4ème Séminaire
« Afrique : liens tissés, regards croisés et perspectives communes»

Vendredi 23 mai 2008 - 9H00-18H00
Château de Vincennes
Service Historique de la Défense (Salle Costa de Beauregard)

Souhaitant s’inspirer du sens de l’engagement, du devoir de résistance et de l’affirmation du volontarisme en politique qu’incarne Pierre Daumesnil, Général de l’armée de Bonaparte puis sous la restauration et gouverneur héroïque du Château de Vincennes contre les troupes étrangères, les quatre organisateurs (IPSE ; OPSA ; CEREM ; Convergence Républicaine) ont trouvé légitime de placer dorénavant le séminaire « Afrique : liens tissés, regards croisés et perspectives communes » sous le signe de ces valeurs, qui demeurent au cœur de la relation équilibrée à établir de part et d’autre, tant au niveau diplomatique que politique et social vis-à-vis des deux continents africain et européen.

Cette démarche est organisée conjointement par quatre structures, en premier lieu desquelles l’Institut Prospective et Sécurité de l’Europe (IPSE), l’Observatoire Politique et Stratégique de l’Afrique (OPSA, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, dirigé par Dominique Bangoura), le Centre d’Etude et de Recherche de l’Ecole militaire CEREM représenté par Colomban Lebas, Directeur des Etudes du CEREM (ex-CEREMS), ainsi que l’association Convergence Républicaine, présidée par Stéphane Fillette, par ailleurs Secrétaire général du Comité Afrique de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN) qui encadre notamment les FICA (Forum International du Continent Africain, organisé chaque année en juin, par la DCMD et l’IHEDN).

Afrique, Europe, histoire et civilisations : ruptures, continuités et apports mutuels

Ce quatrième séminaire1 a pour objet de redécouvrir l’Histoire, parfois commune, les ruptures, les liens ou les continuités et les apports mutuels entre l’Afrique et l’Europe et/ou entre l’Europe et l’Afrique.

Premier panel (matinée) : le volet historique
En effet, en cette période actuelle où les deux continents multiplient les échanges politiques, géopolitiques, économiques et culturels, ouvrent débats et réflexions et se projettent ensemble dans l’avenir, il n’est pas vain de jeter un regard sur le passé afin d’y déceler les fils conducteurs et ainsi tenter d’éviter de futurs ou éventuels écueils.
Le point de départ de ce séminaire pourrait tenir en ces mots : l’Afrique, berceau de l’Humanité. A ce titre tout d’abord, puis au titre de l'Antiquité, l’Afrique est entrée dans l'Histoire (avant l’Europe) comme le rappellent d’éminents égyptologues, tels que Cheikh Anta Diop. A ce stade du rappel historique, il serait en outre intéressant de passer en revue les échanges et les apports mutuels entre les civilisations indo-européennes et la civilisation égypto-nubienne. Cette visite du passé ne saurait oublier le synchrétisme politico-religieux sur les rives de la Méditerranée (civilisation helléno-romaine, Phéniciens, berbérité, humanisme arabo-andalou…).
Il convient également de donner toute sa place à l’Histoire partagée, (assumée ?), aux premiers contacts de l’Afrique subsaharienne avec les Européens à travers la traite des Noirs, l’esclavage vers l’Europe et les Amériques (sans oublier la traite orientale, dans le monde arabe).
Ce séminaire pourra être l’occasion de s’interroger sur la place de l’Afrique dans l’histoire européenne (siècle des Lumières, période révolutionnaire, abolition de l’esclavage, essor démocratique de la moitié du XIXe siècle, révolution industrielle et développement du commerce européano-africain, solidarité combattante pendant les deux Guerres mondiales).
Les périodes de la colonisation, de la décolonisation, des indépendances avec ou sans guerres de libération nationale seront prises en considération en mettant en exergue les processus de rupture, les changements en Afrique et l’état des relations Europe-Afrique. Dans ce contexte, le débat concernant la question : qu’aurait été le développement de l’Afrique sans les Etats européens ? et, bien évidemment, vice-versa pourra être posé.
Enfin, une réflexion sera faite sur les tentatives passées et actuelles de bâtir des liens politiques et institutionnels supranationaux en Europe et en Afrique (idées des Etats-Unis d’Europe, de Pan-Europe, construction européenne, Union Européenne d’une part ; panafricanisme, Etats-Unis d’Afrique, Organisation de l’Unité Africaine, Union Africaine d’autre part).
Questions à traiter :
* Qu'est-ce que l'Afrique et l'Europe se sont mutuellement apporté au cours de l’Histoire ?
* Comment se réapproprier des convergences communes et cheminer ensemble ?

Deuxième panel (après-midi) : le volet politique
Ce second panel de réflexion et d’échanges sera consacré à la conception du pouvoir, à la perception et la mise en œuvre de la démocratie en Afrique et en Europe. Plusieurs sous-thèmes seront abordés :
- du pouvoir précolonial au pouvoir postcolonial en Afrique: permanences et ruptures ;
- les conceptions occidentales et africaines de la démocratie : convergences et divergences ;
- le rôle structurant ou déstructurant des processus constitutionnels ;
- le rôle des armées africaines, facteurs de stabilité ou d’insécurité ?
- la coercition et les défis de la privatisation de la sécurité (enjeux, limites éthiques, changement de paradigmes sécuritaires) ;
Enfin, la question de la gouvernance en Afrique et de la gouvernance de l’Afrique (Union Africaine, organisations sous-régionales) dans la gouvernance mondiale (diplomatique et économique) sera analysée.

Questions à traiter :
* Quid de la démocratie ? peut-on parler de conceptions  et / ou de pratiques particulières ou universelles ?
* Comment les perceptions et les pratiques du pouvoir politique en Europe et en Afrique, en Afrique et en Europe, peuvent-elles s'enrichir mutuellement au bénéfice des peuples ?
* Quelle est la part de responsabilité réelle des élites politiques africaines dans les souffrances qu’endurent les populations (violences génocidaires, guerres fratricides, dictatures, gaspillage et pillages des ressources, persistance du pacte colonial, etc.) ?
* Après le nazisme et le fascisme, après les crimes contre l’humanité en ex-Yougoslavie et ailleurs…, l’Europe a-t-elle tourné la page de la barbarie ?
* Quels acteurs sociaux pour promouvoir ou assurer la démocratie et le respect des droits de l’homme en Europe et en Afrique (Think tanks, ONG, sociétés civiles…) ?