DOSSIER DE PRESSE

PAROLES D’ELUS

POUR UNE EUROPE INNOVANTE

Paroles d’élus est une contribution concrète à l’objectif européen d’améliorer la cohésion territoriale pour un développement équilibré et harmonieux grâce à de meilleurs accès aux infrastructures et services essentiels et à une meilleure coordination et coopération entre les régions.

José Manuel Barroso, Président de la Commision Européenne


SOMMAIRE

Avant-propos p. 3

Présentation de l’ouvrage «pour une Europe innovante»
Introduction: pourquoi un ouvrage intitulé « pour une Europe innovante»? p. 4
- Quelle est l’ambition de cet ouvrage?
- Comment se procurer l’ouvrage ?
- Comment ont été sélectionnées les initiatives présentées dans l’ouvrage ?
Pourquoi un partenariat entre l’AMF, l’AdCF, l’AMGVF, l’APVF, la FMVM et France Télécom-Orange? p. 7

Interview croisée des partenaires p. 14

Présentation de deux initiatives significatives
1. Musée virtuel de l’Insurrection de Varsovie, comprendre et vivre l’histoire polonaise en numérique p. 17
2. Télé-santé à Trikala (Grèce), pour une prise en charge à domicile des patients atteintsde maladies chroniques p. 19

Regard d’expert
Les territoires européens face à l’enjeu de l’économie de la connaissance (Fondation des Territoires de demain) p. 21

Annexes
Cartes de présentation des initiatives innovantes en France et ailleurs en Europe, présentées dans l’ouvrage p. 25

Contacts presse p. 27 - Photographies de la Conférence de presse

PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE

INTRODUCTION

C’est dans un contexte singulier que s’inscrit la parution du tome 4 de la collection «Paroles
d’élu» intitulé « pour une Europe innovante ». La volonté des partenaires de l’ouvrage «d’éclairer» les élus locaux sur la pertinence de l’utilisation des TIC dans tous les domaines de l’action publique prend tout son sens au regard du cadre récent, propre à la France, d’une nouvelle mandature, marquée par deux tendances de fond, qui elles caractérisent la plupart des pays européens : la maîtrise des dépenses publiques et la nécessité d’intégrer la dimension développement durable dès la conception et dans la mise en oeuvre des politiques publiques locales.

Ces deux enjeux s’imposent aujourd’hui aux élus locaux français, et plus généralement européens, et semblent pouvoir être relevés en partie grâce à l’utilisation généralisée des TIC ainsi qu’aux usages innovants qui en découlent. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, qualifie les réseaux de communication de « systèmes nerveux de nos sociétés » dans son avant-propos paru dans l’ouvrage, permettant autant d’innovations qui se traduisent concrètement par de nouveaux services et usages mis à la disposition de tous : citoyens, entreprises, territoires eux-mêmes.

A l’image des projets présentés dans «pour une Europe innovante» et portés par les élus locaux au bénéfice de tous, c’est aux institutions publiques locales européennes (collectivités
françaises et territoires européens) et à leurs représentants, à se saisir des multiples opportunités offertes par les TIC afin d’élargir la gamme et la qualité des services rendus aux publics (citoyens, entreprises, touristes…), tout en améliorant l’efficacité et la proximité de l’action publique locale.

Ce sont in fine, les territoires qui s’en trouvent valorisés et leur pouvoir d’attraction renforcé, dans un contexte de compétitivité accrue entre eux, tant à l’échelle nationale, qu’européenne.

C’est ce que donne à voir et à méditer la lecture de « pour une Europe innovante », ouvrage qui rassemble 107 initiatives TIC, menées par des collectivités de France métropolitaine et d’outre-mer et par des territoires de 10 autres pays européens (Portugal, Espagne, Italie, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Slovaquie, Pologne, Lituanie et Finlande), pour 16 d’entre elles.

Le tome 4 de la collection « Paroles d’élus » est le fruit d’une volonté commune, celle des partenaires de vouloir, cette année, repousser les frontières de la société numérique en construction, aux portes de l’Europe. L’ouverture européenne permet de croiser les regards des élus locaux français avec ceux de leurs homologues européens. Confrontés aux mêmes préoccupations concrètes : comment renforcer l’attractivité du territoire, accompagner la prise en charge du vieillissement de la population, lutter contre la désertification des territoires ou assurer le dynamisme économique local… les réponses apportées tiennent assurément compte des différences culturelles.

