Matrona et Quintiliano (Calahorra)

L’ENJEU MEDITERRANEEN

Nous avons emprunté le titre de notre séminaire d’été à nos collègues de la revue « Diplomatie » qui ont ainsi intitulé le dossier central de leur propre livraison d’été. Cette référence aux rivages méditerranéens, si elle ne saurait surprendre en pleine période estivale, se veut bien évidemment aller bien au-delà de quelques images habituelles et banales.

On nous pardonnera, en tant que méditerranéenne, de rappeler ainsi les propos de Paul Balta, directeur honoraire du Centre d’études de l’Orient contemporain à l’Université de Paris-III Sorbonne, soulignant qu’à l’échelle planétaire, aucune surface aussi faible que ce que Jean Amyot au XVIème siècle appelle la « mer méditerrane » n’a connu un aussi grand nombre de civilisations prestigieuses : « les méditerranéens - insiste-t-il - ont une grande capacité à adopter ce qui vient de l’extérieur et à l’adapter à leurs besoins , mais aussi à exporter et à influencer ».

C’est dans cet esprit précisément que lors de la préparation de la conférence européenne de Valencia en 2002 - alors que l’Espagne assurait la présidence de la Communauté - la Commission européenne soulignait que « dans la première moitié du XXIème siècle, l’Europe devra se fixer pour objectif majeur d’éviter que la région méditerranéenne ne devient une nouvelle ligne de fracture »…C’est dans ce contexte, rappelons-le, qu’est né le programme MED DIVIDE que nous avons eu l’occasion de présenter quelques semaines plus tard à Beyrouth.

Mais « la culture, souligne Jean-Robert Henry, directeur de recherche à l’IRENAM (Institut de recherches et d’études sur le Monde Arabe et Musulman) d’Aix en Provence, ne peut réduire à elle-seule la fracture méditerranéenne...Sans mobilité des hommes et réciprocité des échanges, il ne peut y avoir de véritable société civile méditerranéenne, sur le modèle européen ». C’est la seconde ligne de force de notre approche : MED DIVIDE doit être d’abord et avant tout un programme de développement économique, au travers d’une véritable vitrine de la coopération technologique mise en avant par nos amis italiens lors de la Conférence de Palerme dès 2001.

« L’utopie euro-méditerranéenne peut-être aussi une façon de mieux inscrire le projet européen dans l’universel » écrit encore Jean-Robert Henry. Car pour nous, une telle inscription implique, nous l’avons souvent rappelé, qu’il ne saurait y a voir d’aide à l’innovation sans gestion de l’identité. Et c’est là la troisième volonté de MED DIVIDE : mettre côte à côte les outils d’inscription culturelle tels que la photographie chère à Michel Loo et ceux permettant de mettre les technologies les plus avancées - telles que celles évoquées par nos collègues allemands ou canadiens - à leur service et à celui du développement économique des régions et collectivités des six rives de la Méditerranée.

Telle est d’ailleurs, de manière très générale, l’ambition très concrète et pragmatique qui est la nôtre depuis la création d’ARENOTECH.

Les héros sont fatigués, nous dit-on aujourd’hui, à force de palabres et d’errements administratifs en tout genres dans l’administration des hommes. Peut-être nos gouvernants ont-ils réussi à en lasser momentanément un bon nombre, mais le monde méditerranéen - que MED DIVIDE entend accompagner - nous montre précisément au quotidien que le renoncement n’est pas le propre de l’homme. Raison de plus de développer ensemble un programme comme celui-ci. Laura Garcia Vitoria, Présidente d'ARENOTECH