Les faux gourous de la
société de la connaissance
Récemment
le Mexique a registré un flux d’investissements en provenance
de l’Inde, presque tous dans le domaine de l’innovation et
des technologies de l’information. Un des pères de la modernisation
indienne est Satyanarayan Gangar Pitroda à qui l’on doit
très largement le fait que l’Inde démultiplia téléphones
publics et connexions internet. Aujourd’hui, celui-ci semble être
missionné pour conseiller le gouvernement de la ville de Mexico
afin qu’il mette à profit tout son potentiel pour se transformer
en centre dynamique de l’Amérique Latine en matière
d’affaires et d’infrastructures. S’il a mis à
disposition de nombreux villages excentrés des réseaux d’eau
potable, Pitroda vit lui-même à Chicago depuis l’âge
de 16 ans.
Celui qui a créé les bases mêmes de Bangalore qui
génère 15% des plus de 800 000 millions de dollars du PIB
du pays se déplace actuellement entre l’Inde et le monde
entier. Ce qui inquiète néanmoins dans le cadre de sa mission,
grâce à l’introduction de la technologie et du «charity
business», est le fait qu’il impose l’anglais come langue
unique des échanges dans la société de la connaissance
émergente.
«Nous ne pouvons pas amener une nation au XXI siècle avec
une mentalité du XIX siècle » dit-il, mais il ne se
réfère pas seulement à une modernité basée
sur des biens et des services, mais également sur des idées,
celle-ci véhiculées à travers une langue unique qu’il
proclame être l’anglais.
En plus de ses succès en matière de technologie et d’entreprenariat,
Pitroda, préside en Inde la Commission Nationale de la Connaissance
qui cherche notamment à améliorer la protection de la propriété
intellectuelle et à faire pénétrer les technologies
dans l’agriculture et les industries locales. Mais tout ceci selon
Pitroda «passe par quelque chose de fondamental: l’éducation
et l’enseignement de la langue anglaise et américaine. Dans
un monde globalisé et pragmatique» continue-t-il, «l’un
des plus grands défis est que les gens apprennent l’anglais».
En plus de diriger la révolution des télécommunications
en Inde, il préside WorldTel, une entité qui suit la régulation
créé par l’Union Internationale des Télécommunications,
basée à Chicago précisément où donc
il réside actuellement. WorldTel travaille avec des gouvernements
du monde entier et les conseille sur les politiques de télécommunications,
les marchés en développement et les investissements dans
l’industrie des pays émergents, ce qui est perçu comme
fort inquiétant.
Il
s’agit là en réalité d’une erreur considérable
et d’un contresens qui peut coûter cher à l’intelligence
stratégique de nombre de pays: on sait en effet qu’il est
parfaitement impossible de vouloir contribuer à créer une
société basée sur la connaissance sans une gestion
rigoureuse de la boîte à outil de l’identité
des territoires concernés, sans un respect aussi des langues qui
supportent les horizons culturels et leur diversité.
Cawailleurs
|