques comme Numancia, la ciudad virtual…).

En termes d'études, le rôle de l'IPTS de Séville doit être évoqué, ainsi que celui de la Fundacion Carlos de Amberes, et pour ce qui est des académies, toujours pour la dimension européenne, celui de l'academia europea de Jaca (Institut royal d'études européennes). Pour ce qui est de la publication électronique, on évoquera les analyses de Carme Peiro, l'organisateur au mois de mai dernier du congrès " Bits o papel ", le premier congrès international de la publication électronique à l'UPC, l'Université Polytechnique de Catalogne, université dont le recteur, Joan Pagès, en a fait l'axe du changement des rapports entre enseignants et enseignés.

Arnedo, Madrid et Cuenca