UNIVERSITÉ FRANÇOIS RABELAIS-TOURS
Semaine de la Ville 2006 - Utopies et expérimentations
M.S.H. Villes et Territoires - CEDPM Centre d'étude du débat public et des médiations

Colloque international
Les Arts de la ville dans la prospective urbaine
Débat public et médiation (9-10 mars 2006)

Pour une prospective de la médiation de l'espace public
Laura Garcia Vitoria
Présidente de l'ONG Art - Education - Nouvelles Technologies
Directrice scientifique du Réseau européen des Villes Numériques

Plan de l'intervention

Résumé : L'utilisation des outils d'infomobilité et les pratiques d'itinérance cognitive, de découverte et d'apprentissage en situation de mobilité qui ont commencé à se développer situent aujourd'hui la gestion de l'héritage urbain au cœur d'un espace informationellement annoté. Les espaces intelligents qui se créent autour de nous au travers notamment des technologies sans fil sont ainsi sur le point de nous offrir une sorte d'Internet ambiant décliné à l'échelle de la Cité qui se transforme en ville de la radiofréquence et des réseaux omniprésents.
Une ville amplifiée en quelque sorte par l'intrusion d'espaces multiples et où l'intelligence ambiante chère à Ian Pearson - le prospectiviste vedette de British Telecom - permet un renouveau des modes de gestion de la mémoire de nos environnements auxquels nous lient désormais à nouveau d'innombrables liens de savoirs. Des expériences ici et là permettent d'ores et déjà à ceux qui fréquentent un espace urbain de lui conférer un sens personnalisé, de se transformer en auteur en se servant de cet environnement et d'être au départ d'un processus de construction de connaissances. Bref de rechercher et de fournir informations et renseignements en des endroits où, quels que soient les domaines, l'héritage culturel est naturellement souvent présent.
Un réseau de réflexion qui développe aujourd'hui un important programme de recherche autour des développements potentiels des matrices sociales - Proboscis - est de la sorte parti de l'idée de ce que des technologies sans fil pouvaient créer en cartographiant l'expérience que font au quotidien ceux qui parcourent une ville et qui cherchent à établir un lien entre ce qu'ils font au quotidien - dans leur travail ou leurs activités culturelles - et ce qui se passe et se commente autour d'eux : en naît un nouveau paysage urbain, destiné à nous rendre tout à la fois archéologues de nos environnements, mais aussi contributeurs à leur développement, en ouvrant des espaces d'enquête dans l'épaisseur des expériences de la ville.
Le mariage de la géolocalisation et des reconstructions virtuelles par exemple offre aujourd'hui un horizon considérable en termes notamment de gestion des savoirs et de modalités d'acquisition de connaissances, bouleversant réellement certains paradigmes de perception de l'espace-temps. Il faudra ainsi évoquer les projets Amble du Media Lab Europe, Sonic City, un projet suédois de l'Institut Victoria - l'espace parcouru se voit transformé en musique, donnant ainsi à découvrir ou à penser tout ce qui le structure -, Tejp développé par le même institut à Stockholm, Texting Glances qui a été conçu par le Trinity College de l'Université de Dublin... Tout un panorama de nouvelles formes de médiation de l'espace public (avec notamment des procédés faisant appel à l'intelligence artificielle) se constitue ainsi, autour desquels s'agencent aujourd'hui de nombreux scénarios prospectifs. Ce sont eux que notre présentation entend présenter et analyser au travers des études menées au sein du Réseau européen des Villes Numériques.

Plan de l'intervention

Introduction
1. Tout notre environnement s’apprête à se faire pourvoyeur de connaissances
2. Un monde urbain constitué de strates d’espaces et de flux informationnels
3. De nouvelles demandes face à une recherche territorialisée
4. La création de communautés locales intensives en connaissances
5. Les immatériels d’une nouvelle gouvernance territoriale
6. Le nouveau statut de l’image et son omni-présence dans la ville
Conclusion

Introduction

  • la nécessaire réorganisation du savoir sociétal à l'échelle du territoire
  • L'économie de la connaissance et les nouveaux impératifs de compétitivité sociale et territoriale nécessitent une profonde réorganisation du savoir au sein de nos villes.

Nous souhaitons d'emblée résumer l'essentiel de l'analyse prospective qui est la nôtre pour ce qui est de l'espace public de demain et des nouvelles formes de médiation qui sur le point d'en transformer perception et usages : l'espace public de nos mondes urbains - traditionnellement dépositaire d'une image de transmission d'informations et de savoirs - tend à évoluer vers un statut d'espace de connaissances où ce seront des liens informationnels qui caractériseront de plus en plus les rapports de l'individu à son environnement. Autrement dit, l'espace publique sera la métaphore même et l'incarnation d'un espace de connaissances et tout un panorama de nouvelles formes de médiation en termes d'informations et de savoirs pourra ainsi se constituer.

