Ambassade de France en Roumanie

Ville de Timisoara

Forum
"Nouvelles Technologies et Francophonie"
22 et 23 Mars 2006 - Centre d'affaires eurorégional de Timisoara - Roumanie

Dans le cadre des
Etats Généraux de la Francophonie en Roumanie

Orientations proposées pour la table ronde :
Langue française, langue d'innovation :
En quoi la langue française est-elle porteuse de démarches innovantes
?
Présentation : une langue pour l'innovation, de la compétitivité et de la création

La table ronde a été construit avec soin autour d'une vraie pluralité de regards. A chacun, nous demanderons, de réagir dans leur conclusion par rapport à ces trois enjeux sur lesquels nous avons fait parvenir à chacun une série de réflexions personnelles.

1 - L'innovation : les jeunes européens du début de ce siècle ont une attitude face à l'apprentissage linguistique aussi pragmatique qu'au moment des autres phases de globalisation et de mondialisation qu'a pu connaître l'Occident et singulièrement il y a de cela cinq siècles. A quoi bon donc - à l'ère des réseaux électroniques et davantage encore des réseaux sociaux - apprendre la langue française ?
Il y a un demi-siècle, des mythes parfois encore vivaces comme celui porté par Paris, pouvaient constituer un motif, tout comme les référents culturels de manière générale. Les mutations technologiques et sociologiques contemporaines ne permettent plus de considérer ces raisons comme pleinement opératoires, à l'inverse des nécessités linguistiques de la géolocalisation des messages et des échanges, du marquage de l'espace et plus encore d'une structuration de la formulation requise par le web 2.0 et tout ce que nous prépare l'Internet des objet et une société que tous les prospectivistes considèrent comme devant être celle de l'ubiquité. C'est dans cette optique que nous devons considérer ensemble l'horizon de la francophonie en 2020.

2 - La compétitivité : un véritable accord commence à se faire autour des nécessaires pratiques plurilingues. On voudrait nous vendre une langue française arque boutée sur le globish, solution il est vrai de la facilité par rapport à celle de l'efficacité qui fait qu'on ne peut plus guère envisager de maîtriser moins de trois ou quatre langues - en plus naturellement d'une bonne connaissance des horizons culturels véhiculés par chaque langue : les processus de l'innovation s'appuyant de plus en plus fortement sur la gestion des identités, la connaissance de celles-ci s'avère essentielle dans la vie commerciale et entrepreneuriale.
On ne peut donc plus parler de la francophonie toute seule et les débats qu'elle suscite - comme le nôtre ici - doivent être impérativement ouverts à d'autres langues, au moins à celles du monde indo-européen. Si nous l'acceptons, le français doit pouvoir jouer la carte de la compétitivité économique certes, mais aussi celle de la compétitivité sociale et personnelle.

3 - La créativité enfin : nous devrions nous inspirer à cet égard des débats qui ont actuellement lieu dans le monde flamand sur les nouvelles " villes de la créativité " et des stratégies linguistiques capables de les accompagner : toute une littérature récente y considère la créativité comme la force de production par excellence du développement économique régional. Ceci au point qu'aucune analyse prospective de la francophonie ne devrait plus se formuler sans prendre en compte par exemple les travaux de l'américain Richard Florida.
Arrêtons donc de faire le comptage des " écrivains de langue française " et voyons plutôt comment notre langue commune peut être, avec d'autres là aussi, un creuset pour de nouvelles formes de richesse créative. Nos amis du monde hispanique, pour évoquer l'excellence, parlent de " leadership créatif " : rejoignons les, eux et d'autres, dans ce combat qui est d'abord celui de nouvelles exigences. Laura Garcia Vitoria