Les Living Labs permettent aux usagers de participer activement à la recherche et à l’innovation.
Laura Garcia Vitoria

Résumé

Le concept a pour objectif d'encourager l'innovation en s'assurant que toutes les parties prenantes - dont les utilisateurs finaux - soient impliquées tout au long du processus de recherche et de développement. La participation des utilisateurs finaux fait en effet des premières étapes de développement d'un produit ou d'un service une véritable gageure. En effet, les utilisateurs communiquent leurs souhaits et les chercheurs expliquent ce qui est possible d'un point de vue technique ou logistique : cette participation des utilisateurs finaux au début du processus permet de gagner du temps à long terme puisque les chercheurs comprennent mieux leurs désirs et attentes. Ce dernier point est important : 70% à 80% des nouveaux produits et services défaillants ne le sont pas en raison d'un manque de technologies avancées, mais plutôt car les besoins des utilisateurs restent incompris.

La première vague de ces laboratoires vivants a été lancée il y a un an par la présidence finlandaise du Conseil de l'Union européenne.
La Finlande abrite sept laboratoires vivants européens : ses sociétés, organismes de recherche, autorités publiques et citoyens semblent avoir entièrement adopté le concept ; les sociétés aiment tester leurs produits dans les pays nordiques, car les citoyens tiennent à essayer et à mettre au point de nouveaux produits et services.
Nokia par exemple collabore avec les Living Labs depuis le début des années 2000, mais ses premiers essais sur les «laboratoires vivants» étaient trop axés sur les entreprises : pour les nouveaux projets, ils devraient être précisément encore davantage axés sur l'utilisateur.

Il convient de prendre conscience de la nécessité d'une plateforme totalement ouverte afin de créer un nouveau service au sein duquel les acteurs industriels importants ne seraient pas les responsables, ni même les investisseurs de telles plateformes. Le point de départ est toujours le même : il est essentiel de connaître le point de vue de l'utilisateur pour la création de services et de produits.

Laurea Living Lab est l'un des «laboratoires vivants» récemment instauré. Il est situé près de l'université Laurea des sciences appliquées en Finlande et permet précisément d'apprendre les meilleures pratiques en matière de méthodes, d'outils et de modèles commerciaux des laboratoires vivants. On peut également y trouver des possibilités de coopération pour tous les projets, mais c’est aussi un vecteur permettant de pénétrer le marché européen.

La présidence slovène de l'UE lance la troisième vague d'European Living Labs au cours du premier semestre 2008 : ce pays est un partisan enthousiaste du concept et possède plus de Living Labs que tout autre pays parmi les nouveaux états membres.

Parallèlement, l'intérêt international pour le concept augmente, notamment chez les économies asiatiques : la Chine en particulier a la capacité d'investir dans de telles plateformes et d'en faire une réalité. Nous disposons d'un potentiel énorme pour escalader le marché chinois, ainsi que pour collaborer avec le secteur public.

Le Living Lab de Soria (Espagne)

Il s’agit d’une initiative locale de promotion d’un développement économique et social durable en zone rurale, et CECI au travers d’une méthodologie innovante.

La province de Soria (voir Castilla Leon) se trouve géographiquement dans la moitié Nord de l’Espagne. Une région donc de montagne et de petits villages, ce qui complique à l’évidence la mise en oeuvre des infrastructures de communication, transports et télécommunications et de manière plus générale en matière d’intégration sociale et économique des habitants dans une société basée sur la connaissance. Il n’y a aujourd’hui pas suffisamment d’infrastructures du point de vue technologique qui auraient pu permettre aux habitants des douze villages concernés de participer à une telle intégration à l’économie du savoir. Soria a une population de 92.773 habitants sur une superficie de 10.303 kilomètres carrés, avec donc une densité de 9 habitants / km2. Actuellement 4000 immigrés vivent dans la province, issus de 77 nationalités différentes, dix fois plus qu’il y a dix ans.

Les objectifs principaux de ce Living Lab rejoignent pleinement naturellement les stratégies de développement du monde rural. En ce sens, le Living Lab de Soria collabore avec toutes les initiatives locales ayant pour objet le maintien sur place de la population locale. Il s’agit là de la volonté de créer une communauté disposant d’une stratégie de développement basée sur une innovation systémique, des scénarios de partage de connaissances et de services. Et ceci en créant et proposant des supports techniques et des services aux créateurs d’entreprises innovantes afin de développer l’activité économique et commerciale de la région et des aires rurales de manière générale, ceci en intégrant la population à une économie basée sur la connaissance et en améliorant son niveau de vie.

Le Living Lab de Soria est né du projet de “Collaboration At Rural » dans le cadre du 6e programme cadre de recherche et développement. C@R visait à développer des outils de travail collaboratif comme outils de développement dural. Il s’agissait pour la recherche d’identifier les bonnes réponses technologiques aux barrières empêchant un développement rural durable. Soria est en effet vue comme un exemple de zone rurale témoignant d’un faible développement technologique. Et c’est ce genre de territoire précisément qui a été choisi pour implémenter une plate-forme technologique d’incubation d’entreprises, avec l’idée naturellement d’étendre un tel modèle vers des régions similaires.

Le laboratoire est principalement appuyé par l’administration publique locale et le groupe d’action locale ADEMA. Il est membre du réseau européen de Living Labs (ENoLL), afin d’en mettre en évidence l’importance, la visibilité et la durabilité.

Il y a trois autres Living Lab en Espagne : Cornellà, Granada y Zaragoza