L'utilisation des outils d'infomobilité et les pratiques d'itinérance cognitive, de découverte et d'apprentissage en situation de mobilité qui ont commencé à se développer situent aujourd'hui la gestion de l'héritage urbain au cœur d'un espace informationellement annoté. Les espaces intelligents qui se créent autour de nous au travers notamment des technologies sans fil sont ainsi sur le point de nous offrir une sorte d'Internet ambiant décliné à l'échelle de la Cité qui se transforme en ville de la radiofréquence et des réseaux omniprésents.
Une ville amplifiée en quelque sorte par l'intrusion d'espaces multiples et où l'intelligence ambiante chère à Ian Pearson - le prospectiviste vedette de British Telecom - permet un renouveau des modes de gestion de la mémoire de nos environnements auxquels nous lient désormais à nouveau d'innombrables liens de savoirs. Des expériences ici et là permettent d'ores et déjà à ceux qui fréquentent un espace urbain de lui conférer un sens personnalisé, de se transformer en auteur en se servant de cet environnement et d'être au départ d'un processus de construction de connaissances. Bref de rechercher et de fournir informations et renseignements en des endroits où, quels que soient les domaines, l'héritage culturel est naturellement souvent présent.
Un réseau de réflexion qui développe aujourd'hui un important programme de recherche autour des développements potentiels des matrices sociales - Proboscis - est de la sorte parti de l'idée de ce que des technologies sans fil pouvaient créer en cartographiant l'expérience que font au quotidien ceux qui parcourent une ville et qui cherchent à établir un lien entre ce qu'ils font au quotidien - dans leur travail ou leurs activités culturelles - et ce qui se passe et se commente autour d'eux : en naît un nouveau paysage urbain, destiné à nous rendre tout à la fois archéologues de nos environnements, mais aussi contributeurs à leur développement, en ouvrant des espaces d'enquête dans l'épaisseur des expériences de la ville.
Le mariage de la géolocalisation et des reconstructions virtuelles par exemple offre aujourd'hui un horizon considérable en termes notamment de gestion des savoirs et de modalités d'acquisition de connaissances, bouleversant réellement certains paradigmes de perception de l'espace-temps. Il faudra ainsi évoquer les projets Amble du Media Lab Europe, Sonic City, un projet suédois de l'Institut Victoria - l'espace parcouru se voit transformé en musique, donnant ainsi à découvrir ou à penser tout ce qui le structure -, Tejp développé par le même institut à Stockholm, Texting Glances qui a été conçu par le Trinity College de l'Université de Dublin... Tout un panorama de nouvelles formes de médiation de l'espace public (avec notamment des procédés faisant appel à l'intelligence artificielle) se constitue ainsi, autour desquels s'agencent aujourd'hui de nombreux scénarios prospectifs. Ce sont eux que notre présentation entend présenter et analyser au travers des études menées au sein du Réseau européen des Villes Numériques.

L'espace public de nos mondes urbains tend à évoluer vers un statut de lieux de connaissances où ce seront des liens informationnels qui caractériseront de plus en plus les rapports de l'individu à son environnement.

Autrement dit, cet espace sera la métaphore et l'incarnation de strates de connaissances et un panorama de nouvelles formes de médiation en termes d'informations et de savoirs pourra ainsi se constituer.

1. Tout notre environnement s'apprête à se faire pourvoyeur de connaissances.

  • les Spot Codes (des code-barres circulaires) qui peuvent être placés sur n'importe quel support (arrêt de bus, affiche, annonce, objet...) et lus par un mobile équipé d'un appareil photo et d'un petit logiciel spécifique de reconnaissance d'image. (Vodafone ou DoCoMo, SiGGraph en août 2004, Mitsubishi...)
  • les multiples écrans parsemant nos villes, des écrans qui auront donné naissance à de nouvelles applications ou à de nouvelles générations de machines portables, écrans "dépliables" et "journaux électroniques enroulables" et voir généralisés sur les vêtements ou les emballages de certains objets.

2. Un monde urbain constitué de strates d'espaces et de flux informationnels

  • L'utilisation de grandes surfaces de verre.
  • Ni clavier ni écran ni gants ni marqueurs optiques... Il est permis désormais de surfer sur Internet du bout des doigts.

3. De nouvelles demandes face à une recherche territorialisée

L'exemple d'une kennistadt hollandaise : déjà connue pour son "projet pilote fibre" (connecter toute la ville en fibre optique, une municipalité de la banlieue d'Amsterdam), Almere, vient d'annoncer une sorte de première mondiale :
la création de la "première grille de calcul hétérogène municipale" afin de répondre aux besoins des entreprises et laboratoires publics et mettre à disposition de ces laboratoires les capacités inexploitées des ordinateurs reliés à son réseau très haut débit (100 Mb/s).
On imagine les habitants d'un quartier ou d'une ville suivre en ligne les travaux sur le patrimoine local, sa restauration, son aménagement, son animation...

4. La création de communautés locales intensives en connaissances
Deux formes essentielles :

  • des communautés de pratiques qui font circuler à l'échelle locale et comparent de manière incessante les meilleures pratiques
  • des communautés épistémiques qui sont des groupes engagés dans des processus de création de connaissance et qui construisent progressivement une structure commune permettant une compréhension partagée.

5. Les immatériels d'une nouvelle gouvernance territoriale

Sans connaissance commune des affaires publiques de la part des habitants, les administrations locales seront condamnées à de multiples formes d'inertie.

Reposant d'avantage sur des savoirs, les politiques publiques européennes devront également se faire les vecteurs d'un large apprentissage

Il faudra donc renforcer l'évaluation moderne dans une démarche d'apprentissage collectif des politiques.

6. Le nouveau statut de l'image et son omni-présence dans la ville

L'apparition d'un nouveau statut de l'image dans la ville vient de ce qu'elle apparaît de plus en plus anthropomorphique " embarquée " et bien omniprésente et surtout caractérisée par son ubiquité.

L'image se définit aussi comme une représentation commune de la réalité et à ce titre le rôle qu'elle joue dans la coordination des connaissances individuelles est amené à former l'un des processus majeurs du nouvel horizon économique

Conclusion

D'autres horizons :

  • le leadership cognitif
  • Les nouveaux supports des futures stratégies communicationnelles : la perception augmentée, l'utilisation de la réalité virtuelle et l'intelligence artificielle
  • la transparence et l'éthique dans les modes de décision...

Ils deviennent de réelles conditions de succès pour le développement des collectivités.