LES TERRITOIRES, PRÉCURSEURS D'UNE ÉCONOMIE PLURIELLE EN 2020

Débats prospective et développement durable pour lîle-de-France, "Les Utopiades de l'Arene", organisés par l'Agence régionale de l'environement et des nouvelles énergies, le Centre de ressourses régional de l'économie social et solidaire et la Ville de Paris

"Vers une économie humaine et écologique grâce à l'intelligence collective?"
17h - 19 H au Petit Palais, 1er décembre 2009

Depuis des années, la finance est déconnectée de l'économie "réelle", de la souveraineté alimentaire et des grands équilibres écologiques. Peut-on alors imaginer dès aujourd'hui et pour demain une économie qui mette l'innovation, la production et la consommation au service des besoins planétaires?
La crise économique, agricole et environnementale nécessite des régulations internationales. Cependant, les territoires constituent une échelle pertinente pour inventer et construire une économie plurielle, combinant investissements publics, prise de risques des personnes et des entreprises, et développement de l'économie sociale et solidaire.
Valoriser les expérimentations innovantes et réfléchir aux transitions et métamorphoses à opérer, c'est déjà préfigurer une économie relocalisée mais ouverte sur le monde, respectueuse de l'environnement, créatrice d'emplois pérennes, et de cohésion sociale et territoriale.
Les échéances climatiques posées par les États, l'Union européenne et les organisations internationales ont incité les organisateurs du troisième cycle des Utopiades -l'Arene, l'Atelier et la Ville de Paris -à fixer aux débats un cadre prospectif à horizon 2020. 2020 est un formidable pari sur l'évolution des comportements humains, la façon de mieux travailler ensemble, de dégager davantage d'aménités environnementales et territoriales. Intelligence collective et innovation, mutations du travail, réseaux solidaires d'entreprises, consommation responsable et sobriété heureuse, seront autant de concepts et de processus à l'œuvre que les intervenants et les participants interrogeront pour imaginer des territoires, précurseurs d'une économie plurielle en 2020. Marie-Pierre Digard, Présidente de l'Arene Île-de-France Jean-Marc Brulé Président de l'Atelier Seybah Dagoma Adjointe au Maire de Paris Chargée de l'économie sociale et solidaire

Pour les tenants de l'économie classique, les technologies vertes (greentechs) seraient la nouvelle frontière qui, tout en protégeant l'humanité des risques environnementaux, offriront des emplois et une croissance pérenne. Si cette future technique peut être porteur d'espoir, permettra-t-il de réduire les inégalités, de créer du lien social et de contribuer au bonheur?

En effet, l'innovation technologique est catalyseur de changement, mais faire advenir une économie plus humaine et plus écologique impliquera la prise en compte des aspirations profondes des citoyens et la création d'espaces physiques et symboliques dans lesquels les différentes classes sociales pourront vivre ensemble. Des processus d'intelligence collective et des modes de financement éthiques et solidaires seront alors nécessaires pour imaginer ces territoires de demain.

ANIMATION: WALTER BOUVAIS directeur du magazine Terra Economica

Intervenants:

CAROLINE CHABOT, administratrice de TheTransitioner.org
Ce think tank international, composé de 400 chercheurs et consultants, mène une réflexion théorique et construit des outils pratiques, tels que le flowplace et les monnaies libres, pour développer l'intelligence collective et la notion de "créatifs culturels".

LAURA GARCIA VITORIA, directrice scientifique du Laboratoire des Territoires de Demain
Porté par la Fondation des Territoires de Demain, ce laboratoire vivant, basé sur le développement de l'économie du savoir, est au cœur d’une communauté d’innovation et de connaissances constituant un réseau européen et international.

JEAN-LOUIS OTHENIN-GIRARD, fondateur de l'agence Accensy
Cette agence accompagne des projets d'entreprises solidaires, tels que les "Négentro-Pôles" qui cherchent à créer de la valeur économique, sociale, environnementale et sociétale à partir des "désordres" engendrés par les villes à leurs périphéries.

