SOMMAIREAvant-propos p. 3 Présentation de l’ouvrage «pour
une Europe innovante» Interview croisée des partenaires p. 14 Présentation de deux initiatives significatives Regard d’expert Annexes Contacts presse p. 27 - Photographies de la Conférence de presse PRÉSENTATION DE L’OUVRAGEINTRODUCTIONC’est dans un contexte singulier que s’inscrit
la parution du tome 4 de la collection «Paroles Ces deux enjeux s’imposent aujourd’hui aux élus locaux français, et plus généralement européens, et semblent pouvoir être relevés en partie grâce à l’utilisation généralisée des TIC ainsi qu’aux usages innovants qui en découlent. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, qualifie les réseaux de communication de « systèmes nerveux de nos sociétés » dans son avant-propos paru dans l’ouvrage, permettant autant d’innovations qui se traduisent concrètement par de nouveaux services et usages mis à la disposition de tous : citoyens, entreprises, territoires eux-mêmes. A l’image des projets présentés dans
«pour une Europe innovante» et portés par les élus
locaux au bénéfice de tous, c’est aux institutions
publiques locales européennes (collectivités Ce sont in fine, les territoires qui s’en trouvent valorisés et leur pouvoir d’attraction renforcé, dans un contexte de compétitivité accrue entre eux, tant à l’échelle nationale, qu’européenne. C’est ce que donne à voir et à méditer la lecture de « pour une Europe innovante », ouvrage qui rassemble 107 initiatives TIC, menées par des collectivités de France métropolitaine et d’outre-mer et par des territoires de 10 autres pays européens (Portugal, Espagne, Italie, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Slovaquie, Pologne, Lituanie et Finlande), pour 16 d’entre elles. Le tome 4 de la collection « Paroles d’élus » est le fruit d’une volonté commune, celle des partenaires de vouloir, cette année, repousser les frontières de la société numérique en construction, aux portes de l’Europe. L’ouverture européenne permet de croiser les regards des élus locaux français avec ceux de leurs homologues européens. Confrontés aux mêmes préoccupations concrètes : comment renforcer l’attractivité du territoire, accompagner la prise en charge du vieillissement de la population, lutter contre la désertification des territoires ou assurer le dynamisme économique local… les réponses apportées tiennent assurément compte des différences culturelles. Les projets présentés sont soit des expérimentations
en cours, soit des projets aboutis. Ce sont toujours des projets à forte valeur ajoutée en
termes de solutions, de services et d’usages innovants menés
dans tous les domaines de l’action publique : REGARD D’EXPERTLES TERRITOIRES EUROPÉENS FACE À L’ENJEU DE L’ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE(FONDATION DES TERRITOIRES DE DEMAIN) Economie de la connaissance ou des savoirs, régions
de la connaissance, territoires de compétences, technologies de
la connaissance… sont autant d’acceptions d’un même
concept global encore peu mis en œuvre en France au niveau des stratégies
territoriales. Pourtant les territoires qui favorisent l’accès
et le partage des savoirs en s’appuyant sur les technologies de
l’information et de la communication sont de plus en plus nombreux
comme l’ouvrage Pour une Europe innovante nous le montre à
travers les exemples de plusieurs initiatives européennes menées
en la matière. Ainsi, en Finlande, les instances territoriales
se préoccupent de la formation de tous en misant sur une économie
des compétences rendue possible grâce à l’utilisation
généralisée des technologies de l’information.
