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La lettre du CAP
Juillet 2003

Cyberedito

LE FINANCEMENT DE L’INNOVATION :LE MODELE ESPAGNOL

Comme le souligne le directeur de la « Lettre de financement de l’innovation », le modèle espagnol continue de fournir de réelles opportunités en matière de d’apports financiers à la recherche et à l’innovation, sans que pour autant les responsables français ne songent à s’en inspirer concrètement.

Notre lettre étant largement diffusée et lue, nous nous ferons donc un devoir ici de reprendre une nouvelle fois l’exercice.

Pour cela, nous nous référerons, tout comme Alain Richemond, à la récente étude menée par Rémy Prud’homme, professeur d’économie à l’Université de Paris XII et confirmant - bien évidemment - la relation entre l’investissement en R&D, la croissance et l’emploi.

Et c’est en fonction tout naturellement d’efforts en matière de Recherche et développements bien trop faibles que se comprend la position françaises à l’une des toutes dernières places.

L’Espagne (tout comme d’ailleurs, on le sait, la Grande Bretagne) a avancé trois fois plus vite en la matière. Pourquoi ? Le dispositif de crédit d’impôt recherche a favorisé en Espagne une progression extrêmement forte des dépenses en matière de R&D. Et le retour sur investissement est manifeste en termes d’emploi. Pour cela, l’incitation fiscale doit être claire et sans détours : espérons que Nicole Fontaine saura en la matière se faire entendre en soulignant que la relance du crédit d’impôt recherche ne saurait en aucun cas suffire.

Ceci nous amène directement au Rapport d’André Sapir, publié ce 17 juillet. Celui-ci est lui aussi professeur d’économie à l’Université Libre de Bruxelles, université où les collègues qui participent à nos séminaires nous ont donné l’habitude d’une réelle franchise dans leurs propos. Et si ses conclusions quant à la restructuration du budget européen ont été mal accueillies, le rapport Sapir ne dit rien d’autre en ce qui nous concerne ici : « Ce qu’il faut, aujourd’hui, c’est … plus de formation continue, un recours plus systématique aux marchés financiers et davantage d’investissements dans le recherche-développement et dans l’éducation »… L’échec actuel de l’ambition consistant à nous doter en France et de manière générale en Europe d’un économie et d’une société fondée sur l’innovation est malheureusement aujourd’hui reconnu par tous.

Nos Rencontres européennes de la ville numérique de demain organisées à Logroño (Rioja) le 12 mai dernier ont bien montré la portée de ce modèle espagnol. Nous avons donc proposé à nos amis des instances européennes d’organiser, en France précisément, dans les mois qui viennent une grande journée dédiée à l’innovation en Europe, ceci sous l’égide de notre Club d’Analyses Prospectives. Il est en effet essentiel de prendre en compte aujourd’hui les mécanismes de financement les plus pertinents, avant que ne soit définitivement plus à notre portée les objectifs énoncés à Lisbonne il y a de cela trois ans en matière d’économie européenne de la connaissance et de la performance. Laura Garcia Vitoria