L'atelier Communication télévisuelle, vendredi après-midi, a réfléchi sur l'opportunité des webmédias. Animé par André LOECHEL, secrétaire général de l'Association des Villes Numériques, cet atelier a réuni:
- Patrice HUSSON - Commission Européenne
- François MANCEAUX , président de Création Citoyenne Multimédia
- Laura GARCIA VITORIA , présidente de l'Association ARENOTECH EUROPE, secrétaire générale du Club d'Analyses Prospectives
- Karinne VORMUS de keeboo
- Jean-Claude BOURNEZ de la ville Strasbourg
- Victor SANDOVAL, auteur du livre Télévision interactivée et professeur à l'Ecole centrale.
La réflexion a débuté sur le plan européen avec Patrice HUSSON. La Commission Européenne développe une activité spécifique pour la télévision : le sous-titrage multilingue. " Car les médias télévisuels sont les clients naturels de nos activités, " s'est-il justifié. Un projet de traduction automatique est en cours.
Cet aspect multilingue est, selon lui, important pour élargir le public des webmédias. Pour cette année, une série d'actions est proposée pour faciliter l'accès aux start-up, l'accès aux informations publiques et le multilinguisme.
Laura GARCIA VITORIA rétorque aussitôt en se plaçant en spécialiste du plurilinguisme. La traduction automatique et le sous-titrage ne sont pas suffisants pour développer le multilinguisme. Il s'agit de faire un effort pour parler sa langue d ‘origine avec une traduction simultanée.
Patrice HUSSON remarque que 30% du budget de fonctionnement de la Commission Européenne est destiné au service de traduction. Leur contribution est de privilégier l'audiovisuel sur le web en rendant plus accessible le sous-titrage.
Mais quel type d'appropriation pour la télévision sur Internet aujourd'hui et demain? Quels usages convient-il d'en attendre? Ce sont les questions que s'est posé François MANCEAUX en s'appuyant sur l'expérience de la Citoyenne.
Celle-ci est une net-tv qui existe depuis un an. Elle est un vecteur d'expression, où chaque communauté peut faire son propre programme. C'est une nouvelle forme de banque citoyenne d'images en étant un réseau d'informations d'échange. La télévision classique n'a pas cette culture.
Son site a eu, jeudi, une audience de 570 personnes avec une moyenne de cinq minutes d'écoute. En France, il y a actuellement 12 net-tv qui sont des opérateurs de programme avec une ligne éditoriale. A ne pas confondre avec les unités de programme. Ainsi, la net-tv est un média participatif.
Jean-Claude BOURNEZ le confirme. Parant la lacune de l'Education Nationale sur cette question, l'éducation populaire peut, elle, sensibiliser les jeunes sur les images, fixes et animées. L'ambition était de construire un projet de télévision " collective et citoyenne ". " Comme, par exemple, les évènements de décembre 1997, il y a une forte manipulation des médias avec une ambiguïté par rapport aux images , " explique-t-il.
Grâce au numérique, en 1999, une net-tv avec une émission de trente minutes a pu être montée. Des jeunes peuvent proposer des pilotes de 3 à 5 minutes. Selon lui, il vaut mieux que ce soient les collectivités locales, plutôt que les associations, qui prennent ces initiatives. " Pour éviter la dérive des radios libres avec des ventes en Bourse. ".
Un autre webmédia est présenté par Karinne VORMUS : le keebook. L'objectif ambitieux est qu'il soit le médium de communication du web. Il répond à une problématique d'une possibilité de communiquer à d'autres personnes un contenu sur le web en le personnalisant. Des outils, les " notes adhésives " et le " surlignage ", permettent de communiquer des catalogues ou des livres virtuels. En fait, Keeboo est juste un support. Avec le langage universel, le HTML, cet interface est gratuit pour les messages non commerciaux ou industriels.
Mais pour quelle interactivité ? L'auteur de La télévision interactive répond par le numérique. Cependant, avec la digital télévision, tout est remis en questions. Plusieurs problèmes se posent :
- le réseau internet est informatique : il a plus de contraintes que le réseau télévisé.
- Internet a un seul protocole : les bandes passantes. Elles ne sont pas encore opérationnelles.
- Sur le public : qui a besoin de cette télévision ?
Qu'est-ce qu'il apporte ? Ce nouveau média permet en temps réel d'apporter de la connaissance.
Raymond POUGHEON le confirme. Il s'agit d'avoir un événement en temps réel. En plus, la net-tv doit avoir la capacité de produire des bases de données à un coût raisonnable pour qu'elles soient accessibles. Le but est de permettre d'approcher des gens proches les uns des autres. Et l'AVN peut jouer le rôle de catalyseur. " Car il manque un lien entre le citoyen et la collectivité locale, " conclut-il.