KAROL SACHS, président de la Fédération européenne de finances et banques éthiques et alternatives La FEBEA, composée de 25 membres dont le Crédit Coopératif, est un lieu d'échanges, de partage d'expériences et de création d'outils communs pour permettre le développement de la finance solidaire en Europe. La FEBEA, composée de 25 membres dont le Crédit Coopératif, est un lieu d'échanges, de partage d'experts.

 

Résumé

L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE
AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT DE QUARTIERS, VILLES ET TERRITOIRES DE LA CONNAISSANCE.

Laura Garcia Vitoria

Le territoire de demain - notre ville, notre quartier - sera basé sur le savoir de ses habitants et leurs compétences; notre société sera une société de la connaissance avec tout ce que cela suppose d’échanges, de transferts, de mutualisations. L’éducation et la formation y auront des formes multiples - tout au long du jour et de la vie -, nos outils de communication et singulièrement ceux de la mobilité en seront les vecteurs privilégiés, tout comme les nouvelles formes de commerce qui se transformeront, aux côtés de leurs compléments en ligne, en autant d’espaces physiques d’expériences et de découvertes. Si notre cadre de vie sera largement présent en ligne comme accompagnateur et illustrateur de services divers, c’est surtout en fait dans un «monde réel augmenté» que des compléments virtuels de savoirs nous permettront notamment toutes formes «d’itinérance cognitive».

Si les technologies de l’information et de la connaissance y apparaissent comme fournissant de manière privilégiée ces «services de savoirs», ils ne seront pas pour autant un véhicule de mutation purement technologique et de déracinement par rapport à nos pratiques traditionnelles, ils seront tout au contraire de remarquables auxiliaires de la boîte à outils de gestion de nos identités. Souvent en effet dans le passé, nous ne l’oublions que trop, des territoires se sont transformés en lieux de création et de diffusion de connaissances nouvelles grâce aux hommes qui y habitaient, y travaillaient ou y passaient, forgeant ainsi l’image de régions d’excellence, vrais vecteurs de prospérité. La numérisation des usages et du fonctionnement des institutions s’inscrit dès lors dans autant de continuités que de situations de rupture.
Maints espaces publics seront ainsi des espaces de l’innovation rassemblant usagers et citoyens aux côtés des acteurs économiques et des chercheurs, se faisant tous «passeurs de savoirs» au travers de l’expression de leurs besoins respectifs: tel est l’horizon nouveau des Laboratoires vivants qui sont amenés à se développer un peu partout en Europe et dans le monde.

Le Living Lab des Territoires de Demain contribue ainsi notamment à une revitalisation forte par exemple d’espaces ruraux un temps délaissés comme en Ardèche - où une communauté de communes entend déployer de nouveaux outils d’attractivité pour les entreprises innovantes - ou encore dans les Hautes Pyrénées - où une autre collectivité territoriale va mettre d’anciens espaces de savoirs à la disposition des savoirs de demain dans une abbaye ouverte à la création numérique et à la réflexion sur de nouvelles formes d’e-tourisme -. Il se veut être une préfiguration de tels espaces dont l’ingénierie sera l’outil majeur des coopérations de demain dans une Europe notamment ayant retrouvé le sens des engagements de la stratégie de Lisbonne.

Les grands axes de la durabilité du développement territorial trouvent dans de telles démarches les raisons d’être d’une vraie dynamique mieux comprise par chacun et au service de la création d’un cadre de vie innovant, contribuant de la sorte aux nouvelles formes de création d’entreprises et d’activités. On sait bien que la consommation de l’énergie de demain, ce n’est ainsi pas seulement la production d’énergies renouvelables, c’est d’abord tout un ensemble de réseaux à construire et à interconnecter, c’est une meilleure compréhension surtout, une meilleure intelligence du territoire - au sens étymologique du terme -, qu’il conviendra de mobiliser.