De même, parmi bien d’autres initiatives espagnoles, les Wikipedias
locaux se développent en Estrémadure, alors qu’en
Catalogne le maire de Mataró développe une cartographie
des savoirs destinée aux chefs d’entreprise qui souhaitent
s’implanter sur son territoire… La démultiplication
de telles initiatives concrètes illustrent le dynamisme des collectivités
locales européennes en matière de développement de
l’économie de la connaissance à l’échelle
territoriale, mouvement auquel la France ne participe encore à
ce jour que fort modérément. Entretien, pour mieux comprendre
ce phénomène, avec André Jean-Marc Loechel, président
de la Fondation des Territoires de Demain, fondation créée
en 2007 pour mieux éclairer les nouveaux horizons du développement
territorial et en accompagner les acteurs. Il semblerait que les territoires français se
tiennent à l’écart, pour le moment, du mouvement de
fond qui traverse l’Europe en matière de développement
de l’économie de la connaissance ? Comment expliquez-vous
cette tendance ? Dans quels domaines le développement de l’économie
de la connaissance bouleverse-t-elle le plus l’action publique locale?
Dans le secteur culturel par exemple, les territoires
s’engagent largement dans le développement d’un marketing
territorial basé sur la valorisation de la créativité
et du patrimoine culturel. Ainsi, suite à des projets européens
novateurs comme MOSAIC, les réalisations de musées virtuels
se démultiplient, comme en Italie ou en Pologne avec par exemple
le musée virtuel de l’insurrection de Varsovie présenté
dans l’ouvrage «Pour une Europe innovante». Comment les territoires européens appréhendent-ils concrètement le concept d’économie de la connaissance? Cette approche est menée aujourd’hui de
multiples manières. Dans le monde rhénan, la notion d’économie
de la connaissance s’apparente à une vision prospective construite
par les habitants d’un territoire. L’objectif étant
d’avoir une vision partagée du futur, en matière par
exemple de politique d’urbanisme. Ceci en misant sur la synergie
par exemple des approches des citoyens et des élus locaux, des
urbanistes et des techniciens autour de cas concrets tels que la réhabilitation
d’un lieu ou la reconstruction d’un quartier. La richesse
et le croisement des regards et des compétences de chacun doit
permettre d’élaborer un projet consensuel et durable. Cette
vision prospective fait parfois encore défaut dans l’élaboration
des politiques publiques locales en France. Dans le nord de l’Europe, à Helsinki, le
terme de « territoire de la connaissance » recouvre
la notion de partage de l’information au sein de l’espace
public : là, les technologies de l’information sont
au service de la diffusion la plus large possible de toute information
mise à la disposition des citoyens, et ce quel que soit le lieu
public : écoles, transports en commun, voies publiques...
En Finlande de même, le déploiement des laboratoires vivants
ont ainsi eu pour ambition première de mobiliser les compétences
et analyses de tous pour devenir des vecteurs d’innovation technologique,
mais aussi et surtout sociétale. Une telle dynamique caractérise de la même
manière aujourd’hui des initiatives dans les Hautes Pyrénées
telles que celle de Saint Laurent de Neste et de son futur centre d’interprétation
du patrimoine ou dans les Hautes Alpes avec le projet de village de la
connaissance à Peyresq. On assiste ainsi à une véritable
clustérisation des territoires et de leurs compétences qui
dépasse donc très largement les structures habituelles de
clusters traditionnels ou de pôles de compétitivité :
c’est tout ce mouvement qu’entend d’ailleurs accompagner
le groupe de recherches sur l’économie de la connaissance
créé à l’occasion d’une première
réunion au Sénat le 5 novembre 2008 en relation avec les
grands réseaux européens de l’innovation. La diffusion la plus large possible auprès des élus locaux français de l’ouvrage «Pour une Europe innovante» est un excellent moyen de sensibilisation sur ce qui se pratique ailleurs en la matière. Il nous faut aujourd’hui démultiplier ce genre d’ouvrages, mais aussi les faire vivre tout au long de toute une année au travers de manifestations et rencontres multiples. Par ailleurs, les territoires français doivent savoir que la Commission Européenne soutient les initiatives plaçant les technologies de la connaissance au cœur de leur stratégie territoriale de développement : il en est ainsi d’appels à projets comme celui lancé à la fin de chaque année sur le thème précisément des «Régions de la connaissance». POUR EN SAVOIR PLUS :
La table des orateurs
François Baroin, maire de Troyes |