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REVUE VIRTUELLE
2008©

LES TERRITOIRES DE DEMAIN
LOS TERRITORIOS DEL MAÑANA
Mélanges en l'honneur de Victor Sandoval

 

La demarche des territories de la connaissance

La connaissance comme vecteur majeur de développement économique pour tous et de la COompétitivité de chacun de nous
Laura Garcia Vitoria

«Une organisation intelligente ou apprenante est un système d’action, de conduite de l’action et d’apprentissage collectifs, qui s’organise pour apprendre en permanence, capitaliser ses savoir-faire et ses compétences, pour les transmettre et se transformer volontairement pour atteindre ses objectifs en fonction des évolutions de son environnement, de ses ressources, de sa culture, et des représentations des groupes d’acteurs en son sei ». Alain Bouvier, Management et Sciences cognitives, Paris, 2004

Elle s’inscrit clairement dans le paradigme systémique et la pensée complexe. Un système, une ville, un territoire peut ainsi être dit intelligent lorsque il privilégie les apprentissages de l’ensemble des ses acteurs. Ce territoire est constitué et structuré à partir de savoirs : des savoirs organisationnels et des savoir-faire:

  1. il favorise et valorise toutes formes de partenariats et de coopération et le travail en réseau,
  2. il est imprégné d’une culture de l’expérimentation, de l’innovation, de la qualité et surtout du benchmarking,
  3. il a une culture aussi de l’évaluation avec ses indicateurs et ses instruments de mesure et se trouve articulé à son environnement.

L’essentiel de ce territoire est le rôle rempli par ce même territoire et la connaissance dans la création d’avantages compétitifs dynamiques.
Ceux-ci sont liés aux processus d’apprentissage et incluent les espaces locaux de transmission de savoirs. La « valeur de la connaissance » se génère de la traduction continuelle des langages scientifico-technologiques et des savoirs empirico-contextuels. C’est la rencontre et l’échange entre ces niveaux d’élaboration cognitive produits par les activités de socialisation des savoirs qui génère avant tout les processus innovants. C’est cette socialisation qui produit de l’innovation.

Ces Territoires sont caractérisées par :

  1. des espaces virtuels de recension de toutes les possibilités d'accès à la formation
  2. des actions municipales et régionales de formation : la bonne gouvernance territoriale de demain
  3. une mise en place de dispositifs mettant en œuvre des externalités économiques vecteurs de polarisation des compétences
  4. une administration électronique mobilisée comme processus d'accompagnement de tels programmes .
  5. des outils de visibilité façonnés par les acteurs territoriaux

Les dix commandements des territoires intelligents

1. Démultiplier des actions municipales et régionales de formation.
2. Mettre en place de dispositifs de polarisation des compétences.
3. Généraliser l’administration électronique comme processus d’accompagnement.
4. Répondre à de nouvelles demandes face à une recherche territorialisée.
5. Créer de propres «outils de visibilité».
6. Créer d’espaces régionaux et interrégionaux de connaissances .
7. Créer de futurs services d’aide au savoir.
8. Créer des espaces intelligents.
9. Repérer, cartographier et gérer territorialement la connaissance.
10. Améliorer les conditions de transmission de connaissances entre le système d’éducation, de recherche et le système productif

La demarche de Mataro

Le repérage et la cartographie des savoirs faire à l'échelle territoriale :
une condition première de l'attractivité économique d'un territoire résidera dans une vraie connaissance des savoirs existants.

Cette gestion territoriale des connaissances est amenée à s'appuyer sur des processus spécifiques : la démarche de Mataro nous semble résumer l'une des concrétisations territoriales possibles des stratégies de Lisbonne, nous avons baptisé cette démarche : Le processus de Mataro : La Fondation Tecnocampus Mataró avait organisé il y a trois ans un colloque " usagers et réseaux créateurs de la nouvelle ville " qui évoquait les horizons ouverts par la gestion urbaine en réseau. Avec une équipe d'économistes de l'Université Politechnique de Catalogne, ce séminaire a permis de modéliser des axes de développement de la ville en la matière.

La ville de Mataro s'était placée sous l'égide d'un plan directeur qui entend en faire une ville de la connaissance, capable d'exploiter pleinement le capital intellectuel de son territoire comme source principale de richesse, de prospérité et de croissance. A été utilisé à cette fin une modélisation économique qui se traduit par la création et la gestion d'une plate-forme de connaissance, à partir notamment des micro-clusters existants dans la cité. Ce processus se base sur cinq points majeurs :

  1. l'analyse des potentialités existantes à partir d'entrevues avec des personnalités de la ville, dans des domaines tels que les sciences de la vie, les sciences sociales, la planification urbaine, la gestion des entreprises,
  2. l'identification des activités essentielles capables de mener à terme une telle vision à travers des actions et projets forts
  3. l'identification des compétences essentielles pour accomplir ces actions et ces projets
  4. le choix des indicateurs pour chaque activité et chaque compétence essentielles
  5. l'assignation de ces indicateurs à chacune des grandes catégories intellectuelles (capital humain, capital marchand, capital de rénovation et de développement et enfin capital de l'ensemble des démarches engagées).
L'application du modèle amène à une vision stratégique du développement d'un territoire, de la cohésion sociale et des possibilités de croissance économique durable. Les responsables de la collectivité peuvent juger de l'importance des vecteurs culturels, de la créativité et de l'innovation, ce modèle implique l'ensemble des micro-clusters aux côtés de la plate-forme globale des capacités intellectuelles de la collectivité ; On aboutit à un système de support décisionnel, un système d'information et d'aide aux décisions stratégiques des élus et aux choix de financement, un point de départ pour les investigations ultérieures accompagnant la stratégie de construction d'un territoire de la connaissance.

La finalité d’une modélisation globale consiste ainsi à mesurer et gérer le capital intellectuel de chacun des micro-clusters présents sur le territoire, ceci à travers notamment un processus de benchmarking de leur capital intellectuel spécifique qui permet par exemple d’obtenir un index de confiance globale. L’application du modèle amène de la sorte à une vision stratégique du développement du territoire, de la cohésion sociale (où la vie associative est amenée à jouer un rôle de tout premier ordre) et des possibilités de croissance économique durable. Les responsables de la collectivité peuvent ainsi juger de l’importance des vecteurs culturels, de la créativité et de l’innovation, véritables piliers du développement urbain futur et des capacités de compétitivité du territoire du fait même de ses actifs intangibles. Le rôle de tels facteurs se voit naturellement démultiplié par les infotechnologies.Un modèle spécifique implique l’ensemble des micro-clusters (et leurs potentialités face à de nouvelles productions émergentes), aux côtés de la plate-forme globale des capacités intellectuelles de la collectivité ; la gestion commune de ces deux composantes du capital de la ville s’appuie notamment sur des démarches de benchmarking des potentialités d’autres collectivités. On aboutit ainsi à un système de support décisionnel, un système d’information et d’aide aux décisions stratégiques des élus et aux choix de financement, un point de départ aussi pour les investigations ultérieures accompagnant une telle stratégie de construction d’un territoire de la connaissance. On oublie souvent qu’un tel processus concerne - pour ce qui est de la production, la diffusion et l’utilisation des connaissances - plus de 50% du PIB des états membres de l’OCDE.

Compléments

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