|
LA LETTRE DU CAP Cyberedito LES PLATEFORMES DE SAVOIRS, CONDITION PREMIERE D’UNE INTELLIGENCE COLLECTIVE Plusieurs réalisations récentes tels que les cours mis en ligne par le MIT contribuent à nous rappeler à un indispensable bon sens sémantique et pour le moins à une rigueur étymologique minimale, ceci face au véritable cocooning informationnel qui semble caractériser les débats franco-français de ces derniers mois autour de la genèse d’une société du savoir, qu’il s’agisse de la préparation d’un SMSI dont - hélas - la parfaite inutilité constitue apparemment aujourd’hui le seul point de consensus entre participants ou encore en ce qui concerne les discussions autour de concepts tels que celui d’intelligence collective. De vieilles formules nous le rappellent au besoin : « on ne partage que ce que l’on possède »…Et si la rhétorique incantatoire de la création commune d’un champ de compréhension - certains savants en herbe ne devraient tout de même pas oublier le sens premier d’intelligere ! - n’était sommes toutes, dans un certain nombre de cas, qu’un pur prétexte pour masquer l’inexistence des savoirs dont notre société a pourtant aujourd’hui tant besoin pour jouer les cartes de l’innovation et de l’attractivité, joignant nécessairement l’ensemble des domaines humanistes à celui d’une réelle culture scientifique et technique. La valorisation du capital intellectuel comme moteur majeur de la croissance économique constitue ainsi le véritable défi de l’entreprise de demain : c’est en développant des stratégies efficaces de gestion des actifs immatériels qu’elles pourront réellement donner corps à cette « constante toujours plus nouvelle » que constitue le concept d’économie basée sur le savoir. Et dans ce pari sans cesse renouvelé, il faut bien reconnaître que les acteurs américains s’y prennent mieux que nous autres européens qui ne savons pas valoriser le capital immatériel qui est celui de notre histoire commune, celle de nos croyances et de nos convictions, celui d’une curiosité continue et d’une recherche de la transcendance et du dépassement. Et si la marchandisation du savoir n’était d’abord une sorte de partage des égoïsmes ? Et si une certaine gestion des connaissances ne se réduisait pour l’essentiel à celle du voisin ? Faute d’une introspection minimale, il est à craindre que bien des débats ne se réduisent à la simple « fureur des mots ». Que manque-t-il donc ? De nouvelles listes de diffusion ou de nouveaux forums permettant aux vendeurs d’idées (eux-mêmes en cruel manque à ce niveau : on comprend que la nature leur semble souvent mal faite…) d’en récupérer quelques-unes ? Que nenni ! Et si l’on émettait l’hypothèse qu’il ne saurait y avoir d’intelligence collective sans métamémoire ni réseau cognitif qui puissent apporter leur lot de validation ?
|