Les projets présentés sont soit des expérimentations en cours, soit des projets aboutis.
Environ la moitié de ces initiatives a été réalisée en partenariat avec France Télécom-Orange.

Ce sont toujours des projets à forte valeur ajoutée en termes de solutions, de services et d’usages innovants menés dans tous les domaines de l’action publique :
- développement économique : 14 projets
- gestion interne de la collectivité : 11 initiatives
- santé et social : 12 projets
- services au public : 36 initiatives
- tourisme et culture : 14 projets
- éducation : 17 initiatives
- 3 projets (1 français: l’Ardeche et 2 issus d’autres pays européens: Soria et Cornella) illustrant la rubrique «Pour aller plus loin».

REGARD D’EXPERT

LES TERRITOIRES EUROPÉENS FACE À L’ENJEU DE L’ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE

(FONDATION DES TERRITOIRES DE DEMAIN)
P. 21 DU DOSSIER DE PRESSE

Economie de la connaissance ou des savoirs, régions de la connaissance, territoires de compétences, technologies de la connaissance… sont autant d’acceptions d’un même concept global encore peu mis en œuvre en France au niveau des stratégies territoriales. Pourtant les territoires qui favorisent l’accès et le partage des savoirs en s’appuyant sur les technologies de l’information et de la communication sont de plus en plus nombreux comme l’ouvrage Pour une Europe innovante nous le montre à travers les exemples de plusieurs initiatives européennes menées en la matière. Ainsi, en Finlande, les instances territoriales se préoccupent de la formation de tous en misant sur une économie des compétences rendue possible grâce à l’utilisation généralisée des technologies de l’information. De même, parmi bien d’autres initiatives espagnoles, les Wikipedias locaux se développent en Estrémadure, alors qu’en Catalogne le maire de Mataró développe une cartographie des savoirs destinée aux chefs d’entreprise qui souhaitent s’implanter sur son territoire… La démultiplication de telles initiatives concrètes illustrent le dynamisme des collectivités locales européennes en matière de développement de l’économie de la connaissance à l’échelle territoriale, mouvement auquel la France ne participe encore à ce jour que fort modérément. Entretien, pour mieux comprendre ce phénomène, avec André Jean-Marc Loechel, président de la Fondation des Territoires de Demain, fondation créée en 2007 pour mieux éclairer les nouveaux horizons du développement territorial et en accompagner les acteurs.
Que recouvre le terme d’économie de la connaissance appliqué à l’échelle d’un territoire?
Le terme d’économie de la connaissance est utilisé depuis plus d’une décennie. Il apparaît dans un contexte caractérisé par l’émergence d’une société, non seulement de plus en plus globalisante, mais également basée toujours plus largement sur les outils numériques et au sein de laquelle l’accès et le partage des savoirs représentent de véritables leviers stratégiques de développement. Le rôle des infotechnologies est essentiel, voire omniprésent, dans la mise en relation de l’ensemble des acteurs et promoteurs de cette économie émergente basée sur la connaissance. A cet égard, les territoires et les collectivités territoriales apparaissent de plus en plus comme des acteurs de premier plan. Dans un contexte de compétitivité exacerbée entre les territoires, ce sont les rapports de ces derniers à l’innovation et à la mobilisation des savoirs qui fait aujourd’hui la différence. Les nouvelles formes d’apprentissage, l’accès aux connaissances, leur diffusion, leur transmission, voire leur transformation en compétences sont autant d’avantages compétitifs dynamiques pour les territoires qui en prennent la juste mesure.

Il semblerait que les territoires français se tiennent à l’écart, pour le moment, du mouvement de fond qui traverse l’Europe en matière de développement de l’économie de la connaissance ? Comment expliquez-vous cette tendance ?
A l’exception notamment de l’Alsace qui entend clairement se positionner comme région de la connaissance, il est vrai que pour le moment, les territoires français sont assez peu engagés dans ce mouvement dont nombre d’élus locaux semblent mal appréhender les contours et les enjeux. Les raisons de ce décalage entre de nombreux territoires français et d’autres territoires européens sont complexes, mais l’explication culturelle est la plus évidente. On constate de fait que les états les moins centralisés, tels que l’Espagne, mais aussi l’Italie ou l’Allemagne se distinguent par une forte prise de conscience des enjeux à relever en matière d’économie du savoir. Les décideurs locaux se positionnent alors comme de véritables entrepreneurs de la connaissance dans la gestion des territoires à l’échelle locale. Ce qui se traduit aujourd’hui par la mise en œuvre de projets concrets, aboutis, très pertinents à étudier, dont l’ouvrage «Pour une Europe innovante» se fait l’écho pour ce qui est de certains d’entre eux.

Dans quels domaines le développement de l’économie de la connaissance bouleverse-t-elle le plus l’action publique locale?
Les domaines de la culture, du tourisme et plus globalement toute la gestion du développement économique du territoire, ainsi que la gestion des relations avec les citoyens avec l’e-démocratie et la gouvernance participative, sont profondément modifiés lorsque les acteurs publics placent l’économie de la connaissance au cœur de leur stratégie territoriale. Une fois ces grands domaines d’actions et bénéfices inhérents identifiés, les modalités de valorisation des informations et des savoirs peuvent diverger dans leur mise à disposition.

Dans le secteur culturel par exemple, les territoires s’engagent largement dans le développement d’un marketing territorial basé sur la valorisation de la créativité et du patrimoine culturel. Ainsi, suite à des projets européens novateurs comme MOSAIC, les réalisations de musées virtuels se démultiplient, comme en Italie ou en Pologne avec par exemple le musée virtuel de l’insurrection de Varsovie présenté dans l’ouvrage «Pour une Europe innovante».
Les nouvelles formes de tourisme prennent également appui sur les technologies de la connaissance au travers notamment de la géo-localisation des données issues des grandes plate-formes informationnelles territoriales en cours de constitution. Toutes ces solutions et outils contribuent concrètement au développement d’une économie territoriale de la connaissance. Au travers des portails touristiques et des centrales de réservation, de la géo-localisation des contenus culturels, des reconstitutions virtuelles et de la navigation en 3D, le secteur touristique assisté par les technologies de la connaissance est en train de changer complètement de visage au point d’assurer un succès certain à des concepts comme celui « d’itinérance cognitive ». Et ce sont souvent les petites villes, de même que le monde rural - au travers d’innombrables initiatives souvent méconnues - qui bénéficient des retombées positives de vraies stratégies territoriales en matière d’économie du savoir. Dans le domaine du «tourisme 3.0», les approches cognitives de l’économie touristique permettent de souligner le développement des moteurs de recherche verticaux et surtout l’exposition de la cartographie interactive, permettant de changer de dimension dans notre approche des espaces que nous appréhendons au travers des connaissances qui nous sont proposées en temps réel.

Comment les territoires européens appréhendent-ils concrètement le concept d’économie de la connaissance?

Cette approche est menée aujourd’hui de multiples manières. Dans le monde rhénan, la notion d’économie de la connaissance s’apparente à une vision prospective construite par les habitants d’un territoire. L’objectif étant d’avoir une vision partagée du futur, en matière par exemple de politique d’urbanisme. Ceci en misant sur la synergie par exemple des approches des citoyens et des élus locaux, des urbanistes et des techniciens autour de cas concrets tels que la réhabilitation d’un lieu ou la reconstruction d’un quartier. La richesse et le croisement des regards et des compétences de chacun doit permettre d’élaborer un projet consensuel et durable. Cette vision prospective fait parfois encore défaut dans l’élaboration des politiques publiques locales en France.
En Estrémadure, quarante collectivités de la région se sont mobilisées pour créer des centres de la connaissance. Espaces de mémoire, ces centres préservent et diffusent la culture locale et régionale à travers une immense bibliothèque de l’expérience, de la mémoire du territoire et de ses habitants. L’essentiel est ici de faire en sorte que chacun comprenne mieux le contexte territorial qui est le sien pour mieux se projeter et construire un avenir commun. A l’origine, ce sont des espaces multimédia qui ont évolué vers un dispositif plus élaboré plaçant la gestion de la connaissance au cœur de ces espaces pour développer les capacités des citoyens à pouvoir transformer la gestion des savoirs en acquisition de nouvelles compétences. D’où l’expression même de « ciudades del conocimiento » largement utilisée pour qualifier bien des cadres d’action des élus espagnols.

Dans le nord de l’Europe, à Helsinki, le terme de « territoire de la connaissance » recouvre la notion de partage de l’information au sein de l’espace public : là, les technologies de l’information sont au service de la diffusion la plus large possible de toute information mise à la disposition des citoyens, et ce quel que soit le lieu public : écoles, transports en commun, voies publiques... En Finlande de même, le déploiement des laboratoires vivants ont ainsi eu pour ambition première de mobiliser les compétences et analyses de tous pour devenir des vecteurs d’innovation technologique, mais aussi et surtout sociétale.
Partout en Europe et dans le monde, on assiste à un phénomène majeur d’agrégation des savoirs et des compétences d’un espace donné, donnant naissance souvent à des centres de compétences de taille variée et constituant un vecteur central d’attractivité, de compétitivité et de création de valeur ajoutée. Sont ainsi apparus au cours de ces dernières années, de la Slovénie au Portugal, des dizaines de « laboratoires vivants » réunissant entreprises, structures de recherche et surtout usagers autour de thématiques innovantes, créatrices d’emplois et de dynamiques de promotion de collectivités loin de toujours figurer dans les palmarès de l’attractivité : on peut citer à cet égard les CENT (Centres Européens de Nouvelles Technologies), dont le premier est prévu en Ardèche et les suivants notamment en Dordogne et en Champagne. Il en est ainsi également du projet de Laboratoire européen des territoires de demain - EUTERTO (European Territories of Tomorrow) Laboratory.

Une telle dynamique caractérise de la même manière aujourd’hui des initiatives dans les Hautes Pyrénées telles que celle de Saint Laurent de Neste et de son futur centre d’interprétation du patrimoine ou dans les Hautes Alpes avec le projet de village de la connaissance à Peyresq. On assiste ainsi à une véritable clustérisation des territoires et de leurs compétences qui dépasse donc très largement les structures habituelles de clusters traditionnels ou de pôles de compétitivité : c’est tout ce mouvement qu’entend d’ailleurs accompagner le groupe de recherches sur l’économie de la connaissance créé à l’occasion d’une première réunion au Sénat le 5 novembre 2008 en relation avec les grands réseaux européens de l’innovation.
Comment sensibiliser les élus locaux et cadres territoriaux français à la pertinence du concept d’économie de la connaissance en faveur du développement et de l’attractivité de leur territoire?

La diffusion la plus large possible auprès des élus locaux français de l’ouvrage «Pour une Europe innovante» est un excellent moyen de sensibilisation sur ce qui se pratique ailleurs en la matière. Il nous faut aujourd’hui démultiplier ce genre d’ouvrages, mais aussi les faire vivre tout au long de toute une année au travers de manifestations et rencontres multiples. Par ailleurs, les territoires français doivent savoir que la Commission Européenne soutient les initiatives plaçant les technologies de la connaissance au cœur de leur stratégie territoriale de développement : il en est ainsi d’appels à projets comme celui lancé à la fin de chaque année sur le thème précisément des «Régions de la connaissance».

POUR EN SAVOIR PLUS :
ANDRÉ JEAN-MARC LOECHEL, PRÉSIDENT
LAURA GARCIA VITORIA, DIRECTRICE SCIENTIFIQUE
FONDATION DES TERRITOIRES DE DEMAIN
CONTACT -TÉL.: 01 43 58 45 73


Apporter un éclairage représentatif de l’usage par les territories des TIC et de leurs multiples applications au service des politiques locales, telle est l’ambition de la collection «Paroles d’élus». Valeur de l’exemple et force des temoinagnes des élus locaux constituent la signature de cette colklection dont le tome 4 s’enrichit d’une ouverture européenne. La dynamique engagée depuis quatre ans au travers de cette collection permet d’illustrer une nouvelle économie européenne de la connaisance

La table des orateurs

François Baroin, maire de Troyes