Billets d’humeur

Vous avez dit « mobiquité » ?

L’ATAWADAC, la langue de demain
Laura Garcia Vitoria

Nous vous déconseillons sincèrement, ami lecteur, la lecture de ce billet si vous n’êtes pas encore remis des effets collatéraux des activités festives de ces derniers jours.

Ne voilà-t-il pas en effet que l’ami Dalloz fête le passage de l’an en inventant un mot, et ce qui plus est comme conséquence d’un acronyme ! Façon originale de contribuer à créer le futur : c’est d’ailleurs le passe-temps favori de nombre de nos contemporains : nous avons songé ainsi à publier un dictionnaire des mots de l’année à venir, tant les prochains mois semblent devoir être féconds… Histoire de disposer d’un petit condensé de fast news pour les dîners en ville… (les anglicismes de toute nature ont toujours été mes têtes de turcs sémantiques, on me le pardonnera, n’est-ce pas Jean-Michel Billaut !).

Il définit ainsi ce qu’il nomme « l’importance grandissante de la mobiquité » (mobilité + ubiquité) de la manière suivante : « le consommateur désire accéder au service dont il a besoin quand il le souhaite, où qu’il soit et avec l’équipement dont il dispose. Cet équipement peut être un ordinateur, un téléviseur, un téléphone, un PDA, une console de jeu ou multimédia… Nous sommes enfin rentrés dans l’ère de l’ATAWAD (AnyTime, AnyWhere, Any Device) ».

Pourquoi pas ? Manque néanmoins l’essentiel : « any content » ! Certes, l’acronyme - si l’on y tient vraiment - se ferait encore plus désagréable (avec carrément l’ATAWADAC !)…, mais c’est là aujourd’hui l’enjeu essentiel d’une société de la connaissance au travers de ce que d’aucuns désigneraient par l’accès le plus pervasif et omi-présent possible à l’immatériel public… Autrement dit, disposer, au sein d’un environnement où les objets communicants se reconnaissent et se localisent automatiquement entre eux, des références, études et analyses utilisées par les institutions publiques et produites pour elles - condition première, chacun le reconnaître de réels débats et d’une transparence digne de ce nom -. Le patrimoine immatériel représente de fait, au sens juridique, l'ensemble du patrimoine constitué par les informations et connaissances détenues par une organisation, entreprise, administration, ou collectivité locale. Ce capital immatériel ne peut être que la référence première de tous nos jugements et c’est à ce contenu donc qu’il convient d’abord d’avoir un accès immédiat. On oublie ainsi parfois l’essentiel !

On vous avait prévenu…