Le e-learning: continuités et rupturesAndré Jean-Marc Loechel, Président de
la Fondation des Territoires de Demain
Les pratiques actuelles du e-learning s’inscrivent clairement - bien plus que certains de ses promoteurs ne l’auraient jamais imaginé… - dans une réelle continuité de la transmission de savoirs et ce depuis les deux millénaires et demi d’histoire de l’éducation qui nous est familière. Mais elles s’inscrivent tout autant - et presque malgré elles - dans une rupture non moins considérable, à l’heure de la genèse d’une économie basée sur la connaissance et à laquelle les horizons technologiques confèrent la capacité d’une révolution de nos paradigmes forgés en la matière au cours des trois siècles passés. Laura Garcia, directrice scientifique de la Fondation, nous livrera en conclusion de cette revue un regard prospectif pour la présentation duquel elle est particulièrement bien placée après une quinzaine d’années de travaux d’avant-garde sur les questions de transmission et de gestion virtuelle des connaissances, à l’instar d’un Richard Florida dont l’esquisse de la cité créative souligne le rôle central des nouveaux horizons de transmission du savoir. Il en est de même de la plupart des événements marquants de «2009, année de la créativité» qui a permis à l’Union européenne de tenter de faire prendre conscience à tous les acteurs concernés des mécanismes de l’innovation et à notre Living Lab plus particulièrement de commencer ses travaux le 7 janvier 2009 au Sénat à Paris. Comme le souligne Laura Garcia, le e-learning sera partout dans notre environnement proche ou lointain. Si l’information contribuera à des espaces de contenus générés par les territoires - et ceci au travers d’une réelle ubiquité de perception des flux de données - la formation elle aussi sera partout et cela n’est pas sans être sa difficulté majeure, dans la mesure où aucune structuration organisationnelle n’est évidemment encore prévue en ce sens: au-delà de la télévision et de l’ordinateur, c’est la ville et le territoire qui constitueront ainsi un écran distributeur de savoirs, avec l’intermédiation notamment de nouvelles formes de microbloging par exemple. Un projet européen comme IP City a pu ainsi expérimenter des dispositifs comme le CityWall d’Helsinki où des mutualisations informationnelles de toutes sortes, donnant lieu à des bases de connaissances non négligeables dont l’exploitation constitue aujourd’hui un véritable champ de recherches. Toutes les ressources possibles - issues des conférences déposées sur You Tube ou des reportages disponibles sur FlickR par exemple, mais aussi tous les envois à distance sont pris en compte en temps quasi-réel par la dalle multi-touch qui constitue en l’occurrence le support intermédiaire ou final en plein espace urbain. Si cela ne veut nullement dire que de tels espaces constitueront de fait le cadre des démarches de l’e-learning de demain, il est par contre évidemment que dans la pluralité des mutualisations et des formats de présentation, il convient dès aujourd’hui de les prendre en compte de même que toutes les surfaces de téléprésence de contenus et d’affichage des données qui peuvent leur être intégrées. Des espaces muraux comme le désormais célèbre
GreenPix de Pékin réalisé par l’architecte
Simone Giostra indique de la sorte, à sa manière, la voie
royale de l’intégration dans l’architecture de contenus,
mais aussi des moyens de leur mutualisation et surtout de leur potentielle
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