LES TERRITOIRES, PRÉCURSEURS D'UNE ÉCONOMIE PLURIELLE
EN 2020
Débats prospective et développement durable pour lîle-de-France,
"Les Utopiades
de l'Arene", organisés par l'Agence régionale
de l'environement et des nouvelles énergies, le Centre de ressourses
régional de l'économie social et solidaire et la Ville
de Paris
Depuis
des années, la finance est déconnectée de l'économie
"réelle", de la souveraineté alimentaire et des
grands équilibres écologiques. Peut-on alors imaginer dès
aujourd'hui et pour demain une économie qui mette l'innovation,
la production et la consommation au service des besoins planétaires?
La crise économique, agricole et environnementale nécessite
des régulations internationales. Cependant, les territoires constituent
une échelle pertinente pour inventer et construire une économie
plurielle, combinant investissements publics, prise de risques des personnes
et des entreprises, et développement de l'économie sociale
et solidaire.
Valoriser les expérimentations innovantes et réfléchir
aux transitions et métamorphoses à opérer, c'est
déjà préfigurer une économie relocalisée
mais ouverte sur le monde, respectueuse de l'environnement, créatrice
d'emplois pérennes, et de cohésion sociale et territoriale.
Les échéances climatiques posées par les États,
l'Union européenne et les organisations internationales ont incité
les organisateurs du troisième cycle des Utopiades -l'Arene, l'Atelier
et la Ville de Paris -à fixer aux débats un cadre prospectif
à horizon 2020. 2020 est un formidable pari sur l'évolution
des comportements humains, la façon de mieux travailler ensemble,
de dégager davantage d'aménités environnementales
et territoriales. Intelligence collective et innovation, mutations du
travail, réseaux solidaires d'entreprises, consommation responsable
et sobriété heureuse, seront autant de concepts et de processus
à l'œuvre que les intervenants et les participants interrogeront
pour imaginer des territoires, précurseurs d'une économie
plurielle en 2020. Marie-Pierre Digard, Présidente de l'Arene Île-de-France
Jean-Marc Brulé Président de l'Atelier Seybah Dagoma Adjointe
au Maire de Paris Chargée de l'économie sociale et solidaire
Pour les tenants de l'économie classique, les
technologies vertes (greentechs) seraient la nouvelle frontière
qui, tout en protégeant l'humanité des risques environnementaux,
offriront des emplois et une croissance pérenne. Si cette future
technique peut être porteur d'espoir, permettra-t-il de réduire
les inégalités, de créer du lien social et de contribuer
au bonheur?
En effet, l'innovation technologique est catalyseur de
changement, mais faire advenir une économie plus humaine et plus
écologique impliquera la prise en compte des aspirations profondes
des citoyens et la création d'espaces physiques et symboliques
dans lesquels les différentes classes sociales pourront vivre ensemble.
Des processus d'intelligence collective et des modes de financement éthiques
et solidaires seront alors nécessaires pour imaginer ces territoires
de demain.
ANIMATION: WALTER BOUVAIS directeur du magazine Terra
Economica
Intervenants:
CAROLINE CHABOT, administratrice de TheTransitioner.org
Ce think tank international, composé de 400 chercheurs et consultants,
mène une réflexion théorique et construit des outils
pratiques, tels que le flowplace et les monnaies libres, pour développer
l'intelligence collective et la notion de "créatifs culturels".
LAURA GARCIA
VITORIA, directrice scientifique du
Laboratoire des Territoires de Demain
Porté par la Fondation des Territoires de Demain, ce laboratoire
vivant, basé sur le développement de l'économie
du savoir, est au cœur d’une communauté d’innovation
et de connaissances constituant un réseau européen et international.
JEAN-LOUIS OTHENIN-GIRARD, fondateur de l'agence Accensy
Cette agence accompagne des projets d'entreprises solidaires, tels que
les "Négentro-Pôles" qui cherchent à créer
de la valeur économique, sociale, environnementale et sociétale
à partir des "désordres" engendrés par
les villes à leurs périphéries.
KAROL SACHS, président de la Fédération
européenne de finances et banques éthiques et alternatives
La FEBEA, composée de 25 membres dont le Crédit Coopératif,
est un lieu d'échanges, de partage d'expériences et de création
d'outils communs pour permettre le développement de la finance
solidaire en Europe. La FEBEA, composée de 25 membres dont le Crédit
Coopératif, est un lieu d'échanges, de partage d'experts.
Résumé
L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE ET LE DÉVELOPPEMENT
DURABLE
AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT DE QUARTIERS, VILLES ET TERRITOIRES
DE LA CONNAISSANCE.
Laura Garcia Vitoria
Le
territoire de demain - notre ville, notre quartier - sera basé
sur le savoir de ses habitants et leurs compétences; notre société
sera une société de la connaissance avec tout ce que cela
suppose d’échanges, de transferts, de mutualisations. L’éducation
et la formation y auront des formes multiples - tout au long du jour et
de la vie -, nos outils de communication et singulièrement ceux
de la mobilité en seront les vecteurs privilégiés,
tout comme les nouvelles formes de commerce qui se transformeront, aux
côtés de leurs compléments en ligne, en autant d’espaces
physiques d’expériences et de découvertes. Si notre
cadre de vie sera largement présent en ligne comme accompagnateur
et illustrateur de services divers, c’est surtout en fait dans un
«monde réel augmenté» que des compléments
virtuels de savoirs nous permettront notamment toutes formes «d’itinérance
cognitive».
Si les technologies de l’information et de la connaissance
y apparaissent comme fournissant de manière privilégiée
ces «services de savoirs», ils ne seront pas pour autant un
véhicule de mutation purement technologique et de déracinement
par rapport à nos pratiques traditionnelles, ils seront tout au
contraire de remarquables auxiliaires de la boîte à outils
de gestion de nos identités. Souvent en effet dans le passé,
nous ne l’oublions que trop, des territoires se sont transformés
en lieux de création et de diffusion de connaissances nouvelles
grâce aux hommes qui y habitaient, y travaillaient ou y passaient,
forgeant ainsi l’image de régions d’excellence, vrais
vecteurs de prospérité. La numérisation des usages
et du fonctionnement des institutions s’inscrit dès lors
dans autant de continuités que de situations de rupture.
Maints espaces publics seront ainsi des espaces de l’innovation
rassemblant usagers et citoyens aux côtés des acteurs économiques
et des chercheurs, se faisant tous «passeurs de savoirs» au
travers de l’expression de leurs besoins respectifs: tel est l’horizon
nouveau des Laboratoires vivants qui sont amenés à se développer
un peu partout en Europe et dans le monde.
Le Living Lab des Territoires de Demain contribue ainsi
notamment à une revitalisation forte par exemple d’espaces
ruraux un temps délaissés comme en Ardèche - où
une communauté de communes entend déployer de nouveaux outils
d’attractivité pour les entreprises innovantes - ou encore
dans les Hautes Pyrénées - où une autre collectivité
territoriale va mettre d’anciens espaces de savoirs à la
disposition des savoirs de demain dans une abbaye ouverte à la
création numérique et à la réflexion sur de
nouvelles formes d’e-tourisme -. Il se veut être une préfiguration
de tels espaces dont l’ingénierie sera l’outil majeur
des coopérations de demain dans une Europe notamment ayant retrouvé
le sens des engagements de la stratégie de Lisbonne.
Les grands axes de la durabilité du développement
territorial trouvent dans de telles démarches les raisons d’être
d’une vraie dynamique mieux comprise par chacun et au service de
la création d’un cadre de vie innovant, contribuant de la
sorte aux nouvelles formes de création d’entreprises et d’activités.
On sait bien que la consommation de l’énergie de demain,
ce n’est ainsi pas seulement la production d’énergies
renouvelables, c’est d’abord tout un ensemble de réseaux
à construire et à interconnecter, c’est une meilleure
compréhension surtout, une meilleure intelligence du territoire
- au sens étymologique du terme -, qu’il conviendra de mobiliser.
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