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Septembre 2003 Cyberedito Reconstruire une information pour tous Dans un article du 30 juillet 2003 publié par les Echos, Jean-Paul Betbèze, directeur des études économiques et financières du Crédit Lyonnais, s’interroge sur la capacité de l’opinion publique française à prendre pour potentiellement véridique à peu près n’importe quelle information. Il est vrai que l’explication peut paraître difficile à trouver à l’heure de la genèse prédite et annoncée d’une « société de l’information ». La panacée suggérée dans le cadre de cet article peut incontestablement paraître séduisante ; il faut notamment retisser, selon l’auteur, les liens entre macro et microéconomie : « C’est un réel qui parlera de la croissance à gagner, donc de produits nouveaux, et d’autres à revoir ou abandonner - avec des exemples. Il parlera des innovations - avec des cas -, et aussi des mobilisations d’énergie - avec succès et échecs. C’est lui qui annoncera les changements à mener, donc à préparer, avec la nécessaire implication de tous. C’est lui qui dira ce que l’école va faire, où et avec quels moyens, avec la recherche, les régions et les entreprises, pour améliorer le sort de tous. Avec, toujours, des idées mises en actes et des expérimentations - petites ou grandes. Le refus du réel, c’est le refoulé du changement ». Il est néanmoins à craindre que la potion ne soit insuffisante pour guérir le malade. Il manque, sur l’ordonnance, une seringue pour des injections régulières de savoirs et un véritable accompagnement en vue de leur structuration et de l’évaluation de leur pertinence. Car les exemples, les cas mentionnés, les succès et les échecs évoqués, comment seront-ils connus, analysés et pris en compte si les articulations mêmes de nos machines à informer se révèlent incapables de réaliser un tel travail ? Il ne s’agit donc nullement de développer de nouveaux reproches à l’égard des médias, eux-mêmes pris dans les contraintes de leurs modèles économiques. Malgré les indéniables changements à mener, il n’apparaît guère plus opératoire non plus de vouloir refonder « l’école » chaque matin. Il est donc essentiel et urgent de réfléchir - et l’actualité récente nous en a donné une triste illustration dans le domaine de la santé - sur les moyens que nous nous sommes collectivement donnés non seulement pour informer nos arborescences publiques, mais pour nous informer nous-mêmes. Le champ même de l’innovation en fournit aujourd’hui des illustrations quasi-quotidiennes. Michèle Descolonges, sociologue d’entreprise, rappelait dans ses travaux récents que l’innovation ne peut s’appuyer uniquement sur une raison technicienne. Paul Ricoeur parle à juste titre d’« énergie de la fondation » : il y a d’abord, dans l’élaboration des projets, un réel enthousiasme. Puis, au fur et à mesure, les aspects les plus techniques se transforment en une manière de penser le social car, souligne l’auteur dans son livre Vertiges technologiques (Paris, 2002), « on n’invente qu’en rompant avec des formes plus anciennes » et un métier ne perdure qu’à partir du moment où il y a rupture avec les anciennes formes. Les innovateurs ne sont alors pas les seuls à être concernés : ainsi, avec l’informatique, le modèle organisationnel devient un nouveau modèle managérial qui serait à appliquer dans toutes les équipes. Mais dans tout ce processus, manque aujourd’hui souvent une dimension et une seule : l’information pertinente sur l’existant et les données fiables d’une prospective véritablement opérationnelle. De même, penser nos vi(ll)es dans les conditions où nous sommes aujourd’hui s’avère bien difficile : même le vocabulaire d’acteurs territoriaux dont on pourrait être amené à penser qu’ils sont de par leur champ professionnel très proches (urbanistes et responsables de l’aménagement du territoire par exemple - mais les exemples sont légion -) utilisent souvent un vocabulaire différent et surtout des cheminements informationnels tout à fait séparés. Qu’il s’agisse donc du développement économique
et social de nos collectivités et de nos quartiers et de la nécessaire
remise en cause de certains de leurs mécanismes, de leurs perspectives
culturelles aussi - dont là encore l’actualité nous démontré qu’elles
aussi étaient à reprendre en très grande partie - ou bien tout simplement
de beaucoup de nos méc |