La penetration des TIC à Madagascar
Mbolanoro Rajoelisoa, chargée de mission developpement durable du RVN

L'Internet à haut débit est opérationnel dans quelques zones de Madagascar. En effet, actuellement Telma (Télécom Malgache) renforce le réseau en fibre optique dans la capitale par la mise en place du réseau national de fibre optique et la liaison internationale par fibre optique sous-marine.

La politique de l'Etat dans le domaine du TIC s'articule sur quatre points :

  • le renforcement de l'infrastructure de liaison
  • le renforcement de l'accès pour tous aux TIC, en général et au téléphone, en particulier,
  • le développement des TIC en tant que secteur d'activité économique à part entière, et enfin
  • le développement des TIC en tant que secteur d'appui à l'éducation, la santé, la gouvernance...

La situation spécifique des pays de l'Océan Indien en matière de développement du haut débit s'explique par un ensemble de facteurs :

  • la faiblesse économique de ces régions, qui explique le niveau de développement inférieur des infrastructures de télécommunications, par opposition aux pôles urbains et industriels de l'hexagone, il est à remarquer que pour le cas de la Réunion, les problématiques semblables se retrouvent dans les zones rurales en Métropole.
  • l'isolement géographique, qui détermine les coûts élevés de raccordement aux réseaux de télécommunications nationaux. Jusqu'à récemment, les réseaux de télécommunication des pays de l'océan indien, consacrés à la téléphonie classique étaient reliés aux réseaux nationaux par des liaisons satellites qui s'avèrent inadaptées pour les flux Internet à haut débit.

L'exemple de Tananarive

Une 'enquête de l'INSTAT (Institut National de la Statistique) dans le domaine du TIC au sein du Ministère de l'Economie, Budget, et Finances en 2004 a fourni les résultats suivants : dans la ville de Tananarive et ses agglomérations, 16,6% des ménages des interviewés possèdent au moins un téléphone fixe, 53,2% d'entre eux ont accès au service de la téléphonie mobile, 19,0% d'entre eux disposent d'un ordinateur et 4,9% des enquêtés accèdent à Internet.

Au niveau des ménage l'obstacle à l'utilisation des TIC est essentiellement la faiblesse du pouvoir d'achat. En effet, 66,2% des ménages déclarent la cherté du matériel comme principale cause de non utilisation d'un ordinateur. De la même manière, 39,9% de ceux-ci avancent la cherté comme cause de non connexion à Internet. Toutefois, le pourcentage de l'absence du besoin est assez remarquable au niveau des ménages des interviewés. 18,6% des ménages déclarent n'ayant pas besoin d'ordinateur tandis que 16,8% n'ayant pas besoin d'Internet, selon cette même enquête.

En ce qui concerne le taux d'utilisation de l'Internet par les habitants de la ville de Tananarive et ses agglomérations, l'enquête a montré que 32,5% des individus interviewés déclarent pratiquer l'Internet juste pour la messagerie électronique. Ce taux d'utilisation étant assez significatif, Internet commence à prendre part dans la pratique quotidienne des tananariviens. Le taux d'utilisation est élevé au niveau des jeunes. Il atteint 42,5% pour les jeunes âgés de 15 à 20 ans et 47,8% pour ceux de 20 à 25 ans. Quant au point d'accès Internet utilisé, principalement ce sont les points d'accès communautaires type cybercafé que les individus utilisent. 57,0% des individus interviewés accèdent à Internet par le biais des cybercafés. 24,1% y accèdent sur son lieu de travail. 5,1% déclarent tout de même accéder à Internet à travers un autre point d'accès communautaire tel que les établissements scolaires. Par ailleurs, seulement 16.6% des ménages tananariviens possèdent le téléphone fixe et 53.2% la téléphonie mobile. Il faut preciser que sur le continent noir, le taux de pénétration de l'Internet haut débit s'élève à 1,8 %. Un chiffre relativement faible, même si l'Afrique présente une forte progression dans le domaine des télécommunications. http://www.arenotech.org