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ET
SI NOUS LA CONSTRUISIONS MAINTENANT, TOUS
ENSEMBLE, L’EUROPE DE L’INNOVATION ? Le
dernier rapport de la Commission Européenne sur l’innovation contient
des statistiques affligeantes quant à notre incapacité collective à innover
dans nos modèles économiques, notre inventivité dans le transfert technologique
et, pour tout dire, nos attitudes et nos formulations au quotidien. Car,
au-delà même des chiffres, nos sociétés - la française probablement en
tout premier lieu - se refusent à faire leur deuil collectif de plusieurs
années de bavardage sur les infotechnologies, la défunte nouvelle économie,
la citoyenneté en réseau…et pour couronner le tout, de société de la connaissance.
On a tout simplement oublié qu’avec de tels objectifs, nous le rappelions
dans notre dernière lettre, il fallait beaucoup de savoirs et un travail
constant de mise à jour des connaissances de chaque acteur, singulièrement
dans les domaines économiques et culturels. Et ce à tous les niveaux.
Dans le domaine des médias, chacun a ainsi pu constater la fin de multiples
aventures journalistiques : manque de réflexion en ce qui concerne
les modèles économiques potentiels certainement, mais aussi et surtout
absence tragique de recours à des savoirs et à leur validation. Devant
un tel constat d’invasion de rhétorique creuse, les proclamations dépourvues
de références à des analyses théoriques aussi bien qu’aux expérimentations
concrètes que l’on peut trouver en Europe sur les sujets les plus divers,
un tel manque de visibilité en réalité n’a guère gêné les discoureurs,
bien au contraire, dans la mesure où le manque d’arguments concrets permet
de faire prendre des affirmations un peu courtes pour autant de vérités… Il
nous faut donc à tout prix tenter de contribuer les uns comme les autres
à modifier de telles attitudes. Pour cela, il nous faudra trouver de nouvelles
modalités de médiation et de rencontres : la plupart des formes de
débats et des possibilités de transmission de connaissances, nous le savons,
sont mal en point. On en viendrait pour un peu à regretter les bonnes
vieilles séances des sociétés savantes regroupant autour d’un spécialiste
et de ses publications papier tous ceux que passionnait la société dans
laquelle ils vivaient, son passé, ses capacités de prospective et peut-être
avant tout la connaissance en tant que telle sans laquelle ils n’auraient
jamais osé émettre la moindre affirmation… Il
est impératif donc d’inventer de nouvelles formes de rencontres avec vrais
experts et savants authentiques ; il faut donner la possibilité à
chacun de s’informer avant et après de telles rencontres, en ligne ou
non, et peut-être tout simplement de retrouver le plaisir de l’accès au
savoir. Sans cela, la ville numérique de demain risque fort d’être encore
moins conviviale que la nôtre, objet de campagnes de communication trop
bien formatées et qui n’auraient certainement pas comme objet majeur de
proposer des moyens conséquents de mieux vivre ensemble.
Alternatives
- Prochaine manifestation CAP
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