Gardez le CAP !

Cyberedito - Mars 2003

Des projets français en matière de prospective, enfin...

Laura Garcia Vitoria

L’ANRT lance son projet FutuRIS, en soulignant par là-même la nécessité d’une « boussole » pour aider décideurs, chercheurs et acteurs aussi bien des champs technologiques que de la vie civile. Depuis plusieurs années, nous avions souhaité que les organismes de recherche prennent leur responsabilité en la matière et contribuent à fournir de tels repères.

Telle est en effet depuis plus de trois ans la vocation des activités de notre club, dans le cadre des activités de l’ONG ARENOTECH et de ses objectifs:

  • la dimension européenne, seule prise en compte
  • la mise en réseau systématique entre acteur issus de provenance et de formation différente
  • la négation des catégories de savoirs et des frontières disciplinaires illustrant les horizons culturels de moments historiques sans rapports particuliers avec les problématiques de demain
  • la notion d’excellence bien sûr qui transcende totalement les fonctions occupées dans le monde public ou le secteur privé - et qui ne peuvent plus constituer en quoi que ce soit un critère -, mais bien, à yeux, mais qui dépend à l’évidence étroitement l’ampleur de la culture et la réelle volonté de partage des connaissances et leur mise à disposition de tous les acteurs impliqués. Nous l’avons souvent dit, il ne suffit pas d’user de façon prolixe d’une sémantique de la citoyenneté pour résumer à ce stade l’engagement de chacun.

On espère donc qu’un projet comme celui-ci dépassera le seuil d’une initiative administrative de plus. Les formulations qui sont celles de Grégoire Postel-Vinay et de Rémy Barré à propos de cette tentative ambitieuse et sur la nécessaire implication notamment de tous les acteurs économiques et sociaux sont les bienvenues, il ne reste qu’à espérer qu‘elles soient réellement entendues. Les nouvelles Soirées de la prospective que nous organisons à partir de la fin de ce printemps s’efforceront en tout cas d’y adhérer de la manière la plus active.

Suggérons en tout cas aux organisateurs des prochains travaux de FutuRIS la lecture des entretiens publiés ces jours-ci par Réda Benkirane sur le thème de la complexité qui, pour Edgar Morin, poursuit « la vision la moins mutilée possible de la réalité ».

Pour cela, nous savons tous que seule une véritable interaction de chaque instant entre des disciplines différentes et surtout les enjeux épistémologiques des nouveaux champs de savoirs (l’ouvrage signale notamment l’importance des neurosciences cognitives) nous permettra des scénarios prospectifs pertinents.

Une veille vision de la science, largement cultivée au siècle dernier sur les pas du siècle précédent, est en train de mourir après avoir perdue sa crédibilité au yeux notamment des jeunes générations qui se refusent à fréquenter tout espace de transmission de savoirs qui s’obstine à la véhiculer.

Il est temps également de se débarrasser en matière de prospective des approximations notionnelles de pseudo acteurs en mal soit de tour d’ivoire, soit tout au contraire de scène de représentation.

Une nouvelle epistemé est à construire dans le cadre d’une géopolitique renouvelée des échanges culturels. C’est à ce prix, certes non négligeable, que l’Histoire de l’Europe datée de 2040 qui vient d’être publiée à Oxford aura raison d’évoquer le développement d’une nouvelle Europe, attractive et forte, dès la fin de la première décennie de ce siècle.

C’est pour peut-être voir cela, le voir encore de nos propres yeux, que notre ONG développera, tout au long des prochaines années, ses activités et ses travaux en s’appuyant plus que jamais sur ceux de son Club d’Analyses Prospectives.

Alternatives - Prochaine manifestation CAP
Parce qu'une crise profonde affecte l'ensemble de notre société et cependant des alternatives existent.
Retour